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Le Premier secrétaire du PS Harlem Désir a qualifié de "très sévère avertissement pour la gauche" le score obtenu par le FN.
Le Premier secrétaire du PS Harlem Désir a qualifié de "très sévère avertissement pour la gauche" le score obtenu par le FN.
©Reuters

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Cantonale de Brignoles : le FN en tête, toutes les réactions des politiques

Le candidat du Front national, Laurent Lopez, est arrivé largement en tête de l'élection cantonale partielle de Brignoles (Var) dimanche. Avec 40,4% des voix, il devance l'UMP Catherine Delzers (20,8%) dans un scrutin marqué par une très forte abstention.

Dimanche, le Parti socialiste a appelé à faire "barrage au FN" au second tour de la cantonale de Brignoles (Var), après l'élimination de la gauche au premier tour. Le candidat frontiste Laurent Lopez est en tête avec 40,4% des voix. Si l'on ajoute les votes en faveur de Jean-Paul Dispard, candidat du Parti de France (9,1%), l'extrême droite totalise 49,5% des suffrages. La candidate UMP Catherine Delzers est deuxième (20,8%), et le Parti communiste sortant, soutenu par le PS, recueille 14,6% des voix. Ce scrutin est marqué par un fort taux d'abstention : 66,65% des personnes inscrites sur les listes électorales ne sont pas allées voter.

Ce que dit la gauche : 

Lundi au micro de France Infole Premier secrétaire du PSHarlem Désir a qualifié de "très sévère avertissement pour la gauche" le score obtenu par le FN. "Il faut apporter des réponses de fond à la question du vote Front national. Et c'est l'objet même de notre politique. Tout faire pour l'emploi, pour le redémarrage de l'économie."

"Quand le FN est haut, quand il est fort, on a pas le droit à la division." Et d'appeler à un front républicain au second tour pour faire "barrage" au parti de Marine Le Pen. Un position claire, contrairement, selon lui, au "ni, ni" de Jean-François Copé ou à François Fillon "qui a été jusqu'à dire que, dans certains cas, il pourrait même appeler des électeurs à voter" pour le FN. 

"Le score de l'UMP montre qu'il n'y a pas d'appétence pour l'opposition", a ajouté Harlem Désir. "La droite devrait comprendre qu'à force d'ouvrir la porte au vocabulaire et aux thématiques du FN, une partie de ses électeurs s'y engouffrent dès le premier tour."

Pour David Assouline le porte-parole du PS interrogé sur Europe 1, le score du FN est un "coup de semonce" et la preuve de la nécessité de l'unité de la gauche dès le premier tour. "Si on additionnait les voix du Parti communiste et des Verts, là on était au deuxième tour", a-t-il observé.

Comme souvent "lorsqu'il y a des partielles, elles sont défavorables, dans un premier temps en tous les cas, au pouvoir qui est en place", a tenté de minimiser le ministre du Travail Michel Sapin. Ces résultats sont aussi le reflet "d'une insatisfaction, je dirais presque une souffrance des Français par rapport à une crise dont ils ont le sentiment qu'elle perdure", a-t-il dit sur iTélé. "C'est aussi une obligation à rentrer pour nous dans l'ère des résultats."

Interrogé sur France Inter, le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon a assuré que "le principal pourvoyeur des voix du FN est à l'Elysée"."Le Front national a une capacité de mobilisation indemne d'une élection à l'autre, il retrouve ses voix" et "tout le reste s'effondre. Ceux qui votaient à gauche ne vont pas voter, traînent des pieds", a-t-il dit. Invité à choisir entre FN et UMP au second tour, il a répondu : "c'est la peste ou le choléra, [...] ils racontent les mêmes choses", ils sont "aussi anti-sociaux les uns que les autres".

Ce que dit la droite : 

Le patron de l'UMP Jean-François Copé a déclaré voir dans ces résultats la confirmation de l"'effondrement électoral de la gauche". "Une nouvelle fois, tous les candidats de la gauche sont éliminés dès le premier tour d'une élection partielle", a-t-il écrit dans un communiqué. "Cela a déjà été le cas à Villeneuve-sur-Lot, à Saint-Maur-des-Fossés, dans la 2e circonscription de l'Oise ou dans la 8e circonscription des Français de l'étranger", a-t-il rappelé.

"Le vrai vainqueur de cette élection [...] c'est l'abstention. Les électeurs de Brignoles comme beaucoup de Français ne croient plus en leurs responsables politiques", a pour sa part estimé Bruno Le Maire"Je ne passe pas de consignes de vote. Si vous voulez que les électeurs aillent aux urnes, il faut leur offrir un espoir. Il n'y a d'espoir nulle part en politique aujourd'hui", a déclaré le député UMP de l'Eure sur BFMTV.

Ce que dit le FN :

Interrogée par BFM TV sur les appels de la gauche à "faire barrage au Front national", Marine Le Pen a déclaré que "s'ils [le PS et l'UMP] sont contraints de faire un front soit-disant républicain pour faire battre le FN, ça veut donc bien dire que seuls ils ne peuvent pas le faire battre, et que donc le FN est d'ores et déjà le premier parti de France". "Election après élection la caste 'UMPS' a la même réaction : le PS vient immédiatement au soutien de l'UMP." Les choses "seraient plus claires" si les deux partis fusionnaient, a-t-elle dit. "Je leur propose le nom d'un nouveau parti : le 'ROM', 'rassemblement des organisations mondialistes", a ajouté Marine Le Pen. 

Le résultat de ce premier tour est le signe d'"une dynamique populaire autour de ce qui est le premier parti de France, le FN", a également estimé levice-président du Front national Florian Philippot. C'est "un plongeon terrible de la gauche qui s'explique par les trahisons successives", a-t-il dit sur LCI. Ce score, "c'est l'envie d'autre chose, d'autres solutions, d'un autre projet national, protecteur, patriotique et profondément républicain, qui remet les valeurs de la République comme la laïcité au centre du projet politique".

Et de dénoncer "l'union sacrée du système, des partis frères (UMP/PS)". Pour lui, l'appel de la gauche à voter UMP au second tour montre que les deux partis "sont sur la même politique". "Manifestement, la seule arme anti-FN de la gauche, c'est d'appeler à voter UMP", a-t-il ironisé.

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