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Naît-on femme ou le devient-on ? 
Une question qui fait mauvais genre...
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Sexe, mensonges et idéaux

Naît-on femme ou le devient-on ? Une question qui fait mauvais genre...

Mardi dernier, 80 députés de l'UMP demandaient le retrait d'une référence à la théorie du genre sexuel dans des manuels de SVT. Depuis, la polémique continue. Retour sur certains arguments en présence.

Arthur Vivien

Arthur Vivien

Arthur Vivien est le fondateur et animateur du blog Homme Culture & Identité consacré à l'identité masculine et aux situations des garçons, des pères et des hommes dans la société. Arthur Vivien s'oppose par ailleurs à tous ceux, et toutes celles, qui veulent opposer la femme à l'homme par des actions militantes idéologisées.
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"On ne naît pas femme… on le devient." Certains socialistes font feu de tout bois dans les médias pour justifier l’idéologie du genre et confirmer sa présence dans les manuels de SVT. Et ils ne sont pas avares d’arguments approximatifs, voire fallacieux, pour appuyer le gender. Ainsi en est-il notamment de Ségolène Royal lorsqu’elle énonce sur BFMTV la célèbre phrase de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient ». Madame Royal rajoute ensuite, pour faire genre à peu de frais, que « on ne naît pas homme, on le devient ».

Le problème c’est que cette phrase n’illustre nullement l’idéologie du genre, cette phrase est une récupération grossière pour engager un rapport de force en passant complètement à côté du sujet en débat. Si l’on devait adapter la phrase de Beauvoir à idéologie du gender, cela donnerait plus précisément cela : « on naît homme puis on devient homme ou femme » ou « on naît femme puis on devient femme ou homme». Vous reconnaîtrez que cela n’est plus la même chose. A la différence de Madame Royal, Simone de Beauvoir n’a jamais fait la promotion du transsexualisme, il est connu de tous que son sujet de travail c’était la femme et son devenir.

Le féminisme gauchisant a trouvé avec le « gender » un nouveau cheval de bataille pour alimenter ses postures égalitaristes. Madame Caroline de Haas, membre de l’équipe de Madame Martine Aubry, fait tribune il y a quelques jours dans le monde pour exprimer son « point de vue » sur le sujet. En fait, un appel pour mobiliser les hommes homosexuels et une certaine intelligensia parisienne avec les gender féministes !

De nombreux hommes homosexuels qui ne participent pas au militantisme LGBT et à ses excès remettent en cause le gender car ils ont bien ressenti et compris que c’est une idéologie qui est à sa source une remise en question de l’identité masculine, et que les hommes homosexuels sont évidemment des hommes en même temps qu’ils sont homosexuels.

Aujourd’hui les réseaux lesbiens militants montrent une telle aversion pour les hommes qu’il y a là matière à un véritable travail de mise au clair des intentions. L’aversion envers les hommes des lesbiennes militantes est d’autant plus criante qu’à l’opposé certains hommes homosexuels passent leur vie à magnifier la femme. Ainsi en est-il dans l’univers de la mode : nous avons tous à l’esprit ces créateurs qui à l’issue d’un défilé n’ont pas assez de mots pour exprimer leur fascination pour les femmes. Entre les lesbiennes militantes qui agissent en sous-main au sein du LGBT et certains hommes homosexuels, il y a deux postures radicalement opposées : aversion viscérale d’un côté, et fascination de l’autre. Étrange partage des rôles qui mériterait que des professionnels de la psychologie se penchent sur le sujet.

On peut donc se poser légitimement la question du double jeu du lobby lesbien qui d’un côté participe aux structures LGBT et de l’autre promeut le gender et sa vision négative de l’homme.

De manière plus générale, et afin d’alimenter des prises de conscience sur les sujets touchant aux méthodes du LGBT, rappelons à toutes fins utiles les éléments suivants : jamais les hommes et femmes hétérosexuels ne se sont vécu comme un groupe dominant, ce que la nature permet ils l’ont saisi depuis des siècles, depuis des millénaires. Construire l’éventualité d’une classe hétérosexuelle dominante ne sert que la dialectique du LGBT.

La philosophe Sylviane Agacinski a eu l’occasion de s’exprimer sur cette question dans une tribune du Monde du 26 juin 2007 : « On ne semble pas remarquer que la revendication du « mariage homosexuel » ou de l’« homoparentalité » n’a pu se formuler qu’à partir de la construction ou de la fiction de sujets de droit qui n’ont jamais existé : les « hétérosexuels ». C’est en posant comme une donnée réelle cette classe illusoire de sujets que la question de l’égalité des droits entre « homosexuels » et « hétérosexuels » a pu se poser. Il s’agit cependant d’une fiction, car ce n’est pas la sexualité des individus qui a jamais fondé le mariage, ni la parenté, mais d’abord le sexe, c’est-à-dire la distinction anthropologique des hommes et des femmes ».

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