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Bernard Tapie était l'invité d'Europe 1 et d'iTélé ce mercredi
Bernard Tapie était l'invité d'Europe 1 et d'iTélé ce mercredi
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Bernard Tapie : "J'étais en guerre contre une banque et non avec l'Etat français"

L'homme d'affaires, mis en examen pour escroquerie en bande organisée, a contesté ce mercredi la saisie de ses biens dans un entretien à i-Télé et Europe 1.

Bernard Tapie a un talent d'orateur que personne ne pourra lui enlever. Une verve, une gouaille qui lui ont toujours servi. Déjà lors de son entretien avec David Pujadas, l'homme d'affaires avait montré toute l'étendue de son talent. Une joute verbale de vingt minutes en direct sur France 2 qu'il a réitéré ce mercredi. Invité d'Europe 1 et d'iTélé, Bernard Tapie avait cette fois-ci face à lui Jean-Pierre Elkabach et Michaël Darmon. Et encore une fois cela a été du grand Tapie !

Les journalistes ont commencé à l'interroger sur la saisie de ses biens révélée ce mercredi par Le Monde. Si le quotidien assure que seule une partie a été saisie ( à savoir deux assurances-vie souscrites en novembre 2008, les parts sociales qu'il a dans l'hôtel particulier situé rue des Saint-Pères à Paris, à hauteur de 69,3 millions d'euros et la villa à Saint-Tropez qu'il avait achetée en 2011 pour 48 millions d'euros), l'ancien ministre de la Ville affirme toute autre chose. "Ce n'est pas une part de mes biens, mais tout, qui a été saisi. Toutes mes actions du groupe, et tous mes comptes bloqués" certifie face caméras Bernard Tapie. Et de poursuivre avec colère : "Franchement, je ne savais pas que je vivais dans un pays où on pouvait exécuter des gens avant d'avoir été condamné. Et on a saisi d'avance plus que ce que j'ai touché ! L'Etat m'a versé à moi 180 millions et ils me saisissent pour 280 millions". Le ton de l'interview est donné.


Bernard Tapie, mis en examen pour escroquerie en bande organisée, conteste donc cette saisie ordonnée par les juges enquêtant sur l'arbitrage. "On ne peut pas accepter des décisions comme ça", a déclaré l'ancien ministre, âgé de 70 ans. Et d'argumenter : "J'ai hypothéqué ma maison pour l'acheter. On va se battre. Je ne vais pas me laisser faire. L'Etat a cherché à 5 reprises à annuler l'arbitrage. (...) Laissons faire la justice, elle dira la vérité. Dès aujourd'hui, je vais contester" . L'arbitrage, le mot est lancé. Il sera un des thèmes central de l'interview.

Selon Bernard Tapie, sa mise en examen pour escroquerie en bande organisée n'a servi qu'à faire en sorte de légitimer ce qu'il se passe aujourd'hui. "On voit bien qu'ils se sont réunis, les juges, le parquet: Alors qu'est-ce qu'on fait pour lui piquer ses biens ?" a-t-il ajouté. "Je ne savais pas qu'on vivait dans un pays où on peut exécuter des gens avant d'avoir été jugés", a répété Bernard Tapie, évoquant de nouveau la thèse d'un complot le visant qui serait ourdi par les socialistes. Et pour l'homme d'affaires le coupable est tout trouvé : il s'agit de Pierre Moscovici. "Moi j’étais en guerre avec une banque, pas avec l’Etat. Je ne vois pas pourquoi l’Etat français est en train de prendre les choses en main avec son ministre de l’Economie" s'est-il emporté.


Pierre Moscovici en prend donc pour son grade. Mais Bernard Tapie estime que François Hollande n'y est pour rien dans tout cette affaire." Je ne crois pas une minute que le président de la République actuel soit à la manœuvre, il laisse faire" indique-t-il. Tout comme, un peu plus tard, il innocente une nouvelle fois Nicolas Sarkozy. "Je vois encore maintenant Nicolas Sarkozy, et il ne peut plus grand chose. Et je vais ajouter une chose: mes contrôles fiscaux ne me lâchent plus depuis 2008". Une preuve suffisante selon lui pour dédouaner l'ancien président de la République.

La suite de l'interview s'étend sur d'autres thèmes, notamment celui d'un éventuel retour en politique. Si Bernard Tapie assure depuis de nombreuses années "qu'il ne reviendra pas", il reste tout de même assez impliqué. Et notamment pour "sa ville de cœur" qu'est Marseille. En clair, et comme il l'a conclu, "à 70 ans", Bernard Tapie "ne se refait pas".



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