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Et voici comment le frère (musulman) Amar Lasfar perdit la bataille de Nanterre…
©Reuters

Islamisme perdant

Et voici comment le frère (musulman) Amar Lasfar perdit la bataille de Nanterre…

Sur ce front-là, les raisons de se réjouir sont rares. Ne boudons donc pas notre plaisir.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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En octobre dernier, un petit prof arabe du nom de Soufiane Zitouni passait, en tant qu’accusé, devant le Tribunal correctionnel de Nanterre. Pour un petit prof arabe, le code de conduite qu’il doit respecter est tout entier contenu dans le Coran et dans l’exégèse qu’en font les Frères musulmans. Soufiane Zitouni enseignait la philosophie au lycée Averroès de Lille, un lycée musulman. Un établissement bienveillant puisqu’il accueille les jeunes filles mal reçues dans l’enseignement public pour cause de voile.

Recruté pour enseigner la philosophie conformément au programme de l’Education nationale, et non pas le Coran conformément au programme des Frères musulmans, le petit prof découvrit assez vite la marchandise frelatée qui était introduite au lycée Averroès. Un endoctrinement islamiste permanent…Un engagement anti-israélien à la limite de la frénésie…Et aussi quelques bouffées délirantes d’antisémitisme…

Ecœuré, Soufiane Zitouni démissionna et raconta ce qu’il avait vu et entendu dans une tribune publiée par Libération. Cela fit beaucoup de bruit et l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), qui couve de ses ailes douces et tièdes le lycée Averroès, et qui est l’émanation française des Frères musulmans, décida de faire un exemple. Il fallait écrabouiller Soufiane Zitouni. Le contraindre au silence. Et en tout cas montrer aux musulmans de France qui était le plus fort : l’UOIF ou le petit prof ? Le lycée Averroès porta donc plainte pour diffamation.

Au tribunal, il était plus qu’intéressant de voir le comportement d’Amar Lasfar, le plaignant. Ce dernier, patron du lycée, est également le président de l’UOIF, une puissante et riche (le Qatar est généreux avec ceux qui l’aiment…) organisation. Il n’allait faire qu’une bouchée du petit prof. Amar Lasfar bombait le torse. Se tournait de temps en temps vers ses amis, des barbus à la barbe bien taillée, qui ricanaient doucement quand le petit prof prenait la parole. Et pour assurer sa victoire, le frère Amar Lasfar avait requis le soutien de deux islamologues connus (connus surtout pour dénoncer toute critique de l’UOIF), Raphaël Liogier et Stéphane Burgat.

Et que croyez-vous qu’il arriva ? Eh bien, c’est Soufiane Zitouni qui gagna ! Il y a encore en France des juges dignes de ce nom… Amar Lasfar fut débouté. Condamné aux dépens. Et à verser 5 000 euros pour procédure abusive. Est-ce qu’il bombe encore le torse aujourd’hui ? Est-ce que ses copains barbus continuent de ricaner ?

Ils ne sont pas – et c’est heureux – chez eux en terrain conquis. Ils sont chez nous. Et la France n’est pas (même si parfois il lui arrive de l’être un tout petit peu) le Qatar, le Yémen, le Soudan. Dans sa définition de ce qu’est le "chez nous", le "heimat" en allemand, Heine parle d’une maison où il fait bon vivre. Un toit de chaume, un lit confortable, du beurre frais, un bol de lait. Et autour un jardin avec des grands arbres. Et à ces arbres, les cadavres pendus de ses ennemis. Nous sommes d’humeur pacifique : le jugement du tribunal de Nanterre nous suffit…

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