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Dans le centre de Paris, le commissariat Central du 6ème arrondissement va fermer ses portes.
Dans le centre de Paris, le commissariat Central du 6ème arrondissement va fermer ses portes.
©Reuters

Et maintenant... Débrouillez-vous !

Vous appelez la police ? Ne quittez pas… Ah ! Désolé, il n’y a plus personne dans le centre de Paris !

Alors que la saison estivale est à son apogée de l'année et que les touristes se promènent dans le 6ème arrondissement de la capitale, la Préfecture de Police a annoncé fin juin que le commissariat déménagerait bientôt. Si les anciens locaux n'étaient pas en frais état, une rénovation aurait aussi bien fait l'affaire, d'autant que les 45 000 habitants ne pourront plus compter que sur une vingtaine de policiers.

Gilles Gaetner

Gilles Gaetner

Journaliste à l’Express pendant 25 ans, après être passé par Les Echos et Le Point, Gilles Gaetner est un spécialiste des affaires politico-financières. Il a consacré un ouvrage remarqué au président de la République, Les 100 jours de Macron (Fauves –Editions). Il est également l’auteur d’une quinzaine de livres parmi lesquels L’Argent facile, dictionnaire de la corruption en France (Stock), Le roman d’un séducteur, les secrets de Roland Dumas (Jean-Claude Lattès), La République des imposteurs (L’Archipel), Pilleurs d’Afrique (Editions du Cerf).

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D’ici la fin de l’année,  le commissariat Central du 6ème arrondissement fermera ses portes. Absurde. Surtout au moment où la sécurité reste au cœur des préoccupations des Parisiens. Les habitants du quartier et l’UNSA Police se mobilisent

Un serpent de mer depuis dix ans, cette fermeture du commissariat du 6ème arrondissement de Paris. Celui-là même qui jouxte la mairie et qui se trouve Place Saint- Sulpice. Mais cette fois, c’est décidé depuis la fin juin : ce commissariat central  qui compte 200 fonctionnaires va fermer. 180 d’entre eux vont rejoindre celui du 5ème arrondissement rue de la Montagne Sainte-Geneviève, tandis que 20 resteront dans les locaux de Saint -Sulpice, ravalés au rang  d’antenne de police ouverte 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Une gageure, car avec les congés –pour vacances ou maladie, un tel objectif ne pourra être tenu.

Désormais, on ne parlera plus du "6 ", mais du "56" ! D’ores et déjà, se profile, selon certaines rumeurs,  une fusion du 1er et du 2ème  et même du 3ème et du 4ème ! On dit même que certains commissariats de Seine-Saint-Denis sont appelés à se regrouper.

Pour vanter les mérites de la fusion du "5" et du "6",  la Préfecture de police  fait valoir que les deux commissariats ne sont distants l’un de l’autre que de 900 mètres… mais c’est pour préciser, à vol d’oiseau ! Sans doute, le préfet de Police a-t-il effectué ce trajet en hélicoptère ! Tout de même, dans ce quartier souvent embouteillé, très encombré surtout le samedi, sera-t-il bien judicieux, par exemple, de transporter d’un endroit à un autre, des gardés à vue, de surcroît menottés ? Certes, le 6ème arrondissement de Paris  n’est pas le plus touché par la délinquance dans la capitale, mais c’est oublier que c’est un quartier très touristique, surtout en été. Or, les 200 policiers travaillant dans le quartier ne sont pas de trop. Certes encore, ce commissariat de 400 mètres carrés se trouve à la limite de l’insalubrité, avec ses murs décrépis et ses plafonds qui prenaient l’eau… Sans doute eût- il été préférable d’y effectuer des travaux de rénovation. Eh bien, non ! Les pouvoirs publics ont préféré le transférer dans les locaux plus modernes du 5ème arrondissement. Sauf que la Préfecture de Police vient de découvrir qu’ils n’étaient pas aux normes : on a oublié de prévoir un escalier extérieur de secours obligatoire !

Dès que le projet de fermeture du 6ème a été évoqué, il y a quelques années, les syndicats de police avaient manifesté leur hostilité. Aujourd’hui, seule l’UNSA Police continue de monter au front. Soutenue par le président du comité de sauvegarde du "6", Dominique Getrey. Depuis des mois, ce consultant se bat sans relâche pour que cet arrondissement du Quartier Latin conserve son commissariat. Il n’est pas prêt de se démobiliser. A preuve, en septembre, il remettra une pétition au préfet de Police, à Anne Hidalgo, nouveau maire de Paris et à son collègue UMP de l’arrondissement, Jean-Pierre Lecoq qui a longtemps affiché une franche hostilité à ce projet de fermeture. Au secrétaire général de l’UNSA Police, Philippe Capon, qui dans une lettre du 13 décembre 2013, demandait  à l’édile quelle était sa position sur la baisse constante des effectifs au sein de la Police nationale, voilà ce qu’il répondait  le 9 janvier 2014 : "Je suis, pour ma part, très hostile à ce que le commissariat de la place Saint-Sulpice quitte les locaux de la mairie. J’ai eu l’occasion d’exprimer, tant au Préfet [de Police] qu’auprès de M. Méric, directeur des services de la Police nationale de l’agglomération parisienne, que ce commissariat demeure, d’autant plus qu’il ne donne pas lieu au paiement d’un loyer par la Préfecture de Police…" Depuis, Jean-Pierre Lecoq semble moins offensif. Une attitude que Dominique Getrey ne comprend pas, trouvant le maire aujourd’hui "très passif, résigné même."  Pourquoi un tel revirement ? Une certitude en tout cas : le bon sens n’est pas la chose la mieux partagée  par nos gouvernants. Ne se sont-ils pas aperçus que, bientôt, un quartier de Paris, comptant 45 000 habitants ne pourra compter que sur 20 policiers pour assurer sa sécurité ?

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