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Pédophilie : Nouvelles révélations sur l'affaire qui secoue l'Eglise de France
©Tony Gentile / Reuters

Horreur

Pédophilie : Nouvelles révélations sur l'affaire qui secoue l'Eglise de France

Le cardinal Barbarin aurait eu connaissance du dossier du père Bernard mais ne s'en serait pas soucié.

Une affaire de pédophilie secoue l'Eglise de France, qui avait jusqu'alors été relativement épargnée et faisait figure de bon élève. En cause, le père Bernard, animateur de troupe scout, qui aurait procédé à de nombreux attouchements sur des petits enfants. Comme toujours, ce qui choque le plus dans cette affaire, ce n'est pas tant la possibilité de la présence d'un pédophile au sein de l'Eglise, que l'inaction, voire l'omerta, de l'institution. Ce samedi 12 mars, Le Monde publie sur cette affaire une longue enquête des envoyées spéciales Emeline Cazi et Cécile Chambraud.

Les points principaux à retenir de l'affaire après les nouvelles informations du Monde : 

  • Le père Bernard était aumônier d'un collège catholique à Sainte-Foy-lès-Lyon à partir des années 1970, et surtout animateur d'un groupe scout, le Groupe Saint Luc. Il était charismatique et aimé de tous. Mais il a pratiqué des attouchements sur un certain nombre d'enfants.

  • Après une plainte de parents à l'évéché, le père Bernard est immédiatement retiré de son ministère. Mais il sera ensuite affecté à d'autres paroisses ; s'il n'aura visiblement pas de ministère dédié aux enfants, il aura néanmoins accès à des enfants.

  • La hiérarchie catholique aurait eu conscience de ses tendances pédophiles ; il en aurait averti l'institution dès le séminaire, et on lui aurait demandé de suivre une psychothérapie.

  • Après les faits du Groupe Saint-Louis, les différents évêques dont le père Bernard a dépendu auraient été au courant, et auraient gardé un oeil sur lui, mais sans plus. Le cardinal Decourtray lui aurait demandé de suivre une psychothérapie et de se rapprocher d'un "prêtre spécialiste des prêtres à problème".

  • Aujourd'hui des anciennes victimes du père Bernard du Groupe Saint-Louis demandent justice, et déposent des plaintes, notamment pour non-dénonciation, car la plupart des agressions du père Bernard sont prescrites.

  • C'est le cas du cardinal Barbarin qui choque. Celui-ci a admis avoir été au courant du cas du père Bernard, "mais a déclaré ne s’en être occupé sérieusement qu’en 2011". Il a également déclaré avoir convoqué le prêtre à ce sujet "vers 2007-2008".

Avant la vague des scandales de pédophilie de la fin des années 1990 et du début des années 2000, le modus operandi de la hiérarchie catholique était effectivement dans ce genre : lorsqu'un prêtre était accusé de manière crédible d'actes pédophiles, on lui faisait suivre une psychothérapie et on le gardait à l'oeil, mais on ne dénonçait pas les faits à la justice, et les prêtres se retrouvaient parfois de nouveau à proximité d'enfants. Le comportement du cardinal Barbarin, cependant, se place après ces faits, et après que l'Eglise a adopté de nouvelles règles, et il aurait eu connaissance des faits et n'aurait pas particulièrement réagi en conséquence.

Lire l'enquête du Monde sur cette affaire →

Lu sur Le Monde

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