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Des agents de police en faction.
©Valery HACHE / AFP

"Délitement" de la France ?

Violences urbaines, raids barbares, guérillas djihadistes ou guerre de sécession ? 

La tribune polémique des généraux en retraite est au coeur de l’attention médiatique et politique. Le constat factuel des lanceurs d’alertes militaires semble avoir pourtant été délaissé, notamment par les membres du gouvernement.

Jean-Pierre Marongiu

Jean-Pierre Marongiu

Jean-Pierre Marongiu est écrivain, conférencier, ingénieur, expert en Management et Directeur général et fondateur du thinktank GRES : Groupe de Réflexions sur les Enjeux Sociétaux.Perpetuel voyageur professionnel, il a parcouru la planète avant de devenir entrepreneur au Qatar où il a été injustement emprisonné près de 6 ans, sans procès. Il a publié plusieurs romans et témoignages dont : Le Châtiment des Elites, Qaptif, InQarcéré, Même à terre, restez debout ! Aujourd'hui conférencier et analyste societal, il met son expérience géopolitique au service d'une approche libérale-souverainiste de la démocratie.

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« On dit d'un fleuve emportant tout qu'il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l'enserrent. » Bertolt Brecht.

Récemment, une tribune controversée émise par des généraux en retraite a focalisé l’attention médiatique et politique sur le doigt et non sur l’astre. Le débat portant sur le droit de réserve a totalement occulté le constat factuel des lanceurs d’alertes militaires.

L’apathie politique, le déni de réalité, l’aveuglement idéologique, l’activisme militant, le fanatisme humaniste ne constituent-ils pas finalement les rives canalisant un fleuve furieux vers les plaines et les champs afin de les inonder ? N’existe-t-il pas davantage de violence contre une population dans le silence de l’exécutif chargé de la protéger que dans les agressions qu’elle subit ?

Depuis plusieurs mois, les forces de l'ordre sont la cible de tirs de mortiers d'artifice dans plusieurs métropoles et quartiers populaires.

Refus d’obtempérer, agressions, attaques, guet-apens, tentatives d’homicide, assassinats sont devenus le lot quotidien des forces de sécurité.

La liste est interminable : Paris, Tourcoing, Lyon, Bron, Aubenas, Méru, Chantilly, Verdun, Lille, Clermont et Nogent-sur-Marne, Nevers, Creil, Alençon, Dijon, Grenoble, Toulouse, Angers, Montbéliard, Oyonnax, Bègles, Trappes, Pau, Compiègne, Pessac, Bordeaux, Bagnolet, Marseille…

Pour les cinq premiers mois de l’année 2021, 69 communes françaises ont connu des violences de l’ordre de l’émeute urbaine. On décompte pour la même période, 162 interventions au cours desquelles les policiers ont été confrontés à des actes de violences organisées. Ce sont les symboles républicains qui sont particulièrement visés : les policiers, les pompiers, les ambulanciers, les instituteurs. Le terme de violence urbaine utilisé par les médias est volontairement impropre. Les violences urbaines prennent pour cible indifféremment toutes les constituantes d’une population puisqu’elles sont l’expression d’une colère et d’une révolte sociétale et ne sont pas l’objet d’une stratégie globale. Ce à quoi est confrontée la France est une attaque structurée et organisée.

Les nuits de violence sporadiques, réparties simultanément sur tout le territoire national, qui se succèdent à une fréquence soutenue sont des actes de guérilla djihadiste concourant à la stratégie des mille entailles prônée par l’État islamique et ses alliés à l'étranger.

À ce niveau de multiplicité et de synchronicité, on ne peut plus parler de terrorisme, le terme étant trop vague, mais clairement d’une guerre ouverte.

Les zones urbaines à forte densité en périphérie des grandes villes revendiquent une autonomie avec les lois républicaines. Les banlieues sous contrôle des trafiquants islamisés subventionnés par la Turquie et le Qatar sont désormais hors de la juridiction de l’état de droit français.  Les lois républicaines sont empêtrées dans un enchevêtrement administratif de jurisprudences, de procédures et d’injonctions européennes qui les rendent politiquement inapplicables.

La pression médiatique véhiculant essentiellement l’idéologie progressiste et la fronde des magistrats envers le pouvoir exécutif musellent l’action des forces de sécurité. 

On ne peut, à moins d’aveuglement politique feint ou de l’ordre de la psychanalyse, nier l’équation : Immigration + Islamisme = Terrorisme.

S’il est évident que tous les immigrés ne sont pas des terroristes, tous les actes terroristes récents sont l’œuvre d’islamistes. L’amalgame récurant entre l’Islam et l’Islamisme répond au même axiome :

Tous les musulmans ne sont pas islamistes, mais tous les islamistes sont musulmans.

Dans la périphérie des villes, les territoires perdus par la République sont en réalité gagnés par les trafiquants et les islamistes. Les uns servant de protection et de financement aux autres dans une alliance visant à créer des comptoirs indépendants de l’autorité républicaine. La Police, les pompiers, le SAMU sont perçus comme la représentation de l’État, plus que cela comme une armée d’occupation. Les nuits d’émeutes à Tourcoing, la ville du ministre de l’Intérieur, sont un message clair adressé à l’exécutif.

 L’absence d’ordre républicain dans ces territoires facilite l’endoctrinement d’une jeunesse sous influence. La petite délinquance, certaine de l’impunité à ne jamais purger de peine en raison de la sous-capacité carcérale et du laxisme judiciaire, constitue le bras armé de l’islamisme.

Comme les raids barbares du 4e au 5e siècle qui eurent raison de l’Empire romain d’occident, on distingue plusieurs vagues d’attaques islamistes sur le sol national : la dernière en date depuis 2012 n’a pas cessé faisant près 272 victimes.

Ces raids visent directement les symboles laïques de l’État français et aux institutions dont la fonction est de protéger la population. L’objectif est de démontrer l’inefficacité de celles-ci, de créer la peur et le chaos nécessaires à un retrait définitif de l’ordre républicain de ces territoires.  

La France est, selon une étude internationale, le pays le plus touché par les attentats islamistes commis en Europe et en Amérique du Nord depuis la proclamation du « califat » de l'État islamique, le 29 juin 2014.

« Je me bats pour le droit à la vie paisible » Emmanuel Macron

La profession de foi pathétique d’Emmanuel Macron, le 18 avril 2021, vantant son combat pour une France paisible alors que dans le même temps à Tourcoing, la ville du ministre de l’Intérieur, la population vivait une troisième nuit de violences, est symptomatique de l’impuissance de l’État.

Évoquer le droit à la vie paisible paraît illusoire quand, en même temps, à Échirolles des appels à l’assassinat de policiers sont placardés sur les murs. Quand en même temps à Bagnolet, à Saint-Denis, à Champigny et ailleurs, les lynchages de policiers sont devenus une banalité, presque une normalité.

L’ineptie des théories du loup solitaire, du dérangement mental ou de l’action sous psychotrope.

L'euphémisme médiatique qui définit comme une attaque au couteau ce qui est pour l’assaillant un sacrifice humain est en soi une violence supplémentaire. Le rituel de l’égorgement est un acte de foi qui répond à des codes religieux, il ne s’agit pas seulement de tuer, mais d’obtenir des grâces supplémentaires dans l’au-delà, grâces multipliées durant la période de ramadan.

Attribuer, par aveuglement idéologique, à un mal-être, un dérangement mental ou une addiction, des actes criminels, contribue à la progression de cette guerre de l’intérieur. La justice de l’excuse ou des circonstances atténuantes louable et humaniste en temps de paix s’apparente en temps de guerre à un acte d’intelligence avec l’ennemi. 

En cinq ans, plus de 80 actes terroristes ont été déjoués. Le plus souvent programmées avec des moyens rudimentaires, ces attaques ne sont pas le fruit du hasard. Elles correspondent à une campagne de guérilla djihadiste orchestrée sur les réseaux sociaux, dans les mosquées radicales, dans les associations au faux-nez caritatif par des activateurs de haine. 

Les cibles sont désignées sur les réseaux sociaux par des intervenants médiatiques certains de leur impunité délivrant des messages de plus en plus violents afin d’activer les cellules dormantes que sont les individus isolés et radicalisés.

La stratégie des mille entailles, théorisée par Abou Moussab al-Souri, qui par ailleurs possède la citoyenneté espagnole par mariage, consiste à épuiser progressivement l'adversaire, vaincre sa capacité de résistance en lui infligeant une multitude de blessures jusqu'à lui faire mettre un genou à terre.

« La France est le ventre mou de l’Europe, il faut viser les juifs, les policiers, les militaires, les églises, les événements sportifs et culturels, les écoles. Il faut dresser les populations contre les musulmans et contraindre ainsi ces derniers à choisir un camp » Abou Moussab al-Souri, théoricien djihadiste.

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