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Le rapport de 2017 sur les infrastructures française est-il alarmiste ou attentif ?
©FRANCOIS GUILLOT / AFP

Via ferrata

Le rapport de 2017 sur les infrastructures française est-il alarmiste ou attentif ?

La catastrophe du viaduc Morandi à Gênes pousse un peu trop les commentateurs au catastrophisme.

Publié à l'occasion des Assises nationales de la mobilité, un rapport sur l'Etat du réseau routier est ressorti de son total anonymat après la catastrophe de Gênes, qui a couté la vie à 39 personnes selon le décompte officiel le 16 août en milieu de journée, dont 4 Français. Le rapport décrit un réseau routier endommagé, avec 4000 ponts "à réparer" et 840 ponts qui menaceraient de s'effondrer. On compte 266.000 ponts routiers en France (selon Planète Travaux Publics), dont, selon le rapport, seulement 12.000 non concédés à des réseaux routiers, soit moins de 5% des ponts. Il n'y aurait donc que 0.3% des ponts français qui menaceraient vraiment de s'effondrer, et il n'est pas si si des travaux sont en cours ou non sur ces ponts. Ce n'est pas tant l'état des routes qui est ici alarmiste mais l'inaction de l'Etat dans la part congrue qui lui est confiée.

Le rapport n'est donc que très peu représentatif de la réalité générale du pays, et il pointe donc un certain désengagement de la part des services publics dans leur gestion des infrastructures. Les réparations des ouvrages d'art tarderaient trop, 22 ans en moyenne après la première dégradation. Une estimation proposée par les rapporteurs, deux cabinets d'audit, considère que, sans rénovations, ce seront 62% des chaussées qui seront dégradées d'ici 2037. L'aggravation des dégradations est notable : 17% des routes nationales étaient gravement endommagées en 2016, contre 14% en 2006. En cause : les hivers, les intempéries, et des fréquentations parfois en hausse. Un investissement de 1,3 milliard par an était demandé pour remettre en état les infrastructures routières. En 2018, ce sont 800.000 millions d'euros qui étaient alloués à ces dépenses, soit 100.000 euros de plus que l'année précédente, mais 500.000 euros de moins que ce qui était suggéré. Cependant, le rapport ne propose aucun élément de comparaison. Il serait bon de comparer ces dépenses à celles des voisins anglais ou allemands, réputés pour leurs très faibles investissements dans les infrastructures. 

La question ayant pris de l'importance, la ministre des Transports Elisabeth Borne a fait savoir qu'elle allait présenter une loi de programmation des infrastructures dès la rentrée. 

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