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Yann Moix a commencé à biberonner sur les genoux de Marc-Edouard Nabe et d'Alain Soral. Aujourd'hui il est sur les genoux de Bernard-Henri Levy…
©ERIC FEFERBERG / AFP

L'âge de raison ?

Yann Moix a commencé à biberonner sur les genoux de Marc-Edouard Nabe et d'Alain Soral. Aujourd'hui il est sur les genoux de Bernard-Henri Levy…

Il a grandi. Il a vieilli. Et il s'est assagi.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Il y eût dans les années trente un magazine d'extrême-droite d'une virulence anti-juive sans pareille : Je suis partout. Des écrivains talentueux, qui avaient en commun la haine du Juif, y collaboraient. Moix est également talentueux et, dans une autre vie, il aurait pu y écrire.

Son dernier livre Orléans est, semble-t-il, un très beau roman. Dans Atlantico, Annick Geille en dit le plus grand bien et il n'y a aucune raison de ne pas la croire. L'écrivain Yann Moix est donc estimable. L'homme Yann Moix ne l'est absolument pas. Dans Orléans, il raconte, avec une belle plume, comment son père l'a martyrisé pendant son enfance.

Le père, décrit en bourreau, a réagi, indigné. S'il a été sévère avec son fils, ce qu'il admet, c'est que ce dernier martyrisait son jeune frère. Puis, c'est le jeune frère qui s'est invité dans la polémique. Les détails qu'il donne sur ce qu'il a subi de Yann Moix sont effroyables.

Moix hait son père et son frère. Son frère le hait. Et il a balancé aux médias des textes antisémites de l'écrivain quand il avait vingt et un ans. Ça vaut Je suis partout. Un exemple parmi d'autres tout aussi abjects : "Dommage qu'Adolf n'ait pas rasé les crânes de Bernard-Henri Levy, d'André Glucksmann et d'Anne Sinclair". Depuis, Yann Moix est partout. Journaux, radios. Il dit qu'aujourd'hui, à cinquante ans, il déteste l'homme qu'il était à vingt et un. Qu'il en a honte. Et que c'est sa rencontre avec Bernard-Henri Levy qui l'a empêché de devenir une "pourriture".

Sa rédemption donc. Mais son chemin de Damas n'était pas trop long puisque le philosophe l'a amené rue des Saint-Pères où il l'a fait éditer chez Grasset. Nous ne dirons pas du mal de Moix pour ses écrits d'il y a vingt-sept ans. À l'extrême limite, ça pourrait être une affaire privée entre lui et BHL.

En revanche, nous nous souvenons que chez Ruquier, il traîna dans la boue Nadine Morano qui avait eu le malheur et la maladresse de dire que la "France est un pays de race blanche". Il lui lança alors : "la France peut être musulmane !" Yann Moix ne sait pas ce qu'est la France. Musulmane elle le sera peut-être un jour si, ce qu'à Dieu ne plaise, Moix et les siens accèdent au pouvoir…

Dans une autre émission, après avoir rendu visite aux migrants de Calais, maltraités, selon lui, par la police, il interpella deux policiers présents : "Vous vous attaquez aux faibles et aux pauvres. Mais quand il s'agit d'aller dans des endroits dangereux, vous ch… dans votre froc !" Des policiers l'invitèrent alors à aller avec eux dans les quartiers. Moix ne daigna pas leur répondre. Voilà tout le mal qu'on avait envie de dire de lui.

 
 
 

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