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Voulez-vous savoir quand la droite est entrée en agonie ? En 2010, quand Nicolas Sarkozy supprima le ministère de l'Identité nationale, qu'il avait lui-même créé !
©LIONEL BONAVENTURE / AFP

Requiem ou pas encore ?

Voulez-vous savoir quand la droite est entrée en agonie ? En 2010, quand Nicolas Sarkozy supprima le ministère de l'Identité nationale, qu'il avait lui-même créé !

Depuis, la pauvre est en soins palliatifs. Et pour ce qui est de son avenir, il faut se référer au cas de Vincent Lambert.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Sarkozy avait parfaitement compris la réalité du pays dans lequel il vivait. Il n'ignorait rien des ravages de la délinquance et de l'islamisation dans nos banlieues. Il voyait monter la haine anti-française de certains, de plus en plus nombreux. Et il prit conscience du désespoir d'une population tentée par le Front National car écœurée de constater que son identité était bafouée ou niée.

Dès son arrivée à l'Elysée, il créa un ministère de l'Identité nationale. Sachant que ces deux mots étaient sulfureux, car affublés de l'étiquette "racistes" et "xénophobes", il les enveloppa douillettement dans un papier ouaté. Et le ministère s'appela ministère de l'Intégration, de l'Immigration et de l'Identité nationale.
 
Ces précautions langagières furent balayées par une bourrasque de protestations. Des pétitions fleurirent, avec des centaines de signatures, prestigieuses pour certaines, pour dire que l'Identité nationale, c'était Vichy avec un zeste d'Hitler. Des dizaines de sociologues organisèrent des conférences pour crier leur colère contre ce ministère fasciste. Et pour couronner le tout, le conseil des droits de l'homme des nations unies (dont il est utile de rappeler que la majorité de ses membres sont arabes ou africains) décida que l'appellation "Identité nationale" était raciste.
 
Sarkozy résista un peu mais moins longtemps que la chèvre de Monsieur Seguin. Et en 2010, il capitula, supprima son sulfureux ministère. De la même façon, il renonça à sa promesse de nettoyer les banlieues au karcher. La crainte d'émeutes le fit reculer. Ainsi lui et la droite avec lui ont adopté l'idéologie compassionnelle de la gauche.
 
La droite laissa choir le drapeau tricolore. Et Marine Le Pen le ramassa. Quant à la gauche, elle l'avait abandonné depuis longtemps, lui préférant le drapeau arc-en-ciel, et le défilé de la Gay Pride à celui du 14 juillet.
 
Qu'on nous entende bien : nous ne sommes pas obsédés par les trois couleurs. Il n'y a aucune nécessité à les brandir à tout bout de champ. En temps normal, la place de ce drapeau est dans une malle où il sommeille saupoudré de naphtaline.
 
Mais nous ne sommes pas dans des temps normaux. Dans nos rues, lors de mariages bruyants, d'autres drapeaux s'agitent : ils sont algériens, marocains, tunisiens. Pourquoi dès lors ne pourrait-on pas sortir ou ressortir le drapeau tricolore ? La droite agonisante devrait y penser si elle a encore un souffle de vie, car, que l'on sache, Marine Le Pen n'a pas déposé en mairie un acte notarial attestant qu'elle est la seule et unique propriétaire du drapeau tricolore.
 
Un jour, j'étais en voiture dans la rue de Paris qui mène vers le centre de Montreuil. Une rue bardée de kebabs et de cafés arabes. Ce jour-là, il y avait un match de foot historique : l'Algérie contre l'Egypte. Les télés hurlaient. Barrant la chaussée, des jeunes avaient étendu une banderole aux couleurs algériennes. Il fallait ralentir et passer en dessous en signe de soumission. J'ai fait demi-tour pour prendre une autre rue ce qui m'a valu quelques coups de pied dans la portière. Puis j'ai appelé le commissariat de Montreuil pour leur demander de faire respecter la liberté de la circulation. On m'a répondu qu'on était au courant et on m'a demandé : "est-ce que vous voulez une émeute ?" J'ai répondu : "Une émeute, cela se mate." Nous en sommes restés là. C'était le prix à payer pour avoir la paix.  Ce prix est lourd, très très lourd…

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