Un nouvel Edward Snowden : le voleur de fichiers travaillait avec les pirates les plus aguerris de la NSA | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
International
Un nouvel Edward Snowden : le voleur de fichiers travaillait avec les pirates les plus aguerris de la NSA
©Reuters

THE DAILY BEAST

Un nouvel Edward Snowden : le voleur de fichiers travaillait avec les pirates les plus aguerris de la NSA

Il a été présenté comme un "second Snowden" et a travaillé avec les pirates les plus qualifiés de la NSA. Mais Hal Martin pourrait aussi avoir emporté des informations secrètes pour travailler chez lui sur sa thèse.

Shane Harris

Shane Harris

Shane Harris est correspondant pour The Daily Beast sur les questions de sécurité nationale américaine. Il est l'auteur de deux livres :  @War: The Rise of the Military-Internet Complex, et The Watchers: The Rise of America’s Surveillance State.

Voir la bio »
Nancy A. Youssef

Nancy A. Youssef

Nancy A. Youssef est une journaliste égypto-américaine. Elle est correspondante pour The Daily Beast.

Voir la bio »
Katie Zavadski

Katie Zavadski

Katie Zavadski est reporter pour The Daily Beast.

Voir la bio »

 The Daily Beast - Shane Harris, Katie Zavadski, Nancy A. Youssef

L'officier de marine en retraite arrêté pour avoir fait sortir des informations ultra sensibles de l'Agence Nationale de Sécurité américaine (NSA) a travaillé avec l’élite des pirates informatiques de la NSA, spécialisée dans l’utilisation de programmes permettant de pénétrer les systèmes informatiques de nations étrangères, selon un ancien collègue et selon son curriculum vitae en ligne.

Harold Thomas Martin III, surnommé Hal, est également doctorant de l'Université du Maryland. Cette université a un partenariat avec la NSA, qui permet à l'agence de contribuer au programme d'enseignement tout en permettant au personnel de l'agence de suivre des cours dans cet établissement.

Harold Martin a travaillé avec le service de la Tailored Access Operations Unit selon ce que des sources connaissant son profil ont dit au Daily Beast. Dans sa bio sur LinkedIn, Martin dit avoir travaillé comme "conseiller en ingénierie cybernétique pour divers programmes du ministère de la Défense et pour le milieu du renseignement".

Allen était employé par la société Booz Allen Hamilton, sous contrat avec la NSA. "Lorsque Booz Allen a appris l'arrestation d'un de ses employés par le FBI, nous avons immédiatement pris contact avec les autorités pour leur offrir notre totale coopération dans cette enquête, et nous avons licencié cet employé" souligne un communiqué de Craig Veith, vice-président de cette société. "Nous continuons de coopérer pleinement avec le gouvernement pour son enquête sur cette affaire grave."

Martin fait l’objet de deux chefs d'accusation : détournement d'informations classées secrètes et vol de biens appartenant au gouvernement. Selon le New York Times, qui a été le premier à évoquer son arrestation, le FBI cherche à savoir si Martin a volé les codes informatiques que la NSA utilise pour pénétrer dans les réseaux étrangers. Le FBI a découvert des fichiers informatiques au domicile de Martin dans le Maryland.

Le cas de Martin a immédiatement fait penser à celui d'Edward Snowden, qui a aussi travaillé pour Booz Allen Hamilton quand il a volé des documents classifiés qu'il a, ensuite, transmis aux journalistes. La NSA a mis en place des programmes dits de "détection de menaces internes", après les fuites distillées par Snowden, pour empêcher toute nouvelle fuite de ce genre. Mais on ne sait pas encore si ces systèmes ont échoué à repérer Martin ou s'il a soustrait des documents classifiés avant que ce programmes de surveillance interne ne soit mis en place.

L'avocat de Martin a dit au Wall Street Journal  "Il n'y a aucune preuve que Hal Martin avait l’intention de trahir son pays." Il n‘a pas encore été accusé d'espionnage ou d’avoir tenté de fournir des informations secrètes à un tiers ou un gouvernement étranger.

D’anciens responsables des services de renseignement, qui ont précisé ne pas avoir d’informations précises sur le cas de Martin, ont suggéré qu'il pourrait avoir emporté ces fichiers, chez lui, pour travailler sur son doctorat. 'Il est envisageable, compte tenu de son sujet de doctorat, qu'il ait voulu utiliser ce matériel pour ses recherches' explique un ancien officiel, parlant sous couvert d'anonymat.

Le directeur de la communication de l'université, Dinah Winnick, a confirmé au Daily Beast que Martin, 51 ans, était un étudiant en doctorat dans le programme des systèmes d'information, et ajouté que l'établissement n’avait pas d'autres commentaires à faire.

On ne sait pas si le thème de la thèse de Martin était reliée à son travail à la NSA, qui mettait l'accent sur les opérations de cyber-offensive. Mais la présentation du département d'Interactive Systems Research Center de l'université laisse entendre que Martin travaillait sur de ''nouvelles méthodes d'analyse à distance des architectures informatiques hétérogènes et du cloud.'' Il a publié un article sur ce thème avec son responsable de thèse présenté lors d'une conférence à Seattle en 2014.

Sa thèse, qui en est actuellement à sa quatrième mouture, comme l’indique sa home page, n’est pas accessible au public. Les membres du jury de la thèse de Martin n’ont pas répondu aux demandes de commentaires du Daily Beast.

Selon les archives de la Navy, Martin a servi pendant douze ans - quatre ans de service actif et le reste en tant que réserviste. Le point culminant de sa carrière semble avoir été son service sur le navire USS Seattle, d'avril 1989 à juillet 1992. Le Seattle un navire de soutien (fast combat support ship), a été l'un des premiers navires à arriver sur place après l’invasion du Koweit par Saddam Hussein en 1990.

Wilbur Trafton, le commandant du USS Seattle pendant cette guerre qui a permis de libérer le Koweït, a déclaré au Daily Beast ne pas se souvenir pas du passage de Martin à son bord. Un autre officier a également dit qu'il ne se souvenait pas de lui.

Le titre de Martin à l'époque était Surface Warfare Officer, une qualification large qui ne dit pas quel était son véritable travail à bord. Le Seattle a été désarmé en mars 2005.

Contactée, l’ex-femme de Martin, Marina, a refusé de parler de son ex-mari.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !