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Egypte : un ex Premier ministre au pouvoir
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Deuxième round

Egypte : un ex Premier ministre au pouvoir

L'armée a une nouvelle fois écarté l'hypothèse d'un départ immédiat et a confirmé le maintien des élections le 28 novembre.

[Mis à jour vendredi à 7h]

L'armée au pouvoir en Egypte a une nouvelle fois écarté l'hypothèse d'un départ immédiat du pouvoir comme le réclament les milliers de manifestants de la place Tahrir au Caire, qui ont lancé de nouveaux appels à se mobiliser massivement vendredi.

Selon des télévisions égyptiennes privées, l'armée a décidé de charger un ancien Premier ministre du président déchu Hosni Moubarak, Kamal el-Ganzouri, de former un nouveau gouvernement, en remplacement de celui de Essam Charaf, démissionnaire depuis lundi. Ce septuagénaire a été le Premier ministre d'Hosni Moubarak entre 1996 et 1999. Il s'était toutefois démarqué de président déchu, chassé du pouvoir le 11 février dernier, lors d'une interview, après avoir été absent pendant 11 ans des médias. 

Toutefois, le Conseil suprême des forces armées (CSFA) n'avait fourni aucune confirmation dans la soirée et selon d'autres médias, plusieurs candidats ont été reçus et les consultations se poursuivaient, à quelques jours du début lundi des premières législatives de l'après-Moubarak.

A la suite de cet entretien, plusieurs pages sur Facebook l'ont soutenu comme candidat pour la présidence de la république. Mais la possible nomination de cet économiste n'a pas convaincu les manifestants à Tahrir, où le septuagénaire faisait jeudi soir l'objet de quolibets et de moqueries.
Après les violences meurtrières des derniers jours, les affrontements ont cessé jeudi sur la place Tahrir grâce à un accord passé entre manifestants et forces de l'ordre pour éviter les violences. Dans la matinée, l'armée s'était dans la matinée excusée pour les 38 morts dans les affrontements des derniers jours. 

[Mis à jour jeudi à 7h]

Les annonces du conseil militaire d'un plan pour accélérer le transfert de pouvoir n'y auront rien fait. Mercredi 23 novembre, la place Tahrir était toujours noire de monde. De violents affrontements ont opposé hier, pour la cinquième journée, la police à des milliers d'Egyptiens, réclamant le départ des militaires au pouvoir. Les manifestants ne lâchent rien et réclament le départ immédiat du maréchal Tantaoui.

Mercredi soir, des coups de feu ont éclaté près du ministère de l'Intérieur, symbole de l'autorité de l'Etat et cible des manifestants non loin de Tahrir. Des témoins ont affirmé qu'il y avait eu des morts. Impossible à vérifier. Depuis le début des protestations, samedi, le bilan s'élève à 39 tués, selon un nouveau décompte établi par Reuters. Le ministère de la Santé fait état quant à lui de 32 morts et 2 000 blessés.

Hier en fin de soirée, la chaîne Al Djazira a indiqué que, dans ce climat de violences, le ministre de l'Intérieur avait proposé aux militaires de reporter la première phase des élections législatives, censée débuter lundi 28 novembre. Aucune confirmation des propos prêtés à Mansour al Essaoui n'a pu être obtenue dans l'immédiat. 

[Mis à jour mercredi à 7h]

Le maréchal Tantaoui, représentant du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui dirige le pays depuis le départ de Hosni Moubarak en février, a cédé mardi soir en partie aux revendications des manifestants de la place Tahrir du Caire. Il a ainsi annoncé que l’armée, qui "ne veut pas le pouvoir", était prête à tenir un référendum sur la transmission du pouvoir aux civils, et que l’élection présidentielle se tiendrait "avant la fin juin 2012".

Malgré les tensions croissantes des derniers jours, notamment autour de la place Tahrir, et alors que 30 personnes ont été tuées dans des affrontements entre les manifestants et la police, Hussein Tantaoui a réaffirmé que les élections législatives, étalées dans le temps, se tiendraient à partir de lundi prochain. Un comité doit mettre au clair les causes et le déroulement des violences.

Le représentant du CSFA a par ailleurs confirmé qu’il acceptait la démission du gouvernement de transition d’Essaf Charam, présentée à la suite des débordements. Mohammed El Baradei, ancien dirigeant de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), avec laquelle il a obtenu le prix Nobel de la paix, pourrait le remplacer à la tête du gouvernement. Le nom d’Abdelmoneim Aboul Fotouh, ancien membre des Frères musulmans, circule également. Les deux hommes sont aussi des candidats potentiels à la présidence égyptienne.

Les annonces du maréchal Tantaoui n’ont cependant pas suffi à calmer la colère des manifestants, comme le rapporte l'envoyée spéciale de France 24 au Caire : 

Beaucoup étaient une encore réunis à Alexandrie, place Tahrir et ailleurs,  pour réclamer la fin du pouvoir militaire, rappelant que Tantaoui a été pendant vingt ans le ministre de la Défense de Hosni Moubarak. ."Nous ne pouvons pascroirece qu'il dit. La balle était dans le camp du conseil militaire pendant des mois et ils n'ont rien fait", dit une Egyptienne. "Tantaoui, c'est Moubarak copié-colléC'est Moubarak en tenue militaire et ce discours ressemble à celui de Moubarak", déclare un autre manifestant. Bref, la méfiance reste de mise, et seul un départ définitif des militaires du pouvoir semble pouvoir la dissiper.    

[Mis à jour mardi à 7h30]

La place Tahrir a salué avec ferveur l’annonce lundi soir de la démission du gouvernement de transition d’Essam Charaf. Une joie de courte durée : dans un premier temps, il se disait que le Conseil des suprême des forces armées (CFSA), qui assure le pouvoir exécutif depuis le départ de Hosni Moubarak, l’aurait acceptée, avant que la télévision d’Etat ne contredise cette information. Le gouvernement a en tout cas annoncé que "compte tenu des circonstances difficiles que traverse le pays à l'heure actuelle, [il] continuera à exercer la plénitude de ses pouvoirs jusqu'à ce qu'une décision soit arrêtée sur son offre de démission".

Au moins 24 manifestants auraient été tués par la police depuis le week-end dernier. Ils sont à nouveau des dizaines de milliers réunis sur le lieu symbole de la révolution, où ils réclament surtout le départ du maréchal Hussein Tantaoui, à la tête du CFSA, et qui est donc chef d’Etat de fait. Car pour eux, cet homme incarne l’échec de leur révolution : ils lui reprochent, ainsi qu’à l’armée, d’utiliser les mêmes méthodes de répression contre la population qu’au temps de Moubarak. Au final, l’armée tient le pouvoir en Egypte depuis 1952, et ne semble pas vraiment disposée à le délaisser, ou en tout cas à changer sa façon de faire. Les Frères musulmans ont ainsi condamné la répression, jugeant que "cela rappelle les pratiques du ministère de l'intérieur de l'ancien régime".

Autant que ses méthodes, les manifestants protestent contre les projets politiques de l’armée. Et notamment une proposition constitutionnelle lui donnant une autorité exclusive sur la gestion de ses affaires et de son budget, dispensée de contrôle parlementaire. D’autres propositions constitutionnelles donneraient à l’armée un pouvoir manifestement démesuré pour un régime qui se veut devenir démocratique. 

Au-delà de la répression, se pose la question de la tenue des élections législatives, qui doivent commencer lundi 28 novembre. Face à la grande confusion et à la violence qui règnent place Tahrir et au Caire, il pourrait être dangereux d’engager le pays dans un processus électoral. Des personnalités politiques, parmi lesquelles Mohamed El-Baradei, ancien dirigeant de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ont publié un document demandant un délai supplémentaire pour les élections législatives.

Les manifestants de la place Tahrir ont appel mardi à une "Marche du million pour le salut national", où ils ambitionnent de réunir un million de personnes. Peu importe les opinions, le tout est de dire aux militaires au pouvoir qu’il n’est pas question qu’ils leur "volent" leur révolution. Quitte à en faire une deuxième.

 [Mis à jour lundi à 6h]

Symbole de la révolution qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir, la place Tahrir du Caire est en train de devenir celui de la répression répétée du gouvernement de transition, dirigé par un conseil militaire, qui multiplie les exactions contre les manifestants. Ce week-end, vingt personnes ont été tuées à la suite de violences avec la police, alors qu’elles réclamaient, à l’unisson de milliers d’autres, une transition démocratique plus rapide et plus sûre. Ce qu’est loin de garantir l’exécutif actuel

Dans la nuit de dimanche à lundi, des milliers d'Egyptiens ont occupé la place Tahrir, après avoir repoussé la police. En parallèle, de violents affrontements se poursuivaient dans les rues aux alentours. Les tensions s’étaient ravivées samedi alors que des dizaines de milliers de personnes avaient manifesté, emmenées par les islamistes. Les manifestants, quel que soit leur sensibilité politique, protestent tous notamment conte un projet de déclaration constitutionnelle qui met l’armée à l’abri de contrôles parlementaires essentiels notamment sur son budget.

Les élections législatives doivent se tenir à partir du 28 novembre et s’étaler sur plusieurs mois. Face à l’instabilité, de nombreuses voix, parmi lesquelles celle de l’ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et candidat à la présidentielle Mohamed El Baradei, s’élèvent pour demander leur report, voire un nouveau calendrier politique qui prévoirait d'élire d'abord une assemblée constituante, puis un président  et seulement après un Parlement.

L’armée s'est contenté de "regretter" les violences et a appelé à un dialogue entre les partis politiques. Tout en martelant que les élections auront lieu comme prévu à partir du week-end prochain. Malgré toutes les craintes qui entourent leur organisation.

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