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Campagne présidentielle : ces autres grosses ristournes accordées à Macron
©PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP

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Campagne présidentielle : ces autres grosses ristournes accordées à Macron

Franceinfo révèle que certaines remises conséquentes, dont a bénéficié le candidat Macron, auraient "échappé à la vigilance" de la Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP).

En avril, Mediapart et Le Monde ont révélé que certaines sociétés avaient accordé de généreuses remises à Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. Parmi ces sociétés,  GL Events, qui a octroyé à l'ancien ministre de l'Economie des réductions de 20, 30, 50 voire 100% sur certaines prestations. Après examen, la Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP) a finalement jugé que ces ristournes étaient "normales et régulières". Ce 7 juin, franceinfo révèle que "certains rabais conséquents ont échappé à la vigilance de l’autorité de contrôle".

Des salles à bas prix

Ainsi, selon franceinfo, "à deux reprises, Emmanuel Macron est monté sur la scène de théâtres parisiens, le 6 février 2017 à Bobino, puis le 8 mars au Théâtre Antoine". Les deux salles appartiennent à Jean-Marc Dumontet, qui au cours de la campagne présidentielle est "devenu proche du couple Macron", selon franceinfo. Pour les deux soirs, Emmanuel Macron a été facturé 6 000 euros. "Des prix très inférieurs à ceux habituellement pratiqués par la société de Jean-Marc Dumontet", affirme franceinfo, qui a appelé JMD Prod pour obtenir un devis pour un événement du même format qu’un des meetings d’Emmanuel Macron. "On va partir sur du 11 000 euros hors taxes (13 000 euros TTC). Après si vous voulez de la vidéo-projection ou des machins comme ça, ce sera en supplément", a déclaré au téléphone, un responsable de Bobino. En outre, le média note que "le tarif n’est pas la seule chose intrigante dans ces factures". "Aucune mention n’est faite des prestations 'obligatoires' comme l’éclairage, la régie son, la sécurité incendie, etc", écrit franceinfo, ajoutant que  la Commission des comptes de campagne a validé ces deux factures. De son côté, le propriétaire des théâtres, Jean-Marc Dumontet a indiqué à franceinfo qu’En Marche a bien négocié le prix de la location : "Ils m’avaient bloqué plusieurs dates. J’avais un peu râlé. Finalement ils sont revenus vers moi à la dernière minute, au moment où ils pouvaient négocier."

La salle de concert située dans le nord-est de Paris, la Bellevilloise a également été facturée à bas prix à Emmanuel Macron. Son équipe l'avait réservée le 2 mai 2017 "pour une soirée de campagne à laquelle le candidat ne participait pas", indique franceinfo, ajoutant que le tarif de la location est de 1 200 euros, mais la facture faisait état de "deux remises pour un total de 900 euros HT". De son côté,  Benoît Hamon, qui a également réservé la même salle pendant la campagne présidentielle, a payé 4 838,40 euros. "Non seulement Benoît Hamon ne s’est pas vu offrir les 'packs son et vidéo' comme Emmanuel Macron, mais il a tout payé plus cher : le service d’ordre, le personnel et surtout la location "brute" de la salle. Facturée 2 580 euros au candidat PS, elle n’a coûté que 200 euros (hors taxes) à son rival d’En Marche", écrit franceinfo. Une situation qui se produit à deux reprises.  Interrogée sur ce point par franceinfo, la CNCCFP, a déclaré qu’il "paraît difficile d'affirmer, que les prestations fournies à Emmanuel Macron et Benoît Hamon sont sensiblement équivalentes". Pourtant, selon franceinfo, "les factures des deux candidats comportent pourtant de nombreux points communs faciles à comparer".

La soirée sur une péniche à Lyon

Le 7 septembre 2016, une centaine de militants d’En Marche dans le Rhône se sont rassemblés sur une péniche, La Plateforme, à Lyon autour de Gérard Collomb. "Dans un premier temps, la facture de l’événement est adressée par erreur à la métropole de Lyon qui la redirige vers En Marche, qui la verse aux comptes de campagne de l’élection présidentielle", écrit franceinfo, ajoutant que le montant de la facture s'élevait à 996 euros TTC et la seule location de la salle a coûté 785 euros HT. "La facture de l’apéro des "marcheurs" de Lyon comporte une 'remise commerciale' de 1 100 euros", ajoute le média. Mais selon le catalogue de l’établissement, les prix pratiqués seraient plutôt d'ordre de 3 000 euros par soirée. Selon, le cabinet de Gérard Collomb, "ce prix catalogue de 3 000 euros" vaut "pour un événement de type mariage, de 15 heures à 4 heures du matin, un week-end, dans l’ensemble de la péniche, en incluant des prestations que nous n’avons pas sollicitées". Il ne serait donc pas comparable "avec une location de 2h30 avec en appui, une vingtaine de bénévoles d’En Marche". La CNCCFP a fait une réponse similaire à franceinfo. Mais le média affirme avoir établi un devis pour un événement fictif qui aurait lieu un soir de semaine, en septembre prochain, de 18 heures à minuit. Le prix de la location de la péniche était de 2 925 euros.

Des négociations très fructueuses

L'équipe d'Emmanuel Macron aurait même réussi à négocier une remise avec NationBuilder, le logiciel fétiche des candidats à la présidentielle 2017 qui permet de gérer un fichier de contacts militants, d'animer un site web ou d’envoyer des SMS automatiquement. Après quelques mails, la facture est passée de "74 000 dollars à 52 000 dollars", selon franceinfo, qui ajoute que "les autres candidats utilisant NationBuilder n’ont pas obtenu les mêmes niveaux de remise".

La société de design scénique Giglam and The Imagineers a également fait un geste envers le candidat Macron, en lui accordant en février 2017, "une ristourne de 2 617 euros HT sur une facture de 4 743 euros HT (5 691,60 euros TTC) (…), soit près de 36% de remise", écrit franceinfo. Ce rabais correspond "à un principe de remise commerciale que nous avons avec des organisateurs ou des professionnels de l’événement", a assuré à la Commission des comptes de campagne, le patron de Giglam, Vincent Rautureau. "La Commission n’a pas demandé, en revanche, à Vincent Rautureau s’il avait participé, de près ou de loin, à la campagne d’Emmanuel Macron. Dans un document issu des Macronleaks, son nom est pourtant cité le 24 novembre 2016, dans un projet d’organigramme", écrit franceinfo. Et de préciser que Vincent Rautureau "est aussi à la tête de Moa Consulting, un autre prestataire important de la campagne d’Emmanuel Macron". En effet, l'entreprise est à l'origine du thème musical des meetings d’En Marche.

Lu sur franceinfo

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