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Manuel Valls a défendu ses réformes dimanche soir sur France 2.

250 jours après

Manuel Valls au JT de France 2 : la gauche loue son discours rassembleur, la droite raille un Premier ministre qui "se hollandise"

Le Premier ministre a tenté de rassurer sa majorité. Finies les déclarations d'amour au patronat, dimanche soir, il a tenté de mettre un coup de barre à gauche tout en défendant ses réformes.

  • Manuel Valls a déclaré dimanche sur France 2 qu'il irait "jusqu'au bout" du quinquennat, en 2017
  • Il a évoqué aussi les réformes, la fiscalité, la loi Macron mais aussi le chômage et la croissance
  • "Le pacte de responsabilité sera une réussite. Il y a déjà six accords passé un et un qui vient d'être signé. Je suis convaincu qu'avant la fin de l'année, plus de la moitié des salariés seront concernés par ces accords."
  • "Nous voulons faire passer la loi de 5 dimanche travaillés à 12. Mais il faut des contreparties pour les employés"
  • "C'est quoi être de gauche ? C'est combattre les inégalités, c'est la justice sociale. Le combat de ce gouvernement c'est de faire en sorte que les inégalités reculent."

 

Manuel Valls était attendu au tournant dimanche soir lors de son interview au JT de France 2. Depuis des semaines, des rumeurs font état de son envie de départ de Matignon. Une rumeur balayée 5 minutes à peine après le début de son intervention. "Je suis là pour assumer ces responsabilités jusqu'à la fin du quinquennat. C'est ce que nous avons convenu avec le président de la République" a lancé le Pre mier ministre avant d'ajouter : "je ne suis pas un déserteur. Face aux difficultés du pays (...) je partirais pour préparer je ne sais quelle étape, je ne sais quel destin ? Non". 

Donné favori à gauche en cas de primaire pour 2017, Manuel Valls a tenu à réaffirmer sa "loyauté" à l'égard d'un chef de l'Etat handicapé par un niveau d'impopularité historique. Le chef du gouvernement donc mis les choses au point. S'inquiétant de la démoralisation du pays, il a ensuite voulu défendre ses réformes. "Je suis convaincu que le pacte de responsabilité sera une réussite. Il y a déjà six accords passé un et un qui vient d'être signé. Je suis convaincu qu'avant la fin de l'année, plus de la moitié des salariés seront concernés par ces accords" a-t-il dit, rompant avec le pessimisme récemment exprimé par son ministre de l'Economie, Emmanuel Macron.

Manuel Valls a ensuite évoqué les 35 heures et a tenté de clore le débat. "Les 35 heures ont beaucoup évolué. Même la droite n'est pas revenue dessus. N'ouvrons pas de faux débats, il n'y aura pas de remise en cause de la durée légale du travail. D'ailleurs, la durée effective du travail en France est de 39 heures, supérieure à celle de l'Allemagne" a-t-il soutenu. Il n'y aura pas de remise en cause. Quid du travail du dimanche, sujet très discuté au sein même de sa majorité. Là aussi, le Premier ministre reste ferme et veut appliquer ce qu'il y a dans la loi Macron. "Nous voulons faire passer la loi de 5 dimanche travaillés à 12. Mais il faut des contreparties pour les employés. C'est important. Il faut également réfléchir sur les zones et voir en fonction des zones touristiques comme Paris" a indiqué le chef du gouvernement.

Mais au-delà de la défense de son bilan et de ses projets, Manuel Valls a endossé la tenue du "rassembleur". A plusieurs reprises, le Premier ministre a mis en garde contre les sujets qui divisent. "Faisons attention à ne pas nous diviser" a-t-il expliqué ajoutant : "ce n'est pas ce que demandent les Français. Il y a suffisamment de sujets graves".

Une intervention raillée par l'UMP. Le parti d'opposition dans un communiqué a critiqué l'absence de "proposition concrète" et de "perspective de redressement". "Manuel Valls a agité les mots et accumulé les phrases sans admettre que notre pays est aujourd'hui, hélas, victime d'un triple record : chômage à un niveau jamais atteint, dépense publique qui continue à progresser et impôts à un seuil en 2014 jamais connu (...) Au total, aucune initiative nouvelle, aucune proposition concrète" dénonce le communiqué.

Xavier Bertrand a estimé ce lundi sur RTL que le Premier ministre a "eu un brevet de politicien type. On a deux François Hollande à la tête de l'Etat. Il ne se passera plus rien jusqu'à la fin du quinquennat. Il pense à plaire au président. Il n'y aura plus de réforme d'ici la fin du quinquennat. Il est frappé de Hollandisme". 

Pour Rachida Dati, cette interview n'a pas été un franc succès. "Je l'ai trouvé un peu pathétique cette interview" a-t-elle dit sur i>TELE ce lundi matin. "Il vient au journal de 20h, dans un contexte économique extrêmement dégradé, avec des résultats qui ne sont pas à la hauteur de la 5e puissance que nous sommes, il est venu simplement, comme c'est un adepte des déclarations d'amour, renier les déclarations d'amour qu'il avait faites avant au patronat, aux uns et aux autres" a-t-elle ajouté. "Il est venu simplement faire une déclaration d'amour à la gauche, même pas à la gauche de la gauche, à la gauche, parce qu'il a besoin de rester à Matignon, il est venu hier dire: "je vous en supplie, laissez-moi à Matignon"" a conclu l'eurodéputée.

 

L'UDI par la voix de Philippe Vigier a tancé le manque de nouveauté chez le Premier ministre.

 

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