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Dernier débat en France avant les élections dimanche
Dernier débat en France avant les élections dimanche
©Reuters

Dernière ligne droite

Des paroles et des actes, revivez le débat pour les élections européennes entre Copé, Le Foll, Bayrou, Mélenchon, Le Pen et Jadot

Le dernier grand débat des élections européennes se déroulait ce jeudi sur France 2, dans l'émission présentée par David Pujadas, Des paroles et des actes. Les leaders de six formations politiques françaises étaient présents sur le plateau.

  • Copé a appelé à "sanctionner Hollande", Le Foll a défendu la candidature de Schulz alors que Marine Le Pen a rappelé son désir de sortir de l'Europe. Mélenchon a appelé à mobiliser "toutes les forces de gauche"
  • Les invités : Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, François Bayrou, président du MoDem, Jean-François Copé, président de l'UMP, Yannick Jadot, député européen pour Europe Ecologie-Les Verts, Marine Le Pen, présidente du Front national et Jean-Luc Mélenchon, président du Front de gauche, répondront aux questions de François Lenglet et Nathalie Saint-Cricq.
  • Que peut l'Europe face à la crise économique ? L'Union européenne est-elle une chance ou un handicap pour les Etats qui la composent ? Quels sont les enjeux ? Ce sont les thématiques qui seront abordées lors de ce débat. Les journalistes politiques, François Lenglet et Nathalie Saint-Cricq, poseront les questions aux candidats
  •  Marine Le Pen et Jean-luc Mélenchon sont apparus les plus vindicatifs quant aux grandes questions européennes. 

 

Chaque candidat a donné sa conclusion. Fin des débats

Yannick Jadot : "Aujourd'hui, c'est la troïka avec cette gouvernance économique. Harmonisons au sein de la zone euro et on aura plus de ressources." 

Jean-Luc Mélenchon : "C'est une lettre au Père Noël. La question du marché unique est centrale. Le traité qui se prépare avec les Etas-Unis va détruire l'économie de l'Europe puisqu'il y aura des normes décidées par les Américains."

Stéphane Le Foll : "Pour coordonner une politique économique européenne, il nous faut cette gouvernance. Cela tirerait la croissance vers le haut". 

Gouvernement économique européen 

Jean-François Copé : "L'essentiel des réponses ne sont pas européennes, mais françaises. C'est notre capacité à nous réformer qui pose problème. Ce ne sont pas les immigrés madame Le Pen." 

Marine Le Pen : "C'est complètement utopique. Il faut mettre en place la priorité nationale. On donne d'abord un emploi aux Français et pas à l'étranger qui est au chômage depuis des mois."

Yannick Jadot : Pour un "salaire minimum dans tous les pays européens. Indispensable pour le bien-être social dans toutes les entreprises." 

Jean-François Copé interpelle Stéphane Le Foll : "Vous baisseriez le Smic français ? ". Bayrou :  "il a raison". "Vous avez proposé aux Français de descendre le Smic". Le Foll : "personne n'a dit en France qu'il fallait baisser le salaire minimum. Il faut un salaire minimum partout en Europe."

Jean-Luc Mélenchon : "On prend par zones équivalentes en compétitivité et on fixe des objectifs communs de salaire minimum"

Stéphane Le Foll : "Il faut une politique d'harmonisation sociale. Il faut un Smic dans tous les pays européens". "C'est une progression sociale".

Economie : le SMIC européen

Bayrou et Mélenchon s'accordent : La politique la plus efficace pour lutter contre l'immigration, c'est précisément de lutter contre la misère et l'équilibre du monde", déclare le président du MoDem. "Il n'est pas vrai que nous remettront des frontières", ajoute François Bayrou, précisant qu'il s'adresse à Marine Le Pen et à Nicolas Sarkozy qui préconise une réforme de Schengen dans sa tribune. "On nous parle de l'organisation autour de Schengen, c'est une blague!" renchérit-il, déplorant la faiblesse du budget de Frontex.

Yannick Jadot : "On devrait avoir un peu d'humanité", tance Jadot.  "Nous n'avons pas politique migratoire" en Europe, déplore l'écologiste. "Aujourd'hui, on est dans un système totalement fou : laisser les pays du sud de l'Europe gérer l'immigration clandestin", relève l'eurodéputé. "Ce que vous voulez faire, Madame, c'est le repli sur soi", lance-t-il à l'adresse de Marine Le Pen. Et de rappeler que "l'Europe, s'est aussi construite sur les migrations". 

Jean-Luc Mélenchon :  "La clé, c'est l'humain d'abord", plaide Mélenchon. "Vous avez l'air de croire qu'émigrer, c'est une partie de plaisir. Mais pas du tout !" lance le coprésident du PG. "Le vrai défi de civilisation, c'est d'arrêter de déménager le monde, poursuit-il. Arrêter de mépriser les gens comme ça et de croire qu'ils se précipitent après avoir eu des discussions au bled pour savoir quel est le code social le plus avantageux." "Un monde plus juste, plus humain, ça marcherait mieux."

Jean-François Copé : Il veut réformer Schengen.  Mais le président de l'UMP ne veut pas "tout mettre sur le dos de l'Europe". "La politique de l'immigration, en fonction de par qui la France est gouvernée, ce ne sont pas les mêmes", avance-t-il, fustigeant la politique du gouvernement en la matière. "Il faut être efficace", plaide-t-il

Stéphane Le Foll : "Il y a des pays qui ne sont pas dans Schengen et qui connaisent l'immigration. C'est un faux problème. Dire que la question de l'immigration et Schengen c'est lié, ce serait nier qu'il y a des pays en Europe qui connaissent l'immigration et qui ne sont pas dans Schengen", assure le porte-parole du gouvernement. "Ceux qui veulent remettre en cause Schengen se trompent", lance-t-il, à la fois à l'adresse du FN et de l'UMP.

Schengen et l'immigration

DEUXIEME PARTIE DE L'EMISSION : LE DEBAT 

Jean-Luc Mélenchon : Où en est-le Front de gauche ? "Notre tâche est difficile car nous sommes confrontés à nos propres erreurs. Peu importe les succès de cours, d'estime. Le Front de gauche est pénétré de la terrible crise qui s'annonce vers nous : l'austérité. "Je maintiens l'objectif de passer en tête de la gauche". Sur l'euro et sa drôle de position. "Je ne veux pas qu'on fétichise la question de la monnaie. Elle n'est pas le seul moyen de caractériser la situation. Cet euro-là ne conduit nulle part et étrangle les peuples. L'euro est trop fort et il est fait pour les rentiers. Il faut donc discuter avec nos partenaires pour que la Banque centrale européenne prête des euros aux Etats pour investir. On ne fait pas l'Europe ni l'euro sans les Français. Je ne veux pas participer à la vie des Etats-Unis d'Amérique sur l'Otan ni sur le traité transatlantique." Êtes-vous européen ? "Bien sûr et je suis d'abord républicain. Je me sens humaniste partout où je vais en Europe."

Marine Le Pen : La candidate frontiste se plaint "du catéchisme de l'Union européenne".  "Une soupe indigeste", pour celle qui a dit vouloir "mettre à bas l'Union européenne". "Je veux retrouver la souveraineté législative, la souveraineté économique et sortir de Schengen", énumère Marine Le Pen, qui veut également bien entendu sortir de l'euro. "Moi, mon objectif, ce n'est pas d'être élue chef maton", lâche la présidente du FN alors qu'elle est interrogé sur la politique qu'elle mènerait si elle était élue présidente de la Commission. Le Pen compare l'UE à "une prison". "Je me bats pour donner la clé de la prison aux Français pour qu'ils puissent se libérer de l'Unions européenne", lance la patronne du Front national. "L'Europe que je veux, c'est l'Europe des nations", poursuit l'eurodéputée.

Stéphane Le Foll : Sur Martin Schulz. "C'est un choix collectif. Je lui fais confiance sur l'harmonie sociale". "Pourquoi changer de président ? Parce que Martin Schulz adopte la position de la France, plus de temps, sur le déficit budgétaire". Une mesure que prendrait Martin Schulz. "21 milliards pour la jeunesse européenne." Harmonisation fiscale."Elle doit être un objectif et ramener chacun à des niveaux moyens. Quand nous sommes arrivés, il fallait relever un pays. Chacun devra faire des efforts en Europe en matière d'impôts". Salaire des fonctionnaires européens trop élevés. "Il faut faire un effort à Bruxelles comme en France". Le PS troisième parti de France ? "L'élection européenne est toujours une élection difficile. Il y a des risques sur le populisme, mais on ne peut pas tirer d'enseignement définitif sur une élection européenne." Sur la politique de défense de l'Europe. "Il y a de gros progrès à faire pour que l'Europe soit plus présente sur les interventions étrangères". 

Yannick Jadot : Sur la transition énergétique. "S'il y a bien un domaine de relance économique de l'Europe, c'est bien les énergies. Chaque Etat sortira de son charbon ou de son nucléaire". On propose un euro citoyen pour un euro d'investissement européen." Et les enjeux de société ? "Je souhaite que l'Europe soit un projet de civilisation", fait valoir Yannick Jadot. "Ce n'est pas qu'un grand marché." Selon lui, il faut "laisser les débats grandir à l'échelle européenne". "Il faut que l'Europe soit une zone de défense des droits et de construction des droits", insiste l'élu, qui évoque notamment la question des droits des femmes. "Qu'on fasse du vivre ensemble au niveau européen", conclut-il.

Jean-François Copé : "Le fond c'est de savoir qu'est-ce qu'on veut pour l'Europe et pour la France. Nous voulons dire que les avantages de l'Europe pour la France sont supérieurs aux inconvénients."Il faut sanctionner François Hollande pour l'échec de sa politique européenne." Sur le bilan de Barroso. "Ceux qui conduisent l'Europe c'est les chefs d'Etat et gouvernements et pas le président de la commission européenne. Mieux vaut voter utile pour les candidats de l'UMP." "Je suis pour la solidarité financière à condition que tous les pays fassent des efforts". 

François Bayrou : "L'Europe c'est la seule chance des nations de notre taille, de notre histoire, de défendre ses valeurs en vivant avec ceux qui partagent les mêmes idées qu'eux. Il y a des forces puissantes qui rêvent que l'Europe se désunisse. Monsieur Poutine, qui a fait des centaines de milliards d'investissements militaires et menace de s'en servir. Les Etats-Unis, La Chine, etc, rêvent que l'Europe se disperse" En politique quand tu ne sais pas ce qu'il faut faire demande toi ce que tes adversaires voudraient que tu fasses et fait le contraire." "Si nous sommes responsables et sérieux, alors que ce qui est stratégique et ce qui concerne notre vie et peut-être notre survie, il faut que nous en gardions la maîtrise", défend le leader centriste questionné sur le possible rachat d'Alstom par General Electrics. "Au moins choisissons l'Europe, de garder sur le sol européen les centres de décisions qui nous importent le plus", argue-t-il en référence à la possible alliance du groupe français avec l'Allemand Siemens.

François Bayrou est le premier à être intérrogé face aux montées du nationalisme. N'êtes-vous pas passé à côté de l'Europe des nations. 

Un objet qui explique la conviction européenne 

Chaque intervenant a apporté un objet qui incarne sa conviction européenne. Présentation en une minute. 

Yannick Jadot :  une pomme. Pour incarner l'Europe verte. 

Jean-Luc Mélenchon : une bouteille de vin. Attachement à la civilisation délicate.

Jean-François Copé : une photo Adenauer-De Gaulle. Identité de l'UMP. 

Sthéphane Le Foll : image de Martin Schulz. Celui qui porte les couleurs de la famille socialiste à l'échelle européenne. 

Marine Le Pen : photo de l'immigration clandestine à Melilla. Echec de la politique française à maîtrioser les frontières. 

François Bayrou : une carte du monde. Choisir l'unité européenne

 

Les enjeux de ce débat

C'était la dernière chance pour convaincre. Alors que les électeurs se rendront aux urnes en France ce dimanche 25 mai, David Pujadas recevait dans un numéro spécial de "Des Paroles et des actes" les leaders des différents partis politiques français. Le coup d'envoi du scrutin européen démarre ce jeudi et cela va durer quatre jours. Dans 28 États membre de l'UE, 380 millions d'électeurs vont devoir désigner leurs 751 députés européens pour les 5 années à venir. Ce jeudi, les citoyens du Royaume-Uni et des Pays-Bas sont les premiers à être appelés aux urnes. Les bureaux de vote y ont ouvert tôt jeudi matin. Dans les deux pays, des formations populistes sont données en tête des sondages. Le Front national fait toujours la course en tête avec 23,5 % des intentions de vote, mais est talonné par l'UMP à 21 %, selon un sondage CSA pour BFM TV et Nice-Matin publié ce jeudi. L'UMP, qui se stabilise par rapport au précédent sondage CSA il y a une semaine, ressert ainsi l'écart avec le FN, qui perd un point et demi, même si la marge d'erreur d'environ 1,8 point dans les deux cas permet des surprises dimanche. Le Parti socialiste et les radicaux de gauche sont distancés avec 16 % des intentions de vote, en baisse de deux points. Suivent l'UDI-MoDem (10 %, + 1 point), Europe Écologie-Les Verts (9 %, + 1) et le Front de gauche (8 %, + 1,5), les autres listes ne dépassent pas 2 %.

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