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Terrorisme : quel impact sur la présidentielle ? Le sondage qui révèle les préoccupations des Français à 48h du vote et au lendemain de l’attentat des Champs-Elysées
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Terrorisme : quel impact sur la présidentielle ? Le sondage qui révèle les préoccupations des Français à 48h du vote et au lendemain de l’attentat des Champs-Elysées

A peine 24h après l'attentat des Champs Elysées, le dernier baromètre Ifop pour Atlantico révèle que la sécurité et la lutte contre le terrorisme sont désormais la première préoccupation des Français, à égalité avec la lutte contre le chômage.

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

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Atlantico : Quels sont les principaux enseignements que l'on peut tirer de ce sondage ? 

Jérôme FourquetNous sommes là sur une série de deux terrains d'enquête très rapprochés qui visent, dans la dernière ligne droite de la campagne, à essayer d'évaluer le plus précisément possible l'impact de l'attentat de ce jeudi sur les Champs-Élysées, et de la tentative d'attentat déjoué en début de semaine à Marseille. Ces deux événements constituent une même séquence, qui a replacé la thématique de la menace et de la lutte contre le terrorisme à l'agenda. L'objectif est donc de voir si ces événements ont eu un impact sur l'opinion publique, et si oui, dans quelle mesure.

Si l'on regarde les résultats de la première question sur la hiérarchie des enjeux, on voit que par rapport à une enquête réalisée début mars où la question de la lutte contre le chômage surclassait la lutte contre le terrorisme de 10 points, le paysage a évolué. En effet, à la suite des deux événements survenus cette semaine, la menace terroriste a grimpé de 9 points en tant qu'enjeu prioritaire des Français, égalant désormais la lutte contre le chômage. Cela s'est fait au détriment d'autres thématiques comme le pouvoir d'achat, la protection sociale, le réchauffement climatique, et l'amélioration de la situation à l'école. Si l'on regarde en termes de niveaux, nous ne sommes pas revenus à ceux de décembre 2015, juste après l'attentat du Bataclan et avant les élections régionales, et encore moins à ceux de l'été 2016. Néanmoins, les thématiques sont aujourd'hui plus bataillées. Le dernier terrain d'enquête ayant été réalisé à chaud, il n'est pas impossible que cette dynamique puisse être confortée suivant les informations qui seront dévoilées au fur et à mesure de l'enquête d'ici demain.

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Pour ce qui est de la perception de la menace terroriste, on constate, là aussi, qu'à la suite des deux événements de la séquence survenue cette semaine (attentat déjoué à Marseille et attaque des Champs Élysées), celle-ci a augmenté : + 5 points sur l'item "perception de la menace terroriste très élevée" après les événements de Marseille et + 11 points suite à l'attaque des Champs Élysées. On remarque donc qu'enl'espace de quelques mois, la menace terroriste, qui n'avait pas disparue des esprits mais un peu reléguée au second plan, revient très fortement dans l'esprit des Français. Quand on regarde comment nous nous situons par rapport aux précédentes enquêtes, on voit que nous sommes revenus au niveau de celles réalisées à la fin de l'année 2016 après une série d'arrestations en France et l'attentat de Berlin ; nous sommes également proches de l'état de l'opinion après les attentats d'Orlando et de Magnanville alors que les niveaux mesurés en février montraient que l'on commençait à respirer un peu.

Concernant l'impact de deux événements à caractère terroriste survenus cette semaine sur le 1er tour de la présidentielle, on peut remarquer que l'impact n'est pas aussi fort qu'en décembre 2015, au moment où avaient eu lieu les élections régionales. Si l'on se fie à ce précédent scrutin, on avait constaté une prime de l'ordre de 2 à 3 points en faveur du FN suite aux attentats. D'une manière plus globale, 8% du corps électoral français déclarait avoir changé d'intention de vote suite aux attentats. Nous sommes cette fois dans des attentats qui sont beaucoup moins lourds en termes de bilan humain – même s'il ne faut pas relativiser ce qui s'est passé jeudi soir –, mais néanmoins, nous sommes à 72 heures d'un scrutin. Les élections régionales, elles, avaient eu lieu plusieurs semaines après les attentats du 13 novembre 2015. Ces derniers avaient, bien sûr, profondément choqués l'opinion, même si cette dernière avait eu alors le temps de digérer les événements. Dans le cas actuel, l'élection présidentielle va avoir lieu véritablement à chaud de la dernière séquence terroriste qui fait dire aux Français que la menace terroriste est omniprésente et multiforme. Au regard des chiffres dont nous disposons et des comparaisons avec les précédentes élections se déroulant dans un contexte d'attaque terroriste, il est possible que les événements de cette semaine aient un impact dans les urnes dimanche, mais peut-être pas d'une ampleur aussi marquée et importante que cela avait été le cas en décembre 2015. 

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