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Affaire des sondages de l'Elysée : les étonnantes révélations de Patrick Buisson face aux juges
©Reuters

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Affaire des sondages de l'Elysée : les étonnantes révélations de Patrick Buisson face aux juges

L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy soutient qu'aucun appel d'offres n'a jamais été lancé et que Claude Géuant l'aurait autorisé à rédiger lui-même son contrat.

Il s'est exprimé à ce sujet pour la première fois. Patrick Buisson était convoqué par les juges le 13 octobre dernier pour s'expliquer à propos de l'affaire des sondages de l'Elysée. La justice enquête depuis 2012 sur les conditions dans lesquelles la présidence de la République a commandé des centaines de sondages sous le quinquennat Sarkozy. Le site internet de l'Obs relate la ligne de défense de l'ancien conseiller du président, qui a plusieurs fois affirmé aux juges son innocence.

Il affirme avoir été embauché par Nicolas Sarkozy, et que c'est Claude Guéant qui a fixé le budget sondage de l'Elysée à 1,5 millions d'euros. Ce dernier aurait même autorisé l’actuel patron de la chaîne Histoire a rédiger lui-même son contrat de travail avec la présidence de la République. “Tu veux une convention ? Eh bien, écris là" aurait déclaré Claude Guéant. Patrick Buisson l'admet: aucun appel d’offre n’a jamais été lancé par l’Elysée, dans le cadre des sondages. Il ajoute qu'il ne trouvait pas cela particulièrement choquant, la pratique étant de mise à l'Elysée depuis "Mac Mahon".

Il explique cependant avoir tenu à être payé par un contrat et non pas en liquide. Mais si Patrick Buisson a bien été payé via une convention, les montants (mirobolants) interpellent. Selon l'Obs, il aurait touché deux millions d’euros en deux ans. L'ancien conseiller jusitifie cette somme par le fait que Nicolas Sarkozy était “accroc” aux sondages et à son image, lui demandant chaque jour d'éplucher les journaux et de lui rendre des comptes à chaque instant. Réfutant la surfacturation, il soutient même avoir “freiné les dépenses publiques". Par ailleurs, il déclare également que l'actuel patron des Républicains lui avait confié une mission top-secret, celle de de surveiller les ministres. Le président avait également demandé à son conseiller d’éplucher les journaux, chaque jour, de veiller à son image et de lui rendre des comptes à chaque instant.

A partir de 2009, l'Elysée rompt le contrat, à la demande de la Cour des comptes. Pourtant, Buisson aurait bien continué son activité pour Nicolas Sarkozy, mais cette fois, c'était l'UMP, alors dirigé par Xavier Bertrand, qui le payait. La justice, par l'intermédiaire du juge du pôle financier Serge Tournaire, enquête depuis 2012 sur les conditions dans lesquelles l’Élysée a commandé des centaines de sondages, sous le quinquennat Sarkozy. Quelque 264 sondages auraient été commandés au cours des deux premières années de mandat, soit un tous les trois jours. Ces sondages auraient coûté neuf millions d'euros, et auraient bénéficié à neuf instituts, dont la société de conseil Publifact, dirigée par Patrick Buisson, et celle de  Pierre Giacometti, Giacometti-Peron. Les contrats auraient été passés sans appel d'offres, les enquêteurs soupçonneraient donc que des proches de Nicolas Sarkozy aient été favorisés.

En juin dernier, six anciens responsables ou conseillers de l'ancien président de la République, dont Claude Guéant, avaient été placés en garde à vue dans cette affaire. Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy ne sera pas inquiété. L'actuel président des Républicains est en effet protégé par l'immunité présidentielle, les fait s'étant déroulés alors qu'il était chef de l'Etat.

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