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Wanted : Angela Merkel, 
serial (politi)killer européenne
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Profiling

Wanted : Angela Merkel, serial (politi)killer européenne

Alors que les tensions se multiplient ces derniers jours entre la chancelière allemande et François Hollande, tous deux se retrouvent au G20, à Los Cabos. Visite dans la tête d'Angel Merkel : entre détermination à toute épreuve et défense acharnée de la rigueur, le "profiling" peut commencer... (Episode 1/3).

Pascal Ordonneau

Pascal Ordonneau

Pascal Ordonneau est l'ancien patron du marketing chez Citibank, ancien Directeur général des groupes Crédit Lyonnais et HSBC.

Il a notamment publié La désillusion, abécédaire décalé et critique de la banque et de la finance, paru aux éditions Jacques Flament en 2011.  Il publie également "Au pays de l'eau et des dieux"

Il tient également un blog évoquant les questions économiques et financières.

 

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L’étude a pour but de déterminer la dangerosité du sujet : la Chancelière Angela Merkel. Le rapport de notre profiler s’appuie sur ses propres recherches et sur le travail d’enquêteurs de terrain. Il a aussi beaucoup utilisé les écrits qui se sont multipliés depuis quelques temps sur la Chancelière. Ce travail se présente trois parties : les faits, les mobiles et les risques futurs. Voici donc la première, les faits.

C’est très clair : la Chancelière a pris position pour des choses simples qui se nomment austérité, vérité, effort. Ne pas se faire d’illusion. Il ne s’agit pas d’une posture. Les Italiens s’illusionnent en pensant à la façon de Verdi que « la dona e mobile ».  François Hollande ne peut pas se faire d’illusion et s’exclamer avec Racine : « Elle flotte, elle hésite : en un mot, elle est femme ». La Chancelière n’est ni hésitante, ni flottante, ni floutée comme une photo ratée. Les décisions qu’elle prend, la ligne qu’elle suit, tous nos enquêteurs le disent, dans tous les rapports qu’ils rédigent, ne doivent rien au hasard. C’est un choix délibéré.

La mise à mort de la Grèce n’est pas le fruit d’une sorte de colère sans raison ni fondement

On ne connait pas de voyage en Grèce d’où La Chancelière serait revenue déçue. Ne sont donc en cause, ni le désir de se venger, ni le désir de faire un exemple. La Chancelière ne veut pas aider la Grèce. Seulement un peu ! « Le peu » lui-même est voulu, pesé et calculé. On ne dira pas que l’Allemagne n’aura pas essayé. Si les Grecs ne veulent ni austérité, ni vérité ou effort, ils n’auront qu’à s’en prendre à eux-mêmes. C’est comme ça. Les Français, l’ancien et le nouveau ont essayé la compassion et le souvenir romantique. Ils ont raconté l’enfant grec aux yeux bleus (?!), la poudre et les balles, tous les grands trucs qui ont fait pleurer depuis prés de deux siècles. Rien. Rien à faire. La Chancelière dit « austérité, vérité, effort ». Nos enquêteurs le répètent sans cesse dans leurs rapports.

La Chancelièren’est pas cependant un Serial Politiker aveugle et bornée. Elle n’est pas elle-même du genre rigolo. Mais elle aime rire. Il y a des photos qui la montrent amusée, les yeux pétillants ! Un bon mot dit par Mario Monti ? Nos enquêteurs nous ont répondu que les images de sourire sont fugaces et que saisir le moment en photo est en soi une performance ! Elle n’apprécie pas les plaisanteries douteuses d’après-bière genre : « Et si les Grecs vendaient quelques iles » . On dit même qu’elle a rabroué les députés allemands qui s’étaient laissé aller à des propositions douteuses. La Chancelière est une Serial Politiker professionnelle. Les amateurs sont priés d’aller voir ailleurs.

La Chancelière a des idées et demande qu’on les respecte

Toutes nos observations concordent sur ce point. C’est ainsi que les entreprises d’électricité qui avaient cru à un coup de tête lors de la fameuse déclaration sur la sortie du nucléaire ont dû déchanter. Que les Italiens se lancent dans des aventures rocambolesques en sautant comme des gamins au-dessus d’un ruisseau tout en chantant « alea jacta est », c’est leur affaire. Ce n’est pas un mode de comportement convenable pour la Chancelière. Le « Halte au nucléaire ! » dit avec son accent prussien n’a rien à voir avec les minauderies d’Eva Joly » roucoulant de son accent tudesque. Elle est sérieuse. Elle redéfinit une politique énergétique en trois mots. Ses mots ne sont pas du type « verba volant ». Elle pourrait reprendre mot pour mot ce que disait Flaubert : « On n’écrit pas avec son cœur mais avec sa tête ». La Chancelière, au surplus, a fait des études sérieuses : c’est une scientifique, spécialisée dans le « Quantique ». Nos enquêteurs insistent beaucoup sur « quantique ». Dans son esprit tout est pensé, structuré, préparé à l’avance. On ne rigole pas.

La Chancelière, pour des raisons que nos enquêteurs n’ont pas encore bien localisées, s’acharne au « parler vrai ». Pour résumer le rapport « elle parle comme elle pense : direct, vrai, sérieux ». On a dit plus haut que les mots sont pesés et que rien n’est laissé au hasard. Ce n’est pas une attitude, une sorte de style qu’elle aurait adopté! Même ses silences en disent long.

 

Il y a la communication en bosse, le discours, et celle en creux, le silence, qui est souvent aussi l’écoute

Pour le premier, La Chancelière a rarement été prise en flagrant délit de dire n’importe quoi parce qu’il faut bien dire quelque chose. (Voir plus haut sur le « hasard »). Elle n’est pas fascinée par les jeux culturels à la Française. Donc peu de citations. Elle n’est pas très admirative de l’élocution fleurie italienne surtout quand elle s’accompagne de gestes (voir Berlusconi) ! Scientifique convaincue par la recherche du sens et de la vérité, les mots, pour la Chancelière, doivent se rapprocher le plus possible des faits et les phrases, des équations.  Sa conception de l’Europe est très proche de la vision moderne de l’univers : les Nations comme les galaxies s’éloignent les unes des autres. Il faut garder à l’esprit que ses actes politiques de Serial Politiker sont inspirées de conviction aussi fortes que les lois qui gouvernent l’univers. Constante de Planck, gravitation universelle, vitesse de la lumière.

« On ne peut pas aller plus vite que la vitesse de la lumière ». C’est l’esprit dans lequel elle construit ses discours. C’est aussi ce qui lui donne cet aspect exaspéré quand on la prend en photo écoutant le Président Hollande. On voit qu’elle regarde intensément devant elle. Est-ce parce qu’elle se retient de lui envoyer une vacherie ? Est-ce parce qu’il a essayé une comparaison du genre « L’Europe, ce n’est pas comme les neutrinos… » alors qu’il a juste fait l’ENA et qu’elle est au courant ?  C’est la partie silence. Mais on voit bien qu’écoutant, elle continue à penser et à juger à l’aune de ses idées. Si, on ne peut pas aller plus vite que la lumière, elle n’est pas loin de penser que les Français, ont trop souvent envie d’aller plus vite que la musique. Or, c’est méconnaître que La Chancelière est passionnée d’Opéra. Wagner, évidemment ! Aller plus vite que la musique est risible! Pourquoi pas Offenbach tant qu’il y est le Français!

La Chancelière parlerait vrai, serait austère, agirait en toute clarté et, surtout, parlerait d’effort et de travail. On devrait donc, dans l’avenir, attendre de ce parfait modèle de Serial Politiker, une volonté farouche d’inscrire l’Europe dans le travail, l’effort et la transparence. Conclusion hâtive. Pour approcher les risques qu’elle représente pour l’avenir,  il faut comprendre les mobiles qui l’animent. Ils ne sont pas clairs, ni transparents. L’effort et le travail dont elle se targue sont d’une nature questionnable. 

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