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Henrique Vannier raconte la fusillade au tribunal de Melun : "Je lui ai demandé de m'épargner le visage"
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Rescapé

Henrique Vannier raconte la fusillade au tribunal de Melun : "Je lui ai demandé de m'épargner le visage"

Le 29 octobre, le bâtonnier se faisait tirer dessus par l'avocat, Joseph Scipilliti. Aujourd'hui hors de danger, il revient sur le drame au micro de RTL.

Henrique Vannier est un rescapé. Pourtant, il est donné pour mort par certains médias. "Quand une des télés a annoncé que j'étais mort, ma mère a eu une crise de nerfs. C'est le raté médiatique, mais ce n'est pas grave. Je suis là", raconte sur RTL, ce mercredi, le blessé, visiblement très ému. "Il m'a tiré dessus à quatre reprises, je suis un miraculé."

Moins d'une semaine après avoir été pris pour cible par l'avocat Joseph Scipilliti, le bâtonnier de Melun revient sur son agression et sur son état de santé. "Depuis hier (mardi, NDLR), je suis debout, j'ai récupéré ma voix. Je suis en forme et j'ai le moral", affirme-t-il sur RTLHenrique Vannier raconte sa dramatique journée du 29 octobre. "J'arrive au palais de justice relativement tôt, à 8 heures" se souvient-il. À son arrivée, sa secrétaire le prévient que maître Scipilliti veut le voir dans la journée.

"Lorsqu'elle m'a dit cela, je lui ai dit : s'il vient dans une demi-heure, dans une demi-heure je suis mort", rapporte le bâtonnier. La relation entre les deux hommes est en effet très mauvaise puisque les deux hommes étaient même en conflit depuis plusieurs années. L'avocat avait d'ailleurs envoyé des lettres de menace à Henrique Vannier. En mai dernier, le conseil régional de discipline avait prononcé une peine de trois ans d'interdiction d'exercice à l'encontre de maître Scipilliti.

Pire, Henrique Vannier a un mauvais pressentiment, et cela n'est pas nouveau : "Depuis six mois, à chaque mois qui s'écoulait, j'indiquais à mes proches que je me sentais en danger." Ce jour-là, le bâtonnier est donc très méfiant et demande à sa secrétaire d'annuler le rendez-vous, puis change d'avis : "Je suis assez altruiste, donc je finis par demander à la secrétaire de l'appeler pour connaître le motif du rendez-vous. Elle me dit : 'il souhaite se réinstaller'. Et sur ce motif futile, finalement, je lui dis : 'pourquoi pas dans une demi-heure ?'."

Et ses doutes vont se confirmer. Ainsi, dès qu'il arrive dans le bureau du bâtonnier, Joseph Scipilliti se montre très menaçant : "Lorsque j'ai voulu m'asseoir (Joseph Scipilliti) pointait une arme sur moi et il m'a dit : 'Ne bouge plus'. Et lorsqu'il m'a dit 'ne bouge plus', j'ai fait le contraire et j'ai bougé, je me suis battu comme un lion. J'ai pris tout ce que j'avais sous la main pour essayer de le désarmer. Il m'a manqué un quart de seconde et il a tiré", raconte Henrique Vannier.

L'avocat tire à quatre reprises sur sa victime, la blessant grièvement. Puis, il prend "des cachets afin de se donner le courage de retourner son arme dans la bouche". Il promet d'achever le bâtonnier. Très persuasif, ce dernier arrive finalement à le faire changer d'avis. "Je lui ai demandé de m'épargner le visage, pour que mes enfants de 10 et 7 ans puissent me revoir une dernière fois", explique-t-il. Soudain, le visage de l'avocat change : "L'humain est revenu. L'avocat a réussi à convaincre aussi peut-être et j'ai parlé de Jules et Théo. Je lui ai dit : soit tu me laisses le visage, soit tu me laisses la vie, et il m'a laissé la vie". Deux minutes après, l'avocat se suicide.

Lu sur RTL

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