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Vers le grand retour des blocs ? Ce nouvel ordre mondial qui se met en place pendant que l'Occident divisé rêve de multilatéralisme
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Nouvel Ordre Mondial

Vers le grand retour des blocs ? Ce nouvel ordre mondial qui se met en place pendant que l'Occident divisé rêve de multilatéralisme

L'assemblée générale de l'ONU est l'occasion pour chaque pays de faire valoir sa vision du monde. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'un décalage de plus en plus sérieux se creuse entre les différentes représentations.

Philippe Fabry

Philippe Fabry

Philippe Fabry a obtenu son doctorat en droit de l’Université Toulouse I Capitole et est historien du droit, des institutions et des idées politiques. Il a publié chez Jean-Cyrille Godefroy Rome, du libéralisme au socialisme (2014, lauréat du prix Turgot du jeune talent en 2015, environ 2500 exemplaires vendus), Histoire du siècle à venir (2015), Atlas des guerres à venir (2017) et La Structure de l’Histoire (2018). En 2021, il publie Islamogauchisme, populisme et nouveau clivage gauche-droite  avec Léo Portal chez VA Editions. Il a contribué plusieurs fois à la revue Histoire & Civilisations, et la revue américaine The Postil Magazine, occasionnellement à Politique Internationale, et collabore régulièrement avec Atlantico, Causeur, Contrepoints et L’Opinion. Il tient depuis 2014 un blog intitulé Historionomie, dont la version actuelle est disponible à l’adresse internet historionomie.net, dans lequel il publie régulièrement des analyses géopolitiques basées sur ou dans la continuité de ses travaux, et fait la promotion de ses livres.

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Edouard Husson

Edouard Husson

Universitaire, Edouard Husson a dirigé ESCP Europe Business School de 2012 à 2014 puis a été vice-président de l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL). Il est actuellement professeur à l’Institut Franco-Allemand d’Etudes Européennes (à l’Université de Cergy-Pontoise). Spécialiste de l’histoire de l’Allemagne et de l’Europe, il travaille en particulier sur la modernisation politique des sociétés depuis la Révolution française. Il est l’auteur d’ouvrages et de nombreux articles sur l’histoire de l’Allemagne depuis la Révolution française, l’histoire des mondialisations, l’histoire de la monnaie, l’histoire du nazisme et des autres violences de masse au XXème siècle  ou l’histoire des relations internationales et des conflits contemporains. Il écrit en ce moment une biographie de Benjamin Disraëli. 

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Atlantico : Après un discours fleuve de Donald Trump à l'Assemblée générale des nations unies, les positions américaines semblent affirmées dans un monde qui semble aujourd’hui refermer la page de la fin de la guerre froide, se structurant autour de deux blocs, entre un monde occidental mené par les Etats Unis, et un bloc composé d'un bloc nouveau; entre Chine, Russie, Iran, et d'une Turquie encore hésitante. Quel a été le processus de formation de ce "nouvel ordre mondial", en quoi est il en train de devenir une réalité ?

Philippe Fabry : L'idée des deux blocs pourrait donner faussement l'illusion que nous sommes revenus à quelque chose comme la bipolarité de la guerre froide. Ce n'est certainement pas le cas : les Etats-Unis demeurent la seule hyperpuissance mondiale ; ni la Chine, ni la Russie ne peuvent rivaliser non seulement en termes de puissance militaire globale, mais surtout en termes de réseau d'alliance : chacun de ces pays est plutôt isolé dans sa région, et cela vaut aussi pour l'Iran et, de plus en plus, la Turquie. Par ailleurs, contrairement à l'époque de la Guerre froide, ce groupe de contestataires de l'ordre international ne bénéficie pas du ressort d'une idéologie puissante permettant de séduire des partisans à l'étranger et de redouter un effet domino ; on ne séduit pas grand-monde en invoquant seulement le droit de défendre ses intérêts, voire ambitions, nationales et la realpolitik. Enfin, il faut garder à l'esprit que chacun des états appartenant à ce front contestataire de l'ordre américain, spécifiquement les deux géants russe et chinois, ont leur propre agenda et sont plutôt des alliés objectifs qu'autre chose. 

En réalité, ce à quoi l'on assiste n'est pas la formation d'un nouvel ordre mondial, c'est seulement une fronde contre l'ordre mondial existant. Quel est cet ordre mondial ? Une monarchie tempérée des Etats-Unis d'Amérique sur le monde. Je m'explique : ce à quoi nous assistons au niveau mondial depuis 1945 et la mise en place de l'ONU est parfaitement similaire à ce qui s'est passé, à une autre échelle, dans tous les grands pays d'Europe, à savoir la construction d'un Etat central par la monarchie. Partout, les monarchies européennes ont réussi à construire un Etat en dépassant la féodalité, qui est un éclatement de la puissance publique en une multitude d'acteurs. Au départ, le monarque n'était qu'un aristocrate parmi d'autres, souvent élu par un conseil de pairs, les « grands » qui gouvernaient leurs territoires de façon autonome. Le dépassement de la féodalité a été possible par la constitution d'assemblées représentatives du royaume : les Etats Généraux en France, le Parlement modèle en Angleterre, le Reichstag dans le Saint Empire, le Zemski Sobor en Russie, le Riksdag en Suède, le Rigsdag au Danemark, etc. L'institution de ces assemblées a permis partout aux princes, suzerains dans l'ordre féodal, de devenir véritablement souverains, détenteurs d'un pouvoir d'une autre nature, qui ne dépendait plus du consentement des pairs. La plupart des sujets des royaumes y trouvaient leur compte, et soutenaient généralement ce mouvement. Les grands seigneurs féodaux, en revanche, y perdaient leur autonomie et leur pouvoir, et dans toutes les histoires nationales européennes, on retrouve des périodes de fronde aristocratique, dont le souverain sortait généralement vainqueur et son pouvoir renforcé, car non seulement la défaite affaiblissait les contestataires, mais elle rappelait au reste du corps social combien l'ordre féodal était instable et dangereux, et l'ordre monarchique sûr et apaisé, ce qui facilitait de nouvelles avancées du pouvoir monarchique.

Précisément, depuis 1945, les Etats-Unis sont le prince des nations, et l'assemblée générale de l'ONU est l'assemblée représentative mondiale, les Etats-Généraux des nations du monde. Ce n'est pas un hasard si elle siège à New York, la capitale culturelle des Etats-Unis. Quand Donald Trump a commencé son discours en disant « Welcome to New York », ce n'est pas une salutation anodine : il rappelle à tous où l'on se trouve, pourquoi c'est là qu'on se trouve, et donc qui est le patron. Dans l'esprit américain, aujourd'hui, et spécifiquement depuis la victoire totale de 1991 sur le rival soviétique, tout pays du monde est un sujet des Etats-Unis. La Chine, la Russie, l'Iran, la Corée du Nord et dans une moindre mesure jusqu'à présent, la Turquie, sont des vassaux récalcitrants.

Donald Trump a commencé son discours sur un mode « la fête est finie » en disant que l'économie américaine a recouvré ses forces et que, bientôt, l'armée américaine serait plus puissante que jamais, puis a listé les frondeurs, nominalement ou par suggestion, en expliquant que les Etats-Unis veillaient au grain et que les contrevenants seraient matés. C'est un discours fondamentalement unipolaire, qui remet les pendules à l'heure à l'adresse des tenants de la « multipolarité », qui est présentée en filigrane comme un mode de gouvernement mondial instable et dangereux.  

Donc, un nouvel ordre mondial, pas vraiment. Une contestation temporaire, oui, et qui pourrait devenir bien plus violente qu'elle ne l'est actuellement, mais pas un nouvel ordre. L'ordre mondial actuel, fondamentalement, c'est la monarchie américaine appuyée sur l'ONU, et le passage de cette crise ne fera que le renforcer.

Edouard Husson : A vrai dire, la confusion est totale, dans les esprits de la plupart des dirigeants comme chez les commentateurs. Logiquement, le souverainisme de Donald Trump devrait l'amener à respecter l'expression, par l'Iran, de sa souveraineté. Et pourtant, il fait de l'accord signé par Barack Obama avec ce pays un problème; il est prêt à le remettre en cause. A l'inverse, on pourrait imaginer que les adversaires de Trump aient une attitude pacifique, en particulier vis-à-vis de la Russie. Or ils ont au contraire en tête d'abattre la puissance russe. Trump et ses adversaires politiques aux Etats-Unis cumulent donc les hostilités au reste du monde. Trump poursuit Cuba et le Venezuela, l'Iran, la Corée du Nord et, dans une moindre mesure, la Chine de sa vindicte. Le Congrès en veut à la Russie, à la Turquie et à bien d'autres pays qui n'acceptent pas le mondialisme. Alors, effectivement, on se retrouve avec une ligne de clivage entre le monde occidental, dont beaucoup des dirigeants détestent Trump mais développent un discours belliciste, contre d'autres cibles, mais très mimétique du sien. Et de l'autre des pays qui n'avaient pas forcément des intérêts communs au départ mais qui se rapprochent pour contrer la polarisation de l'autre camp. Les BRICS, l'Organisation de Coopération de Shanghai sont deux des forums où se structure "l'autre camp" dans la "nouvelle guerre froide". La Turquie ou l'Inde sont hésitantes mais très tentées d'aller vers le bloc anti-occidental. Ce qui me frappe le plus de la situation actuelle, c'est la manière dont les adversaires de Trump ne se rendent pas compte de combien ils lui ressemblent. L'hostilité généralisée des "libéraux" à la Russie est aussi polarisante que l'hostilité à l'Iran du "patriote" Trump.  Et dans le cas de la Corée du Nord, il est bien évident que les néo-conservateurs sont derrière Trump. 

Comment l'Europe peut elle s'inscrire dans ce nouvel ordre mondial ? Alors que la tradition gaulliste de la France a été de ne pas vouloir s'aligner, qu'en est il aujourd'hui ? Ou en est Emmanuel Macron dans sa volonté de retrouver une diplomatie gaullo-mitterrandienne ? 

Philippe Fabry : Le seul choix censé pour l'Europe est de ne pas se joindre au concert des frondeurs, qui ont en commun d'avoir une vision des relations internationales comme du gouvernement intérieur radicalement contraires aux valeurs européennes. Ce sont précisément les malheurs de l'Europe qui ont conduit à l'apparition de l'ONU, et les états européens constituent le noyau primordial des vassaux de l'Amérique, le pilier de son pouvoir mondial – ce que disait feu Brzezinski, d'ailleurs. 

Inversement, cependant, être le premier cercle du prince donne des devoirs, de loyauté notamment, mais aussi des privilèges. Une voix au conseil, certes – au Conseil de Sécurité pour ce qui est du Royaume-Uni et de la France – mais aussi des fonctions spéciales. La France est un auxiliaire important dans le rôle américain de gendarme du monde : on nous délègue de nombreuses missions, en Afrique notamment. C'est grâce à cela que nous tenons encore notre rang international et que nous pouvons recevoir le président américain pour le 14 juillet, entre autres. Une autre fonction spéciale envisageable est celle de médiateur : nous pouvons ainsi recevoir l'un des frondeurs, Poutine, en grande pompe afin d'engager un dialogue, ce que le souverain américain ne peut pas faire, car il doit demeurer au-dessus et ne peut pas dérouler le tapis rouge à ceux qui contestent son autorité. Ou alors, quand il le fait, il prend soin, là encore, de rappeler qui commande. Souvenez-vous de la manière  dont Barack Obama a été traité lors de son dernier voyage en Chine, privé de tapis rouge. Je pense qu'il y avait une forme de sanction dans la manière humiliante dont Trump a raconté à la presse comment il a bombardé la Syrie au moment du dessert, et l'a annoncé devant une part de gâteau au chocolat à un Xi Jinping qui a demandé à son interprète de répéter, ayant peut-être cru l'espace d'un instant que le président américain lui parlait de la Corée du Nord. 

Donc, pour en revenir à Emmanuel Macron, il me semble qu'il a bien compris ce nouveau rôle et s'emploie à le tenir depuis le début de son mandat. 

Edouard Husson : L'Europe n'existe pas comme acteur géopolitique. Et ceci, d'emblée, pour une raison très simple: il n'y a pas d'Europe acteur géopolitique sans la Grande-Bretagne ni la Russie. L'Union Européenne essaie d'exister comme une zone économique et monétaire mais sa première puissance, l'Allemagne, a laissé la Grande-Bretagne quitter l'Union et s'est brouillée  avec la Russie sur la question ukrainienne. Après plusieurs années d'absence de la scène internationale, la France retrouve, avec Emmanuel Macron, un acteur volontaire. Mais il est à craindre que l'Allemagne ne sache pas saisir la main que lui tend le président français ni sortir du dogme monétariste. L'Union Européenne va être absorbée par ses soucis internes. Et paralysée par l'illusion allemande que l'on des normes comptables ou des principes juridiques font une politique. L'Allemagne étend sa puissance sur l'Europe mais sans exercer de leadership. Nous aurons beau chercher des raisons d'espérer une nouvelle floraison de l'Union Européenne, nous allons voir plutôt le délitement de la construction. L'Allemagne s'est brouillée avec la Russie mais elle s'est aliéné aussi le soutien de la Pologne, la Hongrie et la Tchéquie. Les politiques italiens continuent de jouer leur rôle dans la comédie européenne mais en coulisse ils clament de plus en plus fort leur envie de s'emparer du directeur dui théâtre et de le baillonner tant qu'il n'aura pas réglé tout ce qu'il leur doit. Le cauchemar, pour la France, serait de se retrouver dans le tête-à-tête Paris-Berlin au sein d'une Europe croupion.  N'insultons pas l'avenir. Mais la France ne peut pas se contenter, de mon point de vue, de réclamer à l'Allemagne une refonte de l'union monétaire. Elle doit mettre d'autres exigences dans la balance: à commencer par un accord intelligent sur le Brexit. Et une réconciliation avec la Russie. C'est urgent car il faut, ensuite, que nous autres Européens pesions à nouveau sur la scène du monde. 

Dans son discours, Donald Trump a mis à l'honneur "l'Etat nation" et les "patriotes" de tous les pays, marquant une nouvelle fois son retrait de toute forme de multilatéralisme. Comment ce souhait de retour à l'Etat Nation, par opposition au multilatéralisme, s'inscrit il dans ce nouvel ordre mondial ? Peut on y voir une forme de paradoxe, alors que Chine, Russie, ou encore l'Iran semblent les plus fervents défenseurs de l'Etat nation ?

Philippe Fabry : Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un retrait de toute forme de multilatéralisme, au contraire. Dans son discours, Donald Trump a dit que l'intérêt des Etats-Unis primait pour lui, mais a aussitôt rappelé qu'il est de l'intérêt de tous les pays du monde d'avoir la concorde, la prospérité et des institutions internationales qui fonctionnent. La vision qu'il porte est donc bien celle d'un concert d'états-nations, mais sous l'égide américaine, au sein de l'ONU. 

Alors, certes, la Chine, la Russie, l'Iran se présentent comme des défenseurs de la liberté nationale, qui devrait s'épanouir dans la multipolarité. Mais précisément, cela se recoupe avec le parallèle que je faisais plus haut : lors de ses frondes contre le pouvoir monarchique, l'aristocratie a toujours mis la liberté en avant, la liberté féodale, les « bonnes coutumes » de jadis, qu'il fallait préserver. En face de cela, les monarques s'appuyaient plutôt sur la liberté des sujets, sous la protection du gouvernement monarchique. Et le second discours était généralement plus convainquant que le premier, pour la bonne raison que pour la plupart, les petits, la liberté de quelques grands signifie l'oppression. Quand la Chine et la Russie parlent de liberté nationale, cela implique leur droit à avoir une sphère d'influence, c'est-à-dire des voisins soumis. Les voisins en question, eux, préfèrent un ordre international où ils peuvent se plaindre à l'ONU et faire appel à la puissance monarchique, en l'occurrence l'armée américaine, pour les défendre. Quand les Etats-Unis disent qu'ils oeuvrent pour la liberté de navigation dans la mer de Chine méridionale, c'est exactement de cela qu'il s'agit : ils empêchent la Chine de s'imposer à ses petits voisins. Idem en Ukraine. 

Donc, en réalité, quand Trump parle de la liberté des états-nations, il faut comprendre ceux que la Chine et la Russie souhaiteraient pouvoir dominer sans que les Etats-Unis ne s'interposent avec leur « gros bâton », pour reprendre l'expression de Théodore Roosevelt , l'initiateur du mouvement vers la monarchie américaine, qui avait déclaré : « « L’injustice chronique ou l’impuissance qui résulte d’un relâchement général des règles de la société civilisée peut exiger, en fin de compte, en Amérique ou ailleurs, l’intervention d’une nation civilisée et, dans l’hémisphère occidental, [...] forcer les États-Unis, à contrecœur cependant, dans des cas flagrants d’injustice et d’impuissance, à exercer un pouvoir de police international. » Le discours de Donald Trump aux Nations Unies était tout à fait dans cette veine, et je n'arrive personnellement toujours pas à comprendre comment d'aucuns ont pu penser qu'il serait un président isolationniste. 

Edouard Husson : Le grand défi pour demain, c'est le rapprochement stratégique entre Paris et Londres. Nous saurons que le Général de Gaulle a un héritier lorsqu'un président français fera du rapprochement franco-britannique l'acte fondateur d'une nouvelle ère, tandis que s'achève le cycle amorcé par de Gaulle et Adenauer en 1963. Pourquoi la Grande-Bretagne? Parce qu'elle incarne, aujourd'hui, une vision équilibrée du retour à la souveraineté. Après trois décennies de "globalisme" et de rêve d'une gouvernance mondiale supranationale, nous sommes entrés dans l'ère de la réaffirmation des souverainetés. Et il va bien falloir que des nations démocratiques stabilisent l'aspiration à la réaffirmation des souverainetés. Le globalisme a été très déraisonnable, aussi déraisonnable, par bien des aspects, que les idéologies qui l'ont précédé: communisme et fascisme. La contradiction interne au discours de Trump - qui dit simultanément aux peuples du monde: "Soyez fiers de vos souverainetés" et "Les Etats-Unis ne respectent pas toutes les souverainetés" - est le symptôme des profonds déséquilibres qui affectent l'une des nations les plus généreuses et optimistes au monde. L'hystérie post-electorale d'une communauté washingtonienne où l'on nie, contre la démocratie, la victoire de Trump et où l'on se lance dans un néo-maccarthysme anti-russe est l'autre versant de la maladie de la souveraineté américaine. Mais avons-nous envie d'un monde qui serait dominé par la Chine? Evidemment non. Nous trouvons-nous à l'aise quand Erdogan réaffirme la souveraineté turque? N'attendons-nous pas avec impatience une transition pacifique de l'Iran vers la forme de démocratie qui conviendra à ses institutions et à sa société? La France et la Grande-Bretagne, vieux Etats souverains qui ont su faire germer la liberté en leur sein, doivent s'allier d'urgence: pour aider les Etats-Unis à entrer dans l'ère post-impériale; pour construire, avec la Russie, un pôle d'équilibre européen face à l'Asie. Pour explorer la voie d'un protectionnisme modéré, favorable à la résorption du chômage, à l'investissement éducatif et à la croissance économique. 

 

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