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C'est la première fois qu'un dirigeant allemand se rend dans cette localité de Haute-Vienne où 642 civils furent massacrés par les SS en juin 1944.
C'est la première fois qu'un dirigeant allemand se rend dans cette localité de Haute-Vienne où 642 civils furent massacrés par les SS en juin 1944.
©REUTERS/Jean-Pierre Muller/Pool

Souvenirs

Oradour-sur-Glane : main dans la main Hollande et Gauck commémorent le massacre

C'est la première fois qu'un dirigeant allemand se rend dans cette localité de Haute-Vienne où 642 civils furent massacrés par les SS en juin 1944.

Face à l'Histoire. Les présidents français et allemand François Hollande et Joachim Gauck se sont rendus ce mercredi à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne). Ce village a été le théâtre du pire massacre nazi en France occupée. En effet, 642 civils y furent massacrés par les SS en juin 1944. Et pour la première fois un dirigeant allemand s'est rendu sur place. Comme un symbole, et à l'instar de François Mitterrand et Helmut Kohl, les deux présidents sont arrivés leurs mains étreintes avec celle d'un rescapé de cette tragédie.

Leur premier arrêt a été pour l’église, où ont été massacrés les femmes et les enfants, avant que leurs corps ne soient brûlés. Les hommes ont été exécutés par groupes ailleurs dans le village. Dans l’église, les deux présidents se sont pris la main discrètement, tout en écoutant les explications de Robert Hébras, qui y a perdu sa mère et ses sœurs. Quelques instants plus tard, devant l’émotion de Robert Hébras, François Hollande lui a pris la main, et Joachim Gauck lui a entouré les épaules avec son bras, puis les trois hommes se sont tenus main dans la main et épaule contre épaule quelques instants à l’intérieur de l’édifice.

 

Le groupe est ensuite ressorti de l’église, les deux chefs d’Etat encadrant Robert Hébras. "Vous être la dignité de l’Allemagne d’aujourd’hui, capable de regarder en face la barbarie nazie d’hier", a ensuite déclaré François Hollande en direction de Joachim Gauck. "Notre présence (...) est l’affirmation d’une promesse. Promesse d’honorer partout et toujours les principes qui sont bafoués par les bourreaux d’hier mais aussi d’aujourd’hui. Promesse de défendre les droits de l’Homme chaque fois qu’ils sont violés, près de chez nous ou loin d’ici. Promesse de refuser l’inacceptable partout où il se produit", a poursuivi le président de la République, soulignant que l’amitié franco-allemande est "un exemple pour le monde entier".

Le chef de l'Etat a salué la venue de son homologue allemand. il l'a qualifié d'"événement exceptionnel" nécessaire pour "rompre le silence" qui s’impose parmi les ruines et qui "est inscrit sur le panneau qui se dresse devant chaque visiteur à l’entrée du village" d’Oradour. Joachim Gauck a ensuite pris la parole. "Oradour vit, il y a un nouvel Oradour. Toutefois le souvenir de l'ancien Oradour reste", a déclaré le président allemand. "Ce crime qui a eu lieu ici a été commis sous un commandement allemand. Ainsi, pour chaque allemand, il est difficile de venir ici. Peu importe, le temps qui s'est écoulé", a-t-il poursuivi. "En tant que président allemand, je ressens ce que cela signifie pour les Français et notamment pour ceux qui ont survécu. Cette invitation est un geste de bonne volonté et de réconciliation. Il s'agit d'un geste qu'on ne peut qu'accepter. Je tiens à vous remercier pour ce cadeau, au nom de tous les Allemands. Je ne l'oublierai jamais".

Ce n'est pas la première fois qu'il se déplace sur des sites où les nazis ont perpétré des massacres. Il s'est notamment rendu en octobre 2012 à Lidice, près de Prague, puis en mars 2013 en Toscane, demandant à chaque fois le pardon pour les fautes de l'Allemagne hitlérienne.

Lu sur Libération.fr

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