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Trop faible pour ce qu'il a de très fort; intéressant quand même
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Trop faible pour ce qu'il a de très fort; intéressant quand même

Marie De Benoist pour Culture Tops

Marie De Benoist est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

 

 

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LIVRE
 
Ashley & Gilda, Autopsie d’un couple
 
de Lucien d'Azay
 
Ed. Les Belles Lettres
 
178 p.
 
 
L'AUTEUR
 
Né en 1966, Lucien d’Azay est l’auteur d’une quinzaine de livres, dont Trois excentriques anglais (2011), Keats, keepsake (2014), Sur les chemins de Palmyre (2012) et Dictionnaire insolite de Florence (2015).
 
THEME
 
Le narrateur s’est toujours intéressé aux couples. A quarante ans, peu doué lui-même pour la vie conjugale qu’il considère comme une énigme, il a pourtant été le témoin d’un mariage heureux, un « miracle ». 
Ce chef d’œuvre éblouissant et unique, dû au talent exceptionnel de ses deux protagonistes, Ashley Stokes et Gilda Tani, noms fictifs de personnages réels, il a décidé de le dépeindre à sa manière. Il les découvre lors d’une fête à Venise : leur façon de danser est l’objet de tous les regards grâce à leurs mouvements à la fois indépendants et parfaitement coordonnés. Beauté, grâce et harmonie émanent de ce couple idéal, qui émerveille les autres, tout en suscitant la jalousie de certains. 
Sur quoi se fonde la force de cette union si évidente ? Ils sont persuadés de l’intervention du destin dans leur histoire, que ce soit au moment de leurs premières rencontres comme dans le passé commun vécu par leurs parents. 
Pour éviter la routine, ils partagent leur vie entre Venise, Florence et Londres. Leur entente parfaite ne relève pas d’un état fusionnel, ils se respectent avec pudeur tout en restant attentifs aux exigences de l’autre. 
Le destin réservera cependant un dénouement funeste à cette chorégraphie conjugale si originale !
 
POINTS FORTS 
 
• le début du livre est magnifique et prometteur : le narrateur semble envoûté par cette « œuvre d’art », il en ressent une sorte de vertige …  
• les portraits d’Ashley et de Gilda sont à la hauteur de leurs rôles : d’une beauté aristocratique, l’élégance oisive et le sourire solaire de l’un s’accordent merveilleusement avec le pouvoir magnétique des boucles blondes et le charme irrésistible de l’autre.
• Venise participe à la mythologie de ce couple idéal ; elle est décrite comme une  ville de province par un fin connaisseur, qui y habite, et qui connaît tout le monde.
• le narrateur évoque avec un certain humour les trois amis excentriques qui tournent autour de ce couple : Samantha, l’affabulatrice, Manfred, un don juan impénitent, et Toto Lo Greco, attiré par les jolis garçons.
• « l’autopsie » de ce modèle si rare de réussite conjugale permet au lecteur de nourrir sa réflexion sur le mariage par des interrogations utiles comme : comment échapper à la trivialité du quotidien, à l’enfermement possessif qui rétrécit l’espace, au relâchement inévitable, à l’excès de transparence, à la jalousie des autres ?
• des épigraphes bien choisies, en tête de chaque chapitre.
 
POINTS FAIBLES 
 
• trop de passages en anglais ou en italien non traduits, qui compliquent inutilement la lecture !
• la rencontre tardive d’Ashley et de Gilda ne les inscrit pas dans la durée : leur histoire relativement courte incite à l’idéalisation, en attribuant à leur union un caractère sacré !
 
EN DEUX MOTS 
 
Malgré les passages superbes sur ce « chef d’œuvre » choisi par Lucien d’Azay, le lecteur reste un peu sur sa faim. Il aurait aimé en savoir plus sur ces deux êtres d’exception. Seules, quelques rencontres sont évoquées. Une place trop importante est accordée au trio d’amis, beaucoup moins attachants !
 
UNE PHRASE 
 
« Les couples heureux ne sauraient se passer de leur propre mythologie, comme les religions de liturgie, de thaumaturgie, de genèse, de sanctuaires ou d’idoles. C’est sur cette mythologie que repose la foi mutuelle des amants. La perception du mystère dont elle procède les transfigure. » p.52
 
RECOMMANDATION 
 
BON
 
 

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