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François Hollande à Toulon le 15 août 2014
François Hollande à Toulon le 15 août 2014
©Reuters

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François Hollande "veut accélérer" le rythme des réformes et annonce une fusion RSA et prime pour l'emploi

Le chef de l'Etat s'est exprimé dans le journal Le Monde en réaction à la censure par le Conseil constitutionnel d'une partie du pacte de responsabilité.

Le président de la république est officiellement rentré de vacances. A peine son séjour de quelques jours dans le sud de la France terminé, François Hollande annonce vouloir maintenir le cap du pacte de responsabilité, à l'occasion du premier Conseil des ministres tenu ce mercredi. Contesté au sein même de sa famille politique et impopulaire, François Hollande reste néanmoins droit dans ses bottes. Pressé par Bruxelles d'améliorer la situation économique de la France, le chef de l'Etat annonce deux nouvelles réformes pour rebooster le pouvoir d'achat, dans une interview accordée au Monde.

"L'une visera à rendre plus juste et plus simple le barème de l'impôt sur le revenu notamment pour les premières tranches, c'est-à-dire pour les contribuables modestes et moyens. L'autre fusionnera la prime pour l'emploi et le RSA activité". 

Le chef de l'Etat précise que cette fusion de la prime pour l'emploi avec le RSA activité, qui correspond à un complément de revenu pour les travailleurs pauvres, permettra de "favoriser la reprise du travail et améliorer la rémunération des salariés précaires". Il ajoute que les deux réformes seront engagées "dès la loi de finances pour une amélioration du pouvoir d'achat équivalente à ce qui avait été prévu initialement." Une mesure qui provoque des réactions à droite comme à gauche sur les réseaux sociaux.

Dans cet entretien, François Hollande répond également aux inquiétudes et aux attentes des Français concernant la croissance, qui reste nulle au deuxième trimestre. Son plan d'action : accélérer les réformes pour relever le niveau du PIB "au plus vite". 

"Aujourd'hui, ce n'est pas parce que la conjoncture est plus difficile en France et en Europe que nous devons y renoncer. Au contraire, nous devons aller plus vite et plus loin. A ceux qui disent qu'il faut revoir la stratégie alors même que les mesures viennent tout juste d'être votées, je réponds que toute godille ou tout zigzag rendrait incompréhensible notre politique et ne produirait pas de résultats", a-t-il ajouté, reprenant l'argumentaire du ministre des Finances, Michel Sapin, qui avait prévenu sur RTL lundi que si les résultats n'étaient pas encore visibles, c'était que la politique "n'était pas pleinement appliquée".

A une semaine de l'université d'été du Medef, François Hollande s'adresse également au patronat, afin qu'il "aille au bout de la logique du pacte, qu'il utilise pleinement les moyens du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi pour investir et embaucher". Il rappelle cependant aux chefs d'entreprise que le pacte de responsabilité "c'est un contrat dans lequel chacun doit respecter ses engagements".

François Hollande promet également des réformes dans quatre secteurs principaux : "d'abord sur le logement, j'ai demandé au premier ministre de présenter un plan de relance. Il touchera à la fiscalité, aux procédures et aux financements", assure le président, sans donner davantage de détails. A ce propos, le Canard Enchaîné révèle ce mercredi que le premier ministre Manuel Valls compte faire porter la responsabilité de l'échec des deux premières années du quinquennat à l'ancienne ministre du Logement Cécile Duflot.

Le président veut par ailleurs relancer l'investissement et annonce que des assises auront lieu en septembre prochain, dans le but d'inciter "davantage" les établissements financiers à prêter aux PME "pour mieux orienter l'épargne vers l'économie productive et pour assurer le financement des grands projets collectifs, comme la transition énergétique".

Sur les professions réglementées, un projet de loi sur le pouvoir d'achat sera présenté par Arnaud Montebourg dès le mois de septembre. Cette réforme devrait permettre de "faire baisser les tarifs" et de "lutter contre le maintien de certaines rentes et privilèges".  Par ailleurs, il donne satisfaction au patronat au sujet de l'ouverture des magasins le dimanche, pour laquelle une réglementation sera "adaptée".

Enfin, le chef de l'Etat veut miser sur l'apprentissage et s'engage à développer les formations en alternance pour les chômeurs de longue durée.

En matière de politique internationale, le président s'est longuement exprimé. Dans un premier temps, il confirme, pour la première fois, que Paris a livré des armes aux rebelles syriens : il s'agit de "matériel conforme aux engagements européens" de la France. "La communauté internationale porte une responsabilité très grave dans ce qui se passe en Syrie", a-t-il ajouté.

Face à la situation préoccupante en Irak, le chef de l'Etat a annoncé qu'il allait prochainement proposer au Conseil de sécurité de l'ONU et aux pays du Moyeun-Orient, une conférence sur la sécurité du pays et la lutte contre les djihadistes. Cette conférence sera similaire à celle tenue en mai à l'Elysée, au sujet du groupe djihadiste nigérian Boko Haram.

Concernant Gaza, "l'objectif doit être une démilitarisation et en même temps une levée du blocus". François Hollande estime que Mahmoud Abbas et l'Autorité Palestinienne "doivent être considérés comme l'interlocuteur principal".

Enfin, le président souhaite la poursuite du dialogue entre l'Ukraine et la Russie. Il appelle à une rencontre "au niveau des chefs de gouvernement ukrainien, russe, français et allemand, pour trouver une issue à la crise". Interrogé sur le coût des sanctions contre la Russie, faisant référence aux agriculteurs européens qui subissent les effets de l'embargo russe, François Hollande tempère : "une sanction a un prix pour celui qui la prononce comme pour celui qui la subit".  En ce qui concerne la vente polémique d'un second navire Mistral à la Russie, il précise que "le niveau des sanctions n'empêche pas la livraison. Ce sont les Européens qui en ont décidé ainsi, pas la France". 

Lu sur lemonde.fr

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