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Le conseil général de l’Essonne a annoncé qu’il allait engager une réflexion "sur la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap"
Le conseil général de l’Essonne a annoncé qu’il allait engager une réflexion "sur la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap"
©Reuters

Handicap

Assistance sexuelle : Jérôme Guedj relance la polémique dans l’Essonne

En Europe, l'assistance sexuelle est légale en Belgique et en Suisse.

Le département de l’Essonne a relancé jeudi une proposition très controversée : la mise en place d’un statut "d’assistant sexuel" pour les personnes handicapées. Plus globalement le conseil général de l’Essonne a annoncé qu’il allait engager une réflexion "sur la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap" dont une des pistes serait, effectivement, la création d’un statut "d’assistant sexuel". Si le service voyait le jour, il s’agirait d’une première en France. "On s’occupe de l’accès aux transports, du droit au logement mais cet accès à la sexualité est un impensé total", a déclaré Jérôme Guedj, le président (PS) du département. "La formation, le cadre, tout reste à définir, à encadrer. Ensuite je ne sais pas, jusqu’où ça va aller. Est-ce que ça va aller jusqu’à l’acte sexuel ? Je ne sais pas", a toutefois tempéré le président de l’Essonne. Les conclusions de cette réflexion ne devraient toutefois pas être connues avant la fin de l’année.

"Il s’agit d’une initiative citoyenne, qui brave les interdits et les tabous", s’est réjouie Pascale Ribes, vice-présidente de l’Association des paralysés de France (APF), qui souhaite désormais "l’ouverture d’un débat public sur le sujet". "Il s’agit du dernier droit à conquérir pour les personnes en situation de handicap", a-t-elle souligné, déplorant qu’il y ait pour le moment "zéro réponse".

La proposition n’a en tout cas pas fait que des heureux. La députée PS de l’Essonne, Maud Olivier, s’est insurgée jeudi contre sa proposition, y voyant une "forme de prostitution". "Répondre d’emblée à l’isolement et aux souffrances des personnes handicapées par un service de nature sexuelle ferme le débat et porte atteinte à la dignité des personnes handicapées", a-t-elle estimé. Les féministes ont également mis en garde contre une proposition "intolérable", s’insurgeant, là aussi, contre une nouvelle "forme de prostitution". "Aujourd’hui, c’est pour les handicapés, demain ce sera pour les personnes âgées ?", s’est ainsi demandé Anne-Cécile Mailfert, porte-parole d’Osez le féminisme. "Une femme n’est pas le médicament d’un homme", a-t-elle poursuivi, rappelant que la proposition était en l’état "illégale".

En France, servir d’intermédiaire entre une personne qui se prostitue et une autre qui a recours à ses services, relève du proxénétisme. Les associations favorables à l’assistance sexuelle aux handicapés souhaiteraient une exception à la loi pénale pour l’autorisation de ces services. En Europe, l'assistance sexuelle est légale en Belgique et en Suisse.

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