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Syrie comme économie, le président qui peinait à convaincre
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Dans le dur

Syrie comme économie, le président qui peinait à convaincre

L’intervention de François Hollande sur TF1 devait essentiellement être consacrée à la Syrie. Mais entre l'accord russo-américain et l'adoption d’une résolution à l’ONU, l'exercice s'est compliqué.

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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La Syrie n’est pas le Mali et le mot punition ne fait pas partie du vocabulaire diplomatico-militaire de l’heure. Le président de la République, qui voulait punir Bachar el-Assad, en a eu la démonstration en s’engageant dans ce dossier de "l’Orient compliqué". Aussi, hier soir, François Hollande s’est employé à convaincre que c’est la "pression de la France et des États-Unis qui a convaincu la Russie de prendre une initiative diplomatique, et c'est tant mieux". Mais autour de la table de négociation, il n’y avait que les Russes et les Américains ! Petite ou grande satisfaction pour Paris (l’avenir le dira), avant l’ONU, John Kerry sera à Paris aujourd’hui : les Etats-Unis cultivent leur alliance avec la France et … la Grande-Bretagne, en dépit du retrait forcé de David Cameron d’une éventuelle coalition militaire après le désaveu du Parlement britannique ! François Hollande, qui n’a reçu ni blanc seing ni camouflet du Parlement qu’il n’a pas consulté sur une éventuelle intervention armée ( rien ne l’y obligeait !) s’efforce de cultiver l’image de l’homme "déterminé et intraitable" sur la question de l’utilisation d’armes chimiques en affirmant que "la sanction militaire doit demeurer sinon il n’y a pas de contrainte… en cas de non-application de l'accord". Cette menace doit, selon François Hollande, figurer dans la dans le texte de la résolution de l’ONU, qui devrait être adoptée dans la semaine. Ce sera un test pour mesurer l’influence réelle de la France dans le règlement de cette crise, mais aussi un "marqueur" pour François Hollande qui préconisait des frappes graduées sur des objectifs syriens. Pour pouvoir dire un jour : "J’avais raison ?"


Fiscalité, politique, braquages !


L’interview s’est transformée en tour d’horizon général de rentrée, mais pour les questions fiscales, les choses ne sont pas non plus arrêtées : à la surprise générale, les grandes lignes du budget 2014 ont été dévoilées par le Premier ministre mercredi dernier, alors que le budget ne sera arrêté que le 25 septembre. Certaines rumeurs faisaient état de la nécessité de rassurer les marchés. La question a été épargnée au chef de l’Etat. Dans ce tour d’horizon, François Hollande ne pouvait échapper aux questions politiques du moment, séquence au cours de laquelle François Hollande s’est souvenu de sa fonction passée d’ancien premier secrétaire du PS et où il s’est glissé dans la peau du patron de la majorité : la saillie de François Fillon sur le "ni-ni" a été l’occasion pour lui de rappeler qu’il n’a pas hésité ( ni regretté ) à appeler à voter pour Jacques Chirac le 21 avril 2002. Quant aux menaces des Verts de quitter le gouvernement s’ils n’obtiennent pas satisfaction sur la fiscalité écologique, elles ont presque fait sourire l’ancien patron du PS rompu à la négociation avec ces turbulents alliés et d’appréhender avec une certaine sérénité "l’ultimatum" gesticulatoire posé par les amis de Cécile Duflot.


Au chapitre inévitable de la fiscalité et des augmentations d’impôts en général, le chef de l’Etat a tenté de rassurer en affirmant qu’il n’y aura pas de nouvelle taxes en 2014. Les contribuables ne subiront "que l’augmentation de la TVA et celle du quotient familial". L’ennui, c’est que cette promesse avait déjà été faite l’an passé et que le fisc ( voire Bruxelles ), n’a pas dit son dernier mot . Heureusement pour les uns, malheureusement pour ceux dont les projets seront gelés, l’Etat fera beaucoup d’économies qui ne manqueront pas de faire grincer des dents ici ou là.


Il a bien sûr été question du drame de Nice : "la Justice, rien que la Justice !" dit-il. On ne pouvait attendre autre chose, mais François Hollande a saisi l’occasion pour déclarer que "l’Etat mettra tous les moyens en œuvre pour la sécurité des Français et prendra des mesures pour assurer la protection des bijoutiers." Des promesses qui se veulent rassurantes alors que se multiplient les braquages , mais dont on attend , comme pour les autres , la concrétisation ! Sans augmentation de la pression fiscale, bien sûr !

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