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Patrick Buisson : "le premier péril qui guette Les Républicains, ce n’est pas la droitisation mais la 'centrisation'"
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Patrick Buisson : "le premier péril qui guette Les Républicains, ce n’est pas la droitisation mais la 'centrisation'"

Dans une interview à Valeurs Actuelles, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy estime que "les Républicains comme le FN sont aujourd’hui dans une triple impasse : idéologique, stratégique, sociologique".

A quelques semaines de l'élection à la présidence des Républicains, à laquelle Laurent Wauquiez est favori bien qu'il soit accusé par plusieurs responsables du parti d'être trop à droite, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, met en garde la droite contre des "désillusions" à venir si elle cherche à tout prix à réconcilier des courants ayant peu en commun.

Dans Valeurs actuelles, Patrick Buisson estime que la droite a "perdu l’élection imperdable et à moins qu’elle ne sache se réinventer, on ne voit pas pourquoi elle ne perdrait pas les élections qui viennent". Interrogé sur le fait que ni les Républicains, ni le FN n'arrivent à former une opposition crédible, il poursuit : "Englués dans des logiques d’appareils, Les Républicains comme le FN sont aujourd’hui dans une triple impasse : idéologique, stratégique, sociologique. Mais, pour rien au monde, ils ne voudront l’admettre. Je crains que cela ne débouche sur des désillusions encore plus cruelles."

Pour Patrik Buisson, l'urgence pour la droite est de "tordre le cou aux incantations rituelles autour du “rassemblement”, mot-valise qui la leste comme un impedimentum. (...) À vouloir marier les contraires sous couvert de rassemblement, l’UMP n’a jamais produit autre chose que des ambiguïtés et de l’incohérence. La droite plurielle d’Alain Juppé c’est, quinze ans après, la droite plus rien".

Critiquant Jacques Chirac, qu'il accuse d'avoir liquidé le gaullisme, Patrick Buisson met en garde la droite : "le premier péril qui guette Les Républicains, ce n’est pas la droitisation mais la “centrisation”. C’est le centrisme qui constitue l’ennemi historique du gaullisme. (...) En s’alliant avec le centre, la droite s’interdit d’être historiquement et doctrinalement fidèle au gaullisme. À l’inverse, les premiers à rejoindre de Gaulle à Londres, en 1940, furent les tenants d’une droite qu’on qualifierait volontiers aujourd’hui d’extrême. Les quatre premiers émissaires que de Gaulle envoie dans la France occupée pour organiser la Résistance, ce sont deux anciens cagoulards, Duclos et Fourcaud, et deux royalistes, le colonel Rémy et Honoré d’Estienne d’Orves."

Pour lui, l'exclusion des députés Constructifs n'est pas suffisante pour clarifier la situation des Républicains : "Si la refondation se fait au nom du rassemblement de toutes les sensibilités et donc au prix de la cohérence idéologique, il n’y a rien à en attendre. Remettre à flot le radeau de la Méduse avec l’ancien équipage du Titanic ne saurait garantir une arrivée à bon port en 2022."

Lu dans Valeurs actuelles

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