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Bonnes feuilles

Un animal grégaire, un être docile, maladif, médiocre, l’Européen d’aujourd’hui

L'auteur Marc Halévy souligne quelques traits les plus révélateurs d'un homme et d'une œuvre philosophique hors du commun. Extrait de "Citations de Nietzsche expliquées" (1/2).

Nous voici au centre de l’anthropologie nietzschéenne. Le diagnostic claque comme un fouet sur la chair tendre. Le propos de Nietzsche est terriblement simple sans être aucunement simpliste : le christianisme, cette religion très majoritaire de l’Européen, a tétanisé l’homme en lui faisant renoncer à son destin d’homme et en le transformant en esclave de fantasmes et de croyances idéalistes qui ont tous en commun de lui interdire de s’affirmer et de se réaliser.

La force de mort contre la force de vie. L’être à genoux face à l’homme debout. L’être humble et soumis face à l’homme fier et libre.

Avec la modernité – qui n’est qu’une resucée laïque du christianisme, inscrite dans le même paradigme et la même anthropologie que celui-ci –, l’humain atteint le fond de sa sujétion. Alors que la modernité entendait libérer l’homme, elle l’a rendu esclave de lui-même, de ses idéaux : égalité, solidarité, charité, vérité, équité, socialité, et tant d’autres.

L’homme individuel est montré du doigt. L’homme aristocratique qui prétend ne dépendre de rien, ni de personne, qui proclame son autonomie, qui dédaigne la grégarité, qui répugne à la vulgarité, cet homme est condamné sans procès : il n’a pas le droit d’être lui-même, de ne croire qu’en son propre destin, de ne compter que sur ses propres forces et son propre génie.

Extrait de "Citations de Nietzsche expliquées" (Editions Eyrolles), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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