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Des adolescents djihadistes.
Des adolescents djihadistes.
©Reuters

Embrigadement

Djihad : le témoignage choc d'une adolescente recrutée sur Internet

Léa, 15 ans, a été arrêtée à son départ pour la Syrie. Elle raconte au Nouvel Observateur comment ses recruteurs ont tenté de la convaincre de commettre des attentats en France.

Alors que le gouvernement estime à 1 000 le nombre de Français partis faire le djihad en Syrie, Léa fait partie de ceux qui ont réussi à échapper au tourbillon de vidéos et messages l'incitant à se radicaliser. Elle témoigne pour la première fois lors d'une intervention au Centre de Prévention contre les Dérives sectaires liées à l'Islam auquel a assisté le Nouvel Observateur. Loin des clichés, Léa (dont le prénom a été modifié pour des raisons de sécurité) raconte comment cette jeune fille, sérieuse et sans histoire, a basculé dans l'intégrisme religieux.

Tout a débuté pour elle, comme souvent, sur les réseaux sociaux. Un message un peu désespéré laissé sur sa page Facebook et là voilà entourée de Français, Belges ou Syriens. "Là, des gens m'ont ajoutée dans leurs amis et puis ils sont venus me parler. Ils sont arrivés tout seuls, très vite", explique la jeune fille au magasine. A coups de messages sur l'islamophobie ou de photos choc d'enfants gazés, celle qui se destine à devenir infirmière se renferme sur elle-même. "Petit à petit, je me suis mise à ne plus parler à personne, ni à l'école ni à la maison, je restais dans ma chambre, volets fermés. Et je me connectais. (…)"

Convaincue par ses recruteurs d'être "l'élue" qui doit accomplir une mission, vient alors la première tentative pour se rendre en Syrie. "Ils m'ont expliqué qu'il fallait d'abord que j'aille en Turquie, que je me marie là-bas, puis que je tombe enceinte pour qu'on puisse m'emmener en Syrie avec l'enfant" (…)" Démasquée par ses parents, la jeune fille est placée sous mesures éducatives, accompagnées d'une interdiction de sortie du territoire – ce qui ne l'empêche pas de reprendre contact avec ses recruteurs djihadistes.

Conscients qu'elle ne pourrait pas quitter le territoire, ils l'incitent alors de commettre des attentats sur le sol français. "Quand on est fiché à la frontière, ils nous mettent la pression pour qu'on fasse des attentats kamikazes ou "à la Merah", poursuit l'adolescente. Jusqu'à ce que les renseignements généraux interviennent. Aujourd'hui, Léa craint que ses recruteurs la retrouvent... mais surtout que d'autres jeunes filles basculent comme elle.

Lu sur Le Nouvel Observateur

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