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Le nord de l’Europe est autant responsable de la crise que le sud
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Celui qui le dit qui l’est

Le nord de l’Europe est autant responsable de la crise que le sud

Selon certains économistes, la France et surtout l’Allemagne ont trop vite empêché que soit respecté le Pacte de stabilité.

Les pays du nord de l’Europe, France et Allemagne en tête, pointent depuis le début de la crise ce qu’ils considèrent comme les errances de leurs partenaires du sud du continent, notamment des dépenses exubérantes ou une évasion fiscale massive. Or, selon une étude de Nathan Sheets, un économiste du groupe Citi, le nord est autant la cause de la crise que sa solution.

Selon lui, "le faible taux de change associé à l’union monétaire et la flexibilité des exportations allemandes envers la demande des pays émergents, ont joué un rôle important dans l’amélioration de la balance commerciale de l’Allemagne". Il ajoute que "sans ces deux variables, la balance commerciale de l’Allemagne aurait dégagé un surplus assez faible, comme c’était le cas avant l’euro. La balance nominale aurait glissé vers un léger déficit, reflétant une détérioration du commerce en lien avec la hausse des prix relatifs des marchandises : par exemple ; l’addition des importations d’énergie s’est accrue de 1,3% du PIB dans la deuxième moitié des années 1990 à 3,8% en moyenne depuis 2005"Même la France a enregistré un surplus de sa balance entre 1999  et 2005 avant que cette tendance ne s’inverse. Mais les exportations françaises n’ont gagné que 40% depuis 1999, quand celles de l’Allemagne ont pris… 100%. En Grèce, la hausse était de 30%.

Mais surtout, la France et l’Allemagne seraient coupables ensemble d’avoir massivement investi dans les dettes des pays périphériques, oubliant un peu facilement les nécessités du Pacte de stabilité européen, qui prévoit notamment de limiter le déficit public à 3%. Ainsi, les deux pays ont investi dans la dette grecque pour 39% du PIB du pays, pur 36% en Italie et 38% au Portugal. 

Il est à noter qu’en 2004, un professeur de la London School of Economics, Stefan Collignon, regrettait que la procédure de sanction pour manquement aux règles du pacte de stabilité n’ait jamais vraiment été appliquée et qu'elle ait en somme abandonnée en 2003, puisque du coup les deux pays menant le vieux continent ont très vite discrédité les régulations que prévoyait le Pacte. Et si des sanctions leur étaient appliquées aujourd'hui pour ce comportement…? 

Lu sur Business Insider

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