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Nathalie Kosciusko-Morizet : "Le monde politique n’a pas encore bougé"
©Reuters/Charles Platiau

Figé

Nathalie Kosciusko-Morizet : "Le monde politique n’a pas encore bougé"

La candidate à la primaire de la droite et du centre a répondu aux questions de Libération, après l'élection de Donald Trump.

Deux jours après l'élection de Donald Trump, ce sont tous les candidats à la primaire de droite qui se mettent à rêver de créer la surprise. Quitte à faire de la récupération. "Il est vrai que certains tentent d’utiliser le résultat de cette élection là-bas pour servir des objectifs personnels de campagne ici" souligne Nathalie Kosciusko-Morizet dans une interview pour Libération. "Le monde politique n’a pas encore bougé. Il reste très hiérarchique, figé, pyramidal. Complètement opposé à cette société de plus en plus horizontale. Le fossé se creuse. Il faudra que les responsables politiques engagent ce profond changement qui est déjà partout autour de nous."

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"La mondialisation est là. La digitalisation de l’économie, du travail, de nos vies est là aussi" souligne-t-elle. Selon elle, il faut veiller "d’une part à mettre en place de nouvelles sécurités - pour les travailleurs indépendants qui seront la norme demain dans une économie de services ou pour les travailleurs sans emploi – (…) tout en veillant à préserver ce qui compte dans ce nouveau monde : la liberté de créer et d’avancer pour nos entreprises, nos entrepreneurs, nos citoyens."

Et la candidate n'est pas tendre avec ceux qui prétendent incarner "le renouveau" comme Bruno Le Maire. "De nouveaux visages sur un ordre ancien, c’est ça le renouveau ?" ironise-t-elle. Même ton pour l'ancien ministre de l'Economie. "Macron candidat, c’est comme Macron ministre, beaucoup de bruit, peu d’actes."

Elle explique aussi la raison de ses tensions avec Nicolas Sarkozy, lors du dernier débat. "Nicolas Sarkozy dit beaucoup qu’il a un bilan formidable et qu’on devrait le défendre tous ensemble. Dans ce bilan, ma part à moi, c’est le Grenelle. Il ne peut pas demander à tout le monde d’assumer le bilan et se désolidariser à ce point d’une part aussi majeure" souligne-t-elle. "La bonne nouvelle, c’est qu’il y a une primaire. Il y a encore cinq ans, l’affaire aurait été réglée par acclamation dans un congrès bien arrangé comme on savait le faire au RPR." Quant à la proposition de "double ration de frites" de l'ancien président, pour les enfants qui ne mangent pas de porc, elle la juge "ridicule. C’est un régime aussi déséquilibré que son programme !" Elle est, en revanche, opposée aux "menus confessionnels : pas question de servir de la viande halal ou casher dans les cantines."

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Sur l'islam, elle évoque une double solution : "D’un côté, on dit ce qu’on ne veut pas, en le réprimant par la loi. De l’autre, on dit ce que l’on veut, un islam de France qui se pratique dans la dignité. C’est le sens de ma proposition de taxe sur le halal pour financer les lieux de culte. Je propose aussi de faire entrer l’islam dans le concordat pour avoir, à Strasbourg, des formations qui certifient les imams. Et de donner la possibilité d’apprendre l’arabe dans le cadre de l’Education nationale, au collège, comme d’autres langues, pour éviter de renvoyer les enfants vers le cadre associatif, parfois affilié à des mouvements radicaux."

Lu sur Libération

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