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Zapatero a plus été poussé vers la porte de sortie par son parti que par les Indignés...
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Porque te vas ?

Zapatero a plus été poussé vers la porte de sortie par son parti que par les Indignés...

En décidant d'avancer la date des élections législatives, le Premier ministre espagnol s'apprête à quitter le pouvoir sous la pression de son propre parti. Au risque de faire sans doute, le lit de Mariano Mariano Rajoy, un héritier d’Aznar...

Pierre Rigoulot

Pierre Rigoulot

Pierre Rigoulot est historien et directeur de l'Institut d'histoire sociale

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Atlantico : A quoi doit-on selon vous cette décision d'avancer les élections législatives ? José Luis Zapatero serait-il victime du mouvement des Indignés de la Plaza del Sol ?

Pierre Rigoulot : Non, en Espagne, le mouvement des Indignés n'occupe plus l’actualité. Et puis, pour ce mouvement d’utopistes, c’est Le système en globalité qu’il faut changer. ils condamnent une version “classique” de la politique et renvoient la gauche et la droite dos à dos ! Je crois que les Indignés, finalement, ont moins poussé Zapatero vers la porte que ses propres troupes du Parti socialiste. Zapatero a subit une forte pression de son propre parti le PSOE pour partir. Ils espèrent qu’après son départ, ils pourront se battre dans les quatre mois qui viennent, pour tenter de perdre sans trop d’écart, voire de gagner ! L’ancien ministre de l’intérieur, Alfredo Pérez Rubalcaba est censé remplacer Zapatero et sera le candidat à la présidence du Parti socialiste...


On a pu lire que Zapatero aurait accéléré les élections legislatives afin de profiter de sondages un peu meilleurs ces dernières semaines ?

C’est un frémissement. On peut plutôt dire que l’impopularité du parti socialiste a un peu diminué ! Mais les sondages ne sont pas bons. On est dans un régime de bipartisme où les écarts ont toujours été minces. Les sondages demeurent très favorables au Parti populaire.


Dans son discours de vendredi, Zapatero s’est vanté d’avoir créé 155 000 emplois...


Peut-être, mais c’est sans compter le nombre d’emplois qui ont disparu durant sa législature... On frôle encore 20% de chômage en Espagne ! C’est énorme. La situation en Espagne est catastrophique. Si elle l’était à ce point en France, nous connaîtrions une agitation beaucoup plus importante...


Pour quelles raisons ?

Les Espagnols se reposent beaucoup plus sur la famille et le franquisme a cassé le mouvement ouvrier. Enfin, culturellement, il est encore difficile en Espagne de se revendiquer du mouvement anarchiste... si l’on considère qu’il a provoqué l’intervention de Franco...

Ce départ sonne-t-il le glas de la carrière de Zapatero ?

Oui à court terme. Mais on ne peut pas dire qu’il ne reviendra pas en politique.

L’ancien ministre Mariano Jaroy, du Parti populaire (PP - droite) semble favori au poste de Premier ministre. Qui est-il ?


Il a été promu par José Aznar dont il fut ministre de l’Education et de l’Intérieur. Son style tranche avec celui  de Zapatero à qui l’opinion reprochait de ne pas être assez ferme et parfois même de passer pour le “Monsieur-tout-va-bien”... Le Galicien, Rajoy, n’a pas un charisme extraordinaire. Face à un Zapatero détendu, il aurait plutôt tendance à avoir le nez dans ses notes. Mais il tient son parti. Lors de sa conférence de presse après l’annonce de Zapatero, a insisté sur sa proposition de rénovation du domaine économique espagnol -qui en a bien besoin. Zapatero s’est beaucoup appuyé sur les travaux publics. Or si l’Espagne avait bel et bien besoin de constructions, cet investissement dans un secteur unique, s’est fait alors que le pays souffre d’un système éducatif et d’un domaine de la recherche fragiles.
Enfin, au-delà de la crise, l’Espagne est toujours soumise au problème de son “fédéralisme”. Outre les “problèmes” basque (rappelons que la ville San Sebastian est administrée par le mouvement indépendantiste) ou catalan, toutes les provinces se comportent comme des entreprises jalouses des prérogatives de l’autre. Je crois que le Parti socialiste, et Zapatero en particulier, ont beaucoup laissé faire ces régionalismes. L’Espagne peut s’inquiéter de ce qu’elle est. Avec Mariano Rajoy, on fera appel à un peu plus d’unité nationale...

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