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Ils ont dérégulé, spéculé, laissé couler. Chacun à sa façon, ils sont partiellement responsables de la crise des subprimes.
Ils ont dérégulé, spéculé, laissé couler. Chacun à sa façon, ils sont partiellement responsables de la crise des subprimes.
©DR

5 ans après

Ils ont fait basculer le monde dans la crise... que sont-ils devenus ?

Présidents des banques centrales, politiciens, économistes, financiers... Ils ont dérégulé, spéculé. Chacun à sa façon, ils sont partiellement responsables de la crise des subprimes. Mais que font-ils 5 ans plus tard ?

Ils ont dérégulé, spéculé, laissé couler. Chacun à sa façon, ils sont partiellement responsables de la crise des subprimes. Mais ont-ils vraiment subi les conséquences de leurs erreurs ?

Bill Clinton, ancien président des Etats-Unis

Une des solutions envisagées pour éviter une nouvelle crise financière consiste à séparer les activités des banques de dépôt de celles des banques d'investissement. Une séparation qui avait déjà été instaurée aux Etats-Unis par le Glass-Steagall Act... que Bill Clilnton avait eu la bonne idée d'abroger il y a 13 ans, sous la pression des lobbies et des banquiers. Un geste qui a marqué l'acte de naissance des superbanques et qui a amorcer la pompe à subprimes...

Bill Clinton a aussi signé le Commodity Futures Modernization Act, qui a exempté les credit-default swaps de toute régulation.

Ironie du sort : aujourd'hui, Bill Clinton appelle à soutenir l'économie grecque.

Richard Fuld, ancien directeur général de Lehman Brothers

Surnomé "Le Gorille de Wall Street", il a engouffré Lehman Brothers dans le business des subprimes. C'est alors que la banque a créé ses fameux actifs "toxiques", en assemblant plusieurs types de prêts aux risques variables, formant des paquets surprise explosifs ensuite vendus aux investisseurs.

L'homme d'affaires aurait gagné presque 400 millions d'euros en salaires et autres bonus pendant son mandat à la tête de la banque. Mais l’intéressé dément farouchement, et déclare n'avoir gagné "que" 250 millions.

La crise n'a en rien perturbé la carrière de Dick Fuld. En 2009, il a rejoint le hedge fund américain Matrix Advisors. Un an plus tard, il rejoignait l'agence de courtageLegend Securities, qu'il a quitté cette année.

Si de nombreux américains ont fait faillite suite à l'effondrement les prix de l'immobilier, Fuld s'en est plutôt bien sorti. En novembre 2008, il a transferé à sa femme la propriété de sa villa en Floride d'une valeur de 80 millions d'euros. Ils l'avaient achetée quatre ans plus tôt pour 10 millions d'euros.

Alan Greenspan, président de la réserve fédérale américaine entre 1987 et 2006

Surnommé "l'économiste des économistes", ou le "Maestro", il est souvent porté aux nues pour sa gestion du krach d'octobre 1987 et de l’inflation.

Malgré sa grande expérience, il n'a pas été exemplaire durant la crise des subprimes : il a laissé fortement augmenter la masse monétaire par une politique de taux d'intérêts très bas suivie d'un redressement important des taux directeurs, et il a ignoré des mises en garde concernant le marché des subprimes émanant du conseil de la Réserve fédérale, notamment d'Edward Gramlich. Il a cependant fini par admettre avoir fait "une grosse erreur" en partant du principe que les firmes financières pouvaient se réguler elles-mêmes.

Après avoir quitté la Fed en 2006, il a rejoint Pimco, le premier investisseur obligataire mondial, en tant que consultant special. Selon le co-fondateur de Pimco, Bill Gross, Greenspan a permis à la firme de gagner ou d'économiser "des milliards de dollars". Greenspan a aussi conseillé la Deutsche Bank et le milliardaire des hedge funds John Paulson.

Mais l'économiste a tout de même trouvé le temps de critiquer l'actuel président de la fed, Ben Bernanke, pour son programme d'"assouplissement quantitatif" à la télévision américaine plus tot ce mois-ci : "Les données montrent que l'expansion des actifs a eu très peu d'impact sur l'économie, pour une raison importante qui est que nous avons crée un accroissement majeur du coté des actifs dans la balance budgetaire de la Fed et un accroissement d'un milliard et demi de réserves excédentaires."

George W. Bush, ancien président des Etats-Unis

L'effondrement s'est produit pendant son mandat, mais Bush s'est avéré incapable de mettre en place davantage de régulation, à l'exception de la loi Sarbanes-Oxley Act qui fit suite au scandale financier d'Enron.

Nouriel Roubini, un des économistes qui avaient prévu la crise, lui reproche sa passivité. Selon lui, Obama a "hérité d'une pagaille". "Nous avons de la chance que cette Grande Recession ne se transforme pas en une autre Grande Depression".

Bush s'est imposé un exil politique et son absence a été remarquée dans la campagne présidentielle de Mitt Romney. "Il profite de la vie au Texas. Il ne cherche pas la lumière des projecteurs." a déclaré son porte-parole.

L'ancien président a cependant écrit un livre, "Decision Points", qui relate les 14 décisions les plus importantes qu'il ait eu à prendre durant son mandat présidentiel. Il a gagné 5,6 millions d'euros pour 1,5 million d'exemplaires.

Kathleen Corbet, ancienne PDG de Standard & Poor's

Les agences de notation, S&P en tête, on distribué généreusement les bonnes notes aux actifs toxiques qui ont généré la crise des subprimes. Les investisseurs, leurrés par les AAA, ont acheté des CDO (collateralized debt obligations) aujourd'hui devenus invendables. Les agences furent accusées de conflit d’intérêt parce que les émetteurs d'obligations les payaient justement pour donner ces notes, en général des triple A.

Un analyste de S&P a noté dans un email "nous aurions pu noter une obligation structurée par des vaches". Car les analystes semblaient bien conscients des risques : un de ses collègues a même plaisanté dans un autre email : "espérons que nous serons tous riches et retraités quand ce château de cartes tombera en miettes."

Corbet a donné sa démission suite à une vague de critiques en 2007. Depuis, elle a créé sa propre société pour investir dans les technologies, l’énergie, et... les services financiers.

Geir Haarde, Premier ministre de l'Islande entre 2006 et 2009

Haarde est le seul politicien a avoir été reconnu coupable devant un tribunal pour sa responsabilité dans la crise économique. La cour d'Islande l'a condamné cette année pour avoir échoué à organiser des réunions d'urgence pendant la crise. Haarde a été écarté du pouvoir après la faillite des trois plus grandes banques du pays, et le désastre Economique qui s'en est suivi. Le gouvernement a été forcé d'emprunter 10 milliards pour remettre son économie à flots.

Pendant son procès, il a déclaré : "Aucun d'entre nous n'a réalisé sur le moment qu'il y avait un problème au sein du système bancaire lui-même, comme il apparait aujourd’hui que c'était le cas."

Marion et Herb Sandler, anciens directeurs de la World Savings Bank

On parle peu de cette banque qui a longtemps été le second organisme d'épargne et de prêts aux Etats-Unis. Pourtant, elle est sans doute la vraie pionnière des actifs toxiques. Au début des années 1980, elle a été la première à vendre un prêt hypothécaire "pourri", sous la forme d'une option "ARM". Les options ARM, pour "Adjustable Rate Mortgages", permettent aux emprunteurs d'adapter de manière hyperflexible le taux de leurs rembours. L'hypothèque offrait differentes facons de garantir le pret et donc de réduire les paiements anticipés. Ainsi, 94% des emprunteurs à option ARM ont choisi de rembourser le minimum les premières années de leur emprunt, c'est-à-dire moins que les interêts de leur emprunt. Par conséquent, la valeur de leur dette envers leur banque n'a fait qu'augmenter depuis leur souscription, tandis que la valeur de leur maison n'a fait que baisser. Résultat : en moyenne nationale, les emprunteurs à "option ARM" doivent 126% de la valeur de leur maison.

Mais les Sandler ont fait valoir leur droit de réponse : "Ne rejetez pas la faute sur nous", clament-ils.

Le couple a empoché 2,3 milliards de dollars en vendant leur banque à Wachovia en 2006. Mais les pertes au sein du portefeuille de la World Savings ont mené Wachovia a l'implosion. La compagnie de services financiers a ensuite été vendue à Wells Fargo.

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