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Lionel Messi entrera définitivement dans l'histoire du football s'il remporte la Coupe du monde
Lionel Messi entrera définitivement dans l'histoire du football s'il remporte la Coupe du monde
©Reuters

Duel Messi-Muller

Une affiche de rêve pour un grand champion ?

Avec un pape argentin et un pape honoraire allemand, pas simple pour Dieu de choisir. Prions pour que cette finale de rêve enfante d'un grand champion !

Vincent Roger

Vincent Roger

Vincent Roger est Conseiller du 4ème arrondissement de Paris et conseiller régional d'Ile-de-France.

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Il est de bon ton de trouver génial que l'Argentine soit en finale. Il faudra que l'on m'explique en quoi elle le méritait plus que l'équipe des Pays-Bas. Surtout si on se réfère au match d'hier des Néerlandais contre les Brésiliens. Le jeu des Argentins est  assez simple : on verrouille derrière et, pour le reste, on espère que Messi porte bien son nom. Dans la prolongation de leur demi-finale,  les Argentins ont d'ailleurs semblé plus volontaires que leurs homologues bataves pour s'en remettre à la providence des tirs aux buts.

Par moment, on a le sentiment que certains commentateurs privilégient plus l'appartenance à un continent que le jeu. Par définition, les équipes Sud Américaines seraient sympathiques alors que les équipes européennes n'apparaitraient que comme des monstres froids dénués de sentiments et de beau jeu. Tout cela devient à la longue navrant, les stéréotypes en la matière ont la vie dure. Hormis la Colombie qui aurait mérité mieux avec son jeu aussi chatoyant que limpide, les équipes Sud-Américaines ont fait un bon premier tour. Et cela s'arrête là. La vindicte de la pensée unique footballistique va même jusqu'à reprocher aux Allemands d'avoir atomisé le Brésil. On peut être triste pour le peuple brésilien mais le football ne consiste-t-il pas - pardon d'en revenir de manière simpliste aux fondamentaux- à marquer des buts. Et à ce jeu là, les Allemands ont été tout bonnement impressionnants. Jugez du peu, 17 buts marqués en six matches (contre 8 pour l'Albiceleste). À la différence des Argentins, les Allemands ont déjà fait une belle Coupe du Monde. Leur football est rapide, efficace, engagé, fluide et spectaculaire. Les Neüer, Lahm, Muller, Klose ont enchanté cette 20ème édition de la Coupe du Monde. Faisant ainsi démentir l'historien Pierre Lanfranchi qui avait déclaré "le football allemand est capable de tout, sauf d'enthousiasmer". Au regard des années 80, l'actuelle équipe d'Allemagne s'est Sud-américanisée tandis que celle de l'Argentine s'est européanisée. Les Artistes ne sont plus du même côté de l'Atlantique. Messi - qui pour l'instant a fait de moins bonnes prestations que Muller- pourrait être celui qui rallume la flamme poétique du football argentin. Pas sûr que cela soit pour ce soir. 

L'Argentine a dans les heures à venir encore tout à prouver. Elle doit nous convaincre qu'elle n'est pas qu'un club de défenseurs. Elle doit enfin nous séduire. On est en effet loin de la description qu'avait du football argentin, Cesar Luis Mennotti - sélectionneur de l'Argentine championne du Monde en 1978- : " Le football défensif s'apparente à une dictature. Il asservît les esprits libres. C'est pour cette raison que nous avons adopté un jeu artistique, une protestation voilée dans le jargon du football. En hommage à notre vieille Argentine tant aimée."Outre celui de retrouver leur football légendaire, les Argentins auront plusieurs défis. Un, relever le challenge que les Allemands vont leur imposer sur le plan physique. Pas simple quand on sait que les hommes de Sabella ont un jour de repos de moins et une prolongation de plus dans les jambes. Deux, sortir d'un fond de jeux ultra défensif, face à une Allemagne qui elle développera un jeu offensif et alerte. Trois, si les Argentins jouent, dès le coup d'envoi, la séance des penalties, ils prennent le risque, face au gardien Neuer, de jouer à la roulette russe avec 5 balles dans le barillet. Dans le mythique stade de Maracana, l'affiche de ce soir le sera tout autant. Le match rentrera t-il dans le panthéon du football mondial ? À l'aube de cette troisième finale entre les deux équipes, il est difficile de prévoir le scénario. En 1986, cette opposition donna lieu à une des plus belles finales avec celle de 1970 entre le Brésil et l'Italie.

L'Argentine de Maradona l'emporta 3 à 2 face à l'Allemagne de Matthäus. Un but de Burruchaga, suite à une passe lumineuse de Maradona, conclut à la 85' un spectacle de toute beauté. 4 ans plus tard, les deux équipes se retrouvèrent pour disputer la finale, on peut l'écrire, la plus chiantissime, de l'histoire de la compétition. L'Allemagne l'emporta grâce un penalty, injustifié, à la 84´. 24 ans après pour la belle, tout est possible. Cette 20ème Coupe du monde se compare souvent à celle de 1970. Pour tenir la comparaison, il faudra que la finale en soit de même. Parions que Messi comme Muller en auront la volonté. Elle pourrait être footballistiquement divine ! Avec un pape argentin et un pape honoraire allemand, pas simple pour Dieu de choisir. Prions pour que cette finale de rêve enfante d'un grand champion ! 

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