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"La difficulté aujourd'hui pour l'UMP c'est que Nicolas Sarkozy n'est pas mort."

Bal tragique à l'UMP

Vous avez aimé la guerre Copé-Fillon ? Vous adorerez le droit d'inventaire des années Sarkozy

Le parti de Jean-François Copé (et de François Fillon, et, toujours, celui de Nicolas Sarkozy) propose un nouveau spectacle. Trépignant, torride et saignant.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Avec l’UMP on ne s’ennuie jamais longtemps. La guerre de succession entre Copé et Fillon avait été une assez belle réussite. Coups bas en tous genres. Tricheries à tous les étages. Traîtrises à la chaîne. Et à la fin de la première saison du combat des chefs, un grand coup d’éponge pour laver le sang qui souillait les locaux de ce parti. Et un "ni vainqueurs ni vaincus" proclamé par les deux protagonistes.

La saison 2 s’annonce tout aussi prometteuse. Cette fois-ci, en apparence mais seulement en apparence, on ne dégaine pas pour savoir qui sera le chef. Il s’agit de quelque chose de tout à fait pacifique, genre constat d’huissier, qu’on appelle le droit d’inventaire du quinquennat Sarkozy. Ceux qui le réclament – Fillon, Bertrand, Raffarin, NKM et beaucoup d’autres - veulent, disent-ils, faire simplement le bilan des réussites et des éventuels échecs de l’ancien président. Des enfants de chœurs à qui on donnerait le bon Dieu sans confession.

La notion de droit d’inventaire a été portée sur les fonts baptismaux en 1997 par Lionel Jospin. Ce dernier voulait en finir avec le mitterrandisme. Il n’eut pas trop de mal, François Mitterrand ayant eu le bon goût de mourir avant que Jospin n’aille fouiller dans ses affaires et inventorier ses meubles. La difficulté aujourd’hui pour l’UMP c’est que Nicolas Sarkozy n’est pas mort. Même qu’il bouge encore. Et beaucoup. Alors il faut le tuer. Mais en catimini. Comme cela, mine de rien, en protestant de son amitié pour lui. Les sarkozystes, pas dupes, s’en indignent et crient que le seul adversaire de l’UMP doit être Hollande. Les uns et les autres mentent. Assez maladroitement. Car au bal des prétendantes et des prétendants ils sont nombreux à vouloir tenter leur chance pour le job de 2017. Quant à Sarkozy, relayé par les siens, il veut, bien sûr, que ce soit lui, et lui seul, qui ouvre le bal.

Les caciques de l’UMP sont des êtres humains. L’ambition personnelle fait partie de leur nature. Mais quand il n’y a plus qu’elle (et c’est ce que dit Rachida Dati qui s’y connait) c’est plutôt affligeant. On regardera donc la saison 2 du combat des chefs d’un œil circonspect. Il n’est pas du tout certain qu’elle passe longtemps en prime-time. Et puis on peut être légitimement tenté de changer de chaine. Dès lors il n’est pas du tout sûr qu’il y ait dans l’avenir une saison 3. Droit d’inventaire ? Bof ! Que pense l’UMP du droit d’inventer ?

A lire du même auteur : Le gauchisme, maladie sénile du communisme, Benoît Rayski (Eyrolles éditions, 2013).

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