Edouard Philippe : "Le 11 mai ne sera pas le début de l'insouciance, ce sera le début de la reprise" | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
Edouard Philippe : "Le 11 mai ne sera pas le début de l'insouciance, ce sera le début de la reprise"
©LUDOVIC MARIN / AFP

"Prudence et responsabilité"

Edouard Philippe : "Le 11 mai ne sera pas le début de l'insouciance, ce sera le début de la reprise"

Edouard Philippe présentait ce lundi 4 mai devant les sénateurs son plan national de déconfinement. De nombreuses annonces ont été faites par Edouard Philippe sur les masques, les écoles ou bien encore la stratégie de lutte contre l'épidémie.

Le Premier ministre Edouard Philippe a présenté les grandes lignes du plan de déconfinement au Sénat ce lundi. Edouard Philippe soumettait aux sénateurs son plan national à seulement une semaine de sa mise en application.

Il souhaite faire appel à la responsabilité et au civisme de chacun pour que la situation sanitaire ne se dégrade pas.

"Le 11 mai, ne sera pas le début de l'insouciance, ce sera le début de la reprise. Il faut nous y engager avec prudence et responsabilité".

Edouard Philippe affirme que "le moment est critique" face à l'épidémie de coronavirus : 

"C'est près de la moitié de l'humanité qui est confinée et même les plus grandes puissances paraissent désorientées. Le moment est critique car nous devons prendre des décisions sur la base d'informations incomplètes et souvent contradictoires. Nous ne savons pas tout. Mais il y a cinq mois, nous ne savions rien. Le virus nous fait violence, appelle réactivité et innovation. Des marges d'inconnues demeurent. Aucun scientifique ne saurait prévenir l'avenir qui nous attend. Aucune scientifique ne peut dire si nous aurons une deuxième vague".

Edouard Philippe est revenu sur la stratégie de dépistage du gouvernement dans le cadre du déconfinement : 

"Le succès du déconfinement repose sur notre capacité à tester et à isoler les personnes atteintes du Covid-19. Depuis les semaines dernières, les élus disposent des éléments leur permettant de planifier le déconfinement. Les tests virologiques sont le fer de lance de notre stratégie de dépistage. Sans vaccin avant un bon moment, sans traitement, sans immunité collective, c'est seulement par la prévention, la discipline que nous pourrons maîtriser l'épidémie. Un peu trop d'insouciance et de relâchement, et le risque de deuxième vague se préciserait. Le déconfinement aura lieu pas à pas dans la progressivité. Le rythme et les modalités s'adaptent aux spécificités de chaque territoire. Grâce au confinement, de nombreux départements ont été épargnés".

Le Premier ministre a fait le bilan de la situation sur le confinement et l’épidémie de coronavirus : 

"Nous ne pouvons pas rester confinés. Tout le monde aimerait renouer avec la vie d'avant. Sortir pour travailler ou flaner, d'offrir une soirée au restaurant, au théâtre, entre amis. Je mesure combien le confinement pèse sur ceux qui vivent dans des conditions précaires. Je pense notamment aux personnes âgées seules chez elles.  Le coût social, humain, économique du confinement est colossal. Les passages aux urgences, les vaccinations obligatoires, les campagnes de dépistages sont en chute libre. La lutte contre le Covid-19 ne doit pas nous faire obliger les autres maladies. Le Covid-19 est toxique, mais les huis clos aussi. Le Covid-19 est toxique, mais le décrochage social et scolaire l'est tout autant".

Edouard Philippe a évoqué le dossier de la réouverture des écoles, "une priorité pédagogique, sociale, républicaine" :

"Cinq mois de décrochage scolaire, c'est probablement une bombe à retardement. [...] Le 11 mai tous les enfants et tous les adolescents ne retourneront pas à l'école [...] la situation ne sera pas identique partout. Mais là où elle peut avoir lieu, elle doit avoir lieu. Chaque retour à l'école sera une bonne nouvelle", selon le Premier ministre.

Des groupes de 15 jeunes seront de retour en classe, pour les plus précaires, pour ceux qui en ont le plus besoin. Les enseignants devront porter des masques. Pour les crèches, les enfants seront accueillis par groupes de 10, qui devront être ceux des familles prioritaires.

Lors de son allocution au Sénat ce lundi, le Premier ministre a notamment annoncé qu'une aide de 200 euros sera versée à 800.000 jeunes de moins de 25 ans "précaires ou modestes" : 

"J'ai annoncé qu'une aide exceptionnelle de solidarité serait distribuée à 4 millions de ménages. J'annonce aujourd'hui une aide pour les jeunes précaires ou modestes de moins de 25 ans. Beaucoup de jeunes ont perdu leur emploi ou leur stage". Cette aide sera versée "aux jeunes qui touchent des APL. Beaucoup de jeunes ont perdu les emplois dont ils ont besoin pour se nourrir ou payer leur loyer. Nous avons décidé de verser une aide de 200 euros à 800.000 d'entre eux. Cette somme sera versée début juin aux étudiants ayant perdu leur travail ou leur stage et aux étudiants ultramarins isolés qui n'ont pas pu rentrer chez eux. Elle sera versée mi-juin aux jeunes de moins de 25 ans, précaires ou modestes, qui touchent des APL".

"La vie économique doit reprendre impérativement", selon Edouard Philippe mais le dispositif d'activité partielle restera en vigueur "jusqu'au 1er juin" avant d'être réévalué. Fin mai, le gouvernement se penchera également sur la réouverture des cafés, restaurants et bars. Une "aide sera disponible pour toutes les entreprises" affectées par le coronavirus, a rappelé le premier ministre, y compris celles qui n'ont pas de salariés.

Edouard Philippe a aussi évoqué le sujet des masques. Il est revenu sur la recommandation du port du masque après le déconfinement : "dans les transports publics ou dans une salle de classe, il sera obligatoire". 

Il est ensuite revenu sur une polémique née ce week-end :

"L'Etat, les collectivités et les entreprises travaillent pour que les masques soient accessibles à tous. Je ne vois pas quel intérêt la grande distribution aurait eu à faire des stocks cachés plutôt que de les vendre. Ce qui compte, c'est que le 11 mai, tout le monde puisse avoir des masques. Il reviendra aux préfets d'organiser la distribution de masques aux plus précaires", via les ARS.

L'Etat financera 50% des masques fournis par les collectivités, en appelant celles qui avaient les moyens d'aider les autres. 

Le gouvernement se dit prêt à anticiper la reprise des offices religieux dès le 29 mai, car la période du 29 mai au 1er juin est un "moment important pour plusieurs cultes". Cette décision pourra être prise "si la situation sanitaire ne se dégrade pas".

Au sujet des élections municipales, dont le second tour soulève encore de nombreuses questions, Edouard Philippe explique avoir saisis le Conseil scientifique ce lundi matin pour savoir si les conseils municipaux déjà élus dans 30.000 communes françaises pourraient désigner leur maire dans le respect des consignes sanitaires.

Les lieux culturels de proximités devraient rouvrir progressivement le 11 mai, selon Edouard Philippe : 

"Le secteur culturel est l'un des plus frappés par la crise sanitaire. Il y urgence pour la culture, le gouvernement le sait et y travaille". 

Edouard Philippe a ajouté que dès le 11 mai, les "lieux culturels de proximité" seront rouverts, comme les bibliothèques, les médiathèques, les musées, ou les monuments "qui ne brassent pas trop de population", mais aussi les librairie, les disquaires, les galeries. 

Les lieux de spectacles et les cinémas pourraient peut-être rouvrir le 10 juin prochain. Les événements de plus de 5.000 personnes restent en revanche interdits jusqu'à fin août.

Le Premier ministre a tenu à adresser un message d’espoir également : 

"J'ai la conviction la plus inébranlable que nos institutions, nos talents, notre jeunesse, saurons nous en relever avec un surcroît de force et de solidarité. […] Aujourd'hui, il n'est question pour personne de fuir, de nous dérober face à cette épidémie. Il est question de prendre de bonnes décisions, sans fuir le débat, en mettant le parlement au coeur des enjeux".

La présentation d’Edouard Philippe était suivie d'un débat et d'un vote au Sénat.

Franceinfo

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !