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Vous voulez participer aux primaires de la gauche ? Faites le test pour savoir si vous correspondez aux critères.
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To be or not to be

Vous voulez participer aux primaires de la gauche ? Faites le test pour savoir si vous correspondez aux critères.

Êtes-vous de gauche ? Êtes-vous de droite ? Bientôt, vous en aurez fini avec ces douloureuses interrogations.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Une pétition fait fureur : elle réclame, en vue de la présidentielle de 2017, une primaire à gauche. Le but de la manœuvre est clair : faire en sorte que Hollande ne soit pas candidat, son score présumé calamiteux annonçant à coup sûr l’absence d’un candidat de gauche au deuxième tour de l’élection. Il serait cependant tout à fait injuste de ramener cette manœuvre à de basses considérations politiciennes. Car elle ouvre la voie à un débat qui, depuis des millénaires, taraude l’humanité : qui sommes-nous ?

J’ai chez moi quelques vieux exemplaires du Nouvel Observateur. Un très bon cru, car à cette époque officiait au journal un type génial qui faisait des tests jouissifs et hilarants. On vous disait, en fonction de vos comportements personnels, si vous étiez de gauche ou de droite. Et rien n’était négligé pour que votre portrait idéologique soit affiné avec précision. Je regarde les résultats. Et à mon avis, il sont toujours d’actualité.

Concernant les fromages, l’homme de droite vit dans un triangle d’or constitué par le camembert, le pont-l’évêque et le livarot. L’homme de gauche, lui, voue un culte absolu aux chèvres du Sud-Ouest : chabichou, cabécou… Pour rester dans le domaine culinaire, à gauche on révère l’entrecôte rouge et la frisée à l’ail. A droite, un seul dieu : le gigot du dimanche qui peut être précédé par des escargots ou des œufs en meurette. Quand l’homme de droite part en vacances, il privilégie le bassin d’Arcachon, Hossegor et la côte vendéenne. L’homme de gauche ne jure que par l’île de Ré puisque tous les éditeurs parisiens y sont en villégiature. Il ne déteste pas pour autant le Luberon : tous les éditeurs qui ne sont pas à l’île de Ré s’y trouvent. Si l’homme de gauche est fumeur, il ne fera aucune infidélité à la Gitane ou à toute autre cigarette brune, en hommage aux habitudes tabagiques des classes populaires d’antan. L’homme de droite, lui, batifole sans problème avec les Dunhill, les Lucky Strike. En amour – si, si ! – l’homme de droite sacrifie à un des comportements les plus traditionnels : la position du missionnaire. L’homme de gauche, nécessairement plus audacieux, n’hésitera pas à s’intéresser à la levrette. Voilà pour l’essentiel. Relecture faite, je me suis dit que j’avais tout bon pour m’inscrire aux primaires de la gauche. Je suis donc allé voir les principaux signataires de la pétition pour être adoubé par eux.

Ô rage, ô désespoir ! Marie Desplechin m’a ri au nez. "Mais, mon pauvre ami, vous datez terriblement. La gauche a fait peau neuve. Vos histoires de position du missionnaire et de levrette sont d’une hétérosexualité la plus ringarde." Michel Wieviorka a été tout aussi cruel. "Ton truc d’entrecôte et de gigot, c’est complètement périmé. L’avenir porte un nom : le méchoui. C’est lui et lui seul qui nous rapprochera des populations immigrées dans le grand brassage fraternel." Hervé Le Bras m’a donné le coup de grâce : "Tu perds ton temps ici, tu n’as pas vu les cartes que j’ai faites pour le dernier livre d’Emmanuel Todd ? Tu es un catho zombie."

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