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Le double jeu pakistanais étalé devant un tribunal américain
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Terrorisme

Le double jeu pakistanais étalé devant un tribunal américain

A Chicago, le témoignage d'un accusé américano-pakistanais dans l'attentat de Bombay accuse le Pakistan de lutter contre le terrorisme tout en le soutenant quand ça l'arrange.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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"Le témoin a apprécié le raid contre Bombay" quand il l'a regardé à la télévision depuis le Pakistan, titre le quotidien Los Angeles Times de ce mercredi 25 mai.

David Coleman Headley, un Américano-pakistanais arrêté en 2009, est soupçonné d'avoir préparé un attentat contre le quotidien Jyllands Posten (qui avait publié les caricatures de Mahomet) et d'avoir participé à la préparation des attentats de Bombay en 2008. Témoignant devant un tribunal de Chicago, il évoque le rôle des services secrets pakistanais dans ces attentats contre l'Inde, ce qui serait une nouvelle preuve du double jeu pakistanais, qui lutterait contre le terrorisme d'un côté, mais le tolèrerait ou même le soutiendrait de l'autre quand il en a besoin.

Arrêté en octobre 2009, Headley plaide coupable. Il reconnaît avoir effectué des reconnaissances préparatoires avant les attentats menés par le groupe Lashkar-i-Taiba qui ont frappé plusieurs hôtels de la capitale économique de l'Inde faisant 166 morts dont six Américains. Et surtout, il accuse les services secrets pakistanais de l'ISI (Inter-Services Intelligence Directorate) d'avoir soutenu ce groupe. C'est un témoin clé dans le procès de Chicago, dont le principal accusé est un homme d'affaires canadien, Tahawwur Hussain Rana dont la société basée à Chicago aurait servi de couverture à ces opérations de reconnaissance des lieux des attentats.

Pour ce témoignage, Headley a négocié. Il bénéficie d'une garantie de non-extradition vers l'Inde, et il est sûr d'échapper à la peine de mort. Headley dit avoir suivi un entraînement auprès du Lashkar-i-Taiba (groupe basé au Cachemire, à la frontière entre l'Inde et la Pakistan), avant d'être recruté par un officier de l'ISI pakistanais, le major Iqbal, qui lui a donné 25 000 dollars pour aller à Bombay choisir les objectifs. L'accusation appuie les dires de Headley avec des copies d'échanges d'email et des appels téléphoniques d'Iqbal, ainsi que les vidéos tournées par Headley à Bombay lors de sa reconnaissance. Leur conversations passaient par un mobile avec un numéro new-yorkais pour éviter toute détection pendant son séjour en Inde.

Son contact lui avait même conseillé de prier sans que son front touche le sol pour éviter d'avoir une marque sur le front comme tous les musulmans très pratiquants souligne, à la Une, le quotidien Asian Age (Inde) qui publie, ce mercredi 25 mai, une photo de l'endroit où le commando, venu par la mer, a débarqué avant d'attaquer plusieurs grands hôtels de Bombay.

Selon Headley, les militaires pakistanais ont aidé les terroristes pakistanais à planifier leur attaque avec des moyens amphibies qui leur ont permis de débarquer près de Bombay avant de passer à l'attaque. L'avocat de l'homme d'affaires canadien accuse Headley d'être un manipulateur et de faire tout pour sauver sa tête.

Lu dans le Los Angeles Times

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