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Vous vous souvenez de Black M (Verdun) ? Eh bien maintenant il chante "je suis chez moi" !
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Vos papiers svp…

Vous vous souvenez de Black M (Verdun) ? Eh bien maintenant il chante "je suis chez moi" !

Le rappeur est titulaire d’une carte d’identité que nul ne lui conteste. Mais pourquoi l’exhibe-t-il autant ?

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Nous évoquions hier, et ici même, le sens de l’expression "on est chez nous". Nous avons été – confessons-le – légers, approximatifs et dépourvus de sérieux. Car nous avons négligé l'une des façons les plus belles, les plus charnelles d’être "chez soi". Celle incarnée avec fraîcheur et fougue par le rappeur Black M.

Il chante : "je suis chez moi, je suis français". Avec une telle insistance qu’on en vient à se demander s’il n’a pas un problème avec la France. Il est vrai que Black M est un grand blessé. Il a été gravement atteint à la bataille de Verdun quand, contrairement aux souhaits gouvernementaux, il a été empêché de chanter au prétexte que dans certains de ses raps il avait dit son mépris pour les "kouffars". Comment cicatriser une telle blessure sinon avec un nouveau rap ?

Ainsi, il nous faut écouter la complainte du malheureux soupirant, éconduit parce que "trop foncé". Alors que Black M aime Marianne d’un amour pur et chaste. Il voudrait l’inviter "à danser". Il la désire comme "fiancée". Il souhaite "l’ambiancer". Il veut l’emmener "manger un mafé chez sa tata". Et des fois, pris sans doute par l’émotion, il l’appelle Mariam…

A priori, la douleur de Black M est de nature à vous remuer les tripes. Et puis à force d’entendre "je suis chez moi, je suis français", un doute vous prend. Quel besoin a-t-il de le hurler ? Normalement ça va de soi et en silence. Pourquoi rappelle-t-il dans le même rap que son grand-père, un certain M. Diallo, a été tirailleur sénégalais pendant la Seconde Guerre mondiale ? C’est supposé être une carte de visite pour plusieurs générations et c’est transmissible ?

Black M est noir. Ce sont des choses qui arrivent. Il a inventé une machine à décerveler dans le but de faire croire que c’est la couleur de sa peau qui lui a valu d’être écarté des cérémonies de Verdun. Il s’agit là d’une pure escroquerie morale. Black M s’est fait, et à juste titre, jeter car il a eu à son répertoire quelques chansons parfaitement répugnantes. Il y avait certainement d’autres façons de célébrer la mémoire des centaines de milliers de morts de Verdun que de convier un mec qui ch… sur la France à cracher sur leurs tombes.

Mais Black M proteste : il aime Marianne, la fiancée de ses rêves. Là aussi il ment. Car ce qu’il veut c’est juste la sauter. Après lui avoir mis un voile sur la tête. Et l’emmener ensuite "manger un mafé chez sa tata"… Et Marianne fait sa mijaurée. Pourtant elle en a connu des amoureux. Mais elle prétend être libre de coucher avec qui elle choisit. De manger ce qui lui plaît (elle ne doit pas aimer le mafé…). De ne pas cacher son visage. Pas de doute, Marianne est raciste…

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