Les faits d’abord. L’euro est très cher parce que le dollar est très affaibli par la paralysie politique liée au shutdown, le blocage de la machine budgétaire pour cause de déficit excessif. Les marchés s’inquiètent des effets d’un blocage prolongé sur l’économie américaine. Ils s’inquiètent aussi d’un risque de défaut technique de paiement du trésor américain. Si à la date butoir du 17 octobre, Barack Obama n’a pas trouvé de compromis possible avec le congrès, on peut imaginer l’impensable : la mise en faillite du trésor américain. Et ceux qui expliquent aujourd’hui que ça n’est pas possible, sont les mêmes qui juraient en septembre 2008 qu'une grande banque internationale ne pourrait pas faire faillite. Donc les marchés se couvrent, ils se désengagent en dollar et se place sur des valeurs refuges. Dans la famille des valeurs refuges, il y a eu le yen pendant trois décennies, il y a le franc-suisse depuis la création du monde, et puis il y a désormais l’euro. Aussi curieux que cela puisse paraître, l’euro est entré dans le club très fermé des valeurs refuges. Pourquoi ? Parce que l’on considère que c’est une des monnaies qui a le moins de risque à court terme. L’économie n’est pas brillante mais la zone monétaire est gérée correctement par la banque centrale, c’est une zone qui a prouvé depuis trois ans qu'elle était capable de sécuriser son fonctionnement. Enfin c’est une zone où les endettements publics sont lourds mais où les capacités d’épargne sont excédentaires. Ajoutons à cela que la zone euro est une région du monde où les rendements fiscaux sont élevés. En terme très simple, l’euro inspire confiance parce que les citoyens épargnent beaucoup pour couvrir les dettes d’État et que les contribuables sont capables de payer beaucoup d’impôts.