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L'un des plus grands procès néonazis de l'après-guerre s'ouvre à Munich.
L'un des plus grands procès néonazis de l'après-guerre s'ouvre à Munich.
©Flickr/Su morais

Justice

Munich : un grand procès néonazi commence ce lundi en Allemagne

Beate Zschäpe est accusée d'avoir participé au meurtre de dix personnes, dont huit victimes turques ou d'origine turque.

Un procès historique s'ouvre en Allemagne. L'un des plus grands procès néonazis de l'après-guerre se tient en effet dès ce lundi dans la ville de Munich en Allemagne. Beate Zschäpe, unique survivante du groupuscule Clandestinitié nationale-socialiste (Nationalsozialistischer Untergrund, NSU) notamment suspecté des meurtres de huit immigrés turcs, d'un Grec et d'une policière qui ont bouleversé le pays, sera ainsi jugée par la justice allemande. Plus de 600 témoins devraient témoigner à la barre dans ce procès dont le calendrier des audiences est fixé jusqu'au mois de janvier 2014.

Âgée de 30 ans, Beate Zschäpe et ses deux complices Uwe Böhnhardt (34 ans) et Uwe Mundlos (38 ans), sont soupçonnés d'avoir commis de nombreux meurtres en 2000 et 2007 sans n'avoir jamais attirer l'attention des policiers. En plus des meurtres, les trois Allemands originaires d'Iéna en ex-RDA sont également accusés de deux attentats à la bombe dans des zones à forte immigration de Cologne ainsi que près de quinze braquages de banques.

Pour rappel, Beate Zschäpe s'est rendue elle-même à la police. Suite à un attaque de banque ratée en novembre 2011, les deux complices de l'Allemande incendient leur caravane avant de se suicider à Eisenach. Mais ils laissent derrière eux l'arme ayant servi pour les dix meurtres ainsi qu'une profession de foi enregistrée sur DVD dans laquelle ils revendiquent tous leurs crimes. Seulement quatre jours après les découvertes de la police, Beate Zschäpe se rend, expliquant "je suis celle que vous cherchez". La jeune femme ne s'est pas exprimée depuis le 8 novembre 2011 sur ses supposées exactions.

Les avocats des parties civiles veulent que ce procès hors-norme fasse la lumière sur les circonstances des meurtres. Sebastien Scharmer, l'un des avocats a ainsi indiqué vouloir "non seulement une condamnation des accusés [...], nous espérons aussi une discussion au sein de la société sur le problème de la violence d'extrême droite et du racisme en Allemagne". Les enquêteurs n'avaient en effet pas vraiment exploré la piste xénophobe au moment des meurtres alors qu'une enquête datant de 2012 réalisée par la fondation Friedrich-Ebert indique clairement que la xénophobie est profondément ancrée dans l'opinion allemande et particulièrement en Allemagne de l'Est ou les idées d'extrême droite sont suivies par 15,8% de la population. En 2011, le nombre de militants néonazis est même estimé à 23 400 outre-Rhin dont 9 800 considérés comme violents.

D'autres dysfonctionnements de la police et des services de renseignements intérieurs ont d'ailleurs été mis en avant lors de cette enquête. Beaucoup reprochent ainsi aux forces de l'ordre un aveuglement coupable lors de cette enquête. La piste de groupes islamistes a ainsi été privilégiée et les proches des victimes ont également fait partie des principaux suspects des enquêteurs tandis que la piste d'extrême droite était laissée de côté.

La chancelière Angela Merkel a ainsi évoqué "la honte" de l'Allemagne devant ces crimes et assuré que toute la vérité éclaterait sur ces meurtres.

Lu sur Le Monde

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