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Yoga et scandales sexuels sont-ils intimement liés ?
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Tantrique

Yoga et scandales sexuels sont-ils intimement liés ?

La science a prouvé que la pratique de la discipline favorisait les pulsions sexuelles. Et certains en profitent.

L'image du yoga a été écornée il y a quelques semaines par les accusations proférées par de jeunes étudiantes à l'encontre de John Friend, le fondateur de l'Anasura, l'une de ses branches les plus populaires : celui-ci aurait eu des comportements sexuels "impropres", qui ont profondément choqués ses "fidèles".

Cette affaire a mis le doigt sur l'un des problèmes récurrents du yoga : il produit une quantité inhabituelle de coureurs de jupons. Ce qui ne surprend aucunement le spécialiste William J. Broad, auteur de La Science du Yoga : risques et récompensesqui explique le phénomène dans le New York Times.

Il rappelle que si les fondateurs du yoga moderne l'ont débarrassé au 20ème siècle des dimensions tantriques de ses débuts (le yoga était au départ un culte du sexe), ceux qui le pratiquent ont rapidement redécouvert que la pratique pouvait nourrir des pulsions sexuelles et intensifier l'orgasme. 

Code de bonne conduite

La science s'est penchée sur le cas pour tenter d'expliquer le phénomène  : de la respiration rapide qui alimente les parties génitales à l'afflux massif de testostérone lié à certaines positions, de nombreuses théories ont été avancées. Il apparaît en tout cas que la pratique du yoga est directement corrélée à des améliorations de la satisfaction sexuelle et émotionnelle

La multiplication des rapports sexuels entre professeurs et élèves dans les années 1990 a conduit l'Association californienne des professeurs de yoga à publier un code de bonne conduite les condamnant.

En effet, beaucoup de professeurs ont profité du phénomène pour agir en véritables gourous coureurs de jupons, et abuser leurs élèves sous le couvert de leur discipline.

Le yoga vraiment responsable ?

La prise de position de William J. Broad a été vivement contestée dans la presse américaine, qui l'accuse d'être un agent du puritanisme protégé par l'étendard de la scientificité.

Mark Momford, éditorialiste au SFGate, lui reproche par exemple d'exagérer la dimension sexuelle originelle du yoga, sans s'appuyer sur la moindre source fiable : "Peut-on résumer le catholicisme à la pédophilie et aux rapports homosexuels ?" Momford rappelle que la dimension physique et sexuelle du yoga n'est que l'un des pans d'une philosophie et d'un rapport au monde bien plus larges.

Sur le Huffington Post, le commentateur Sandip Roy relativise également la responsabilité du yoga dans la multiplication récente des scandales sexuels : "C'est un problème de naïveté, de mégalomanie, d'abus de pouvoir, mais en aucun cas un problème de yoga." 

Les accusations à l'encontre de John Friend ne se limitent d'ailleurs pas à la dimension sexuelle : il se serait également livré à un trafic de marijuana et à une confiscation des cotisations retraites de ses employés.

La réflexion de l'écrivain Lauren Jacobs sur l'affaire John Friendaboutit à une conclusion plus générale : elle pointe le problème grandissant "gourouisation des responsables religieux, éducateurs sprirituels, politiciens et même des thérapistes qui semblent autorisés à agir au-dessus des lois".

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