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Il sera conseillé à un tel gagnant de placer une partie de son gain en biens professionnels afin d’échapper à l’ISF. A cet égard, il pourrait aussi devenir un amateur éclairé d’art.
Il sera conseillé à un tel gagnant de placer une partie de son gain en biens professionnels afin d’échapper à l’ISF. A cet égard, il pourrait aussi devenir un amateur éclairé d’art.
©Reuters

Euromillions

Super cagnotte de 140 millions d'euros : mais que faire d'une fortune en cash à l'heure des taux zéro, des assurances vie menacées et des impôts massues ?

Si l'Euromillion fait un gagnant, ce dernier devra, du fait d'un environnement incertain, diversifier ses comptes et ses assurances-vie entre plusieurs banques et zones géographiques.

Philippe Crevel

Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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Atlantico : Ce mardi 4 octobre, le jackpot Euromillions pourrait rapporter jusqu'à 141 millions d'euros, soit le 3e plus gros gain de l'histoire de la lotorie en France. Pour l'heureux gagnant, en quoi les taux actuels pourraient-ils s'avérer être un casse-tête ? Avec une telle somme, est-il encore possible d'investir à moindre risque tout en pouvant compter sur un rendement ?

Philippe Crevel : L’éventuel heureux gagnant de l’Euro-Millions du 4 octobre sera confronté à des problèmes de riches. Si son gain est exonéré d’impôt, il devra à partir de sa réception payer non seulement des impôts et des prélèvements sociaux sur les revenus qu’il génère mais aussi les impôts sur le capital. Compte tenu des niveaux des différents prélèvements, notre gagnant devra payer un ou plusieurs conseillers pour au mieux réduire sa facture fiscale et choisir les meilleurs placements. Il pourra être amené à s’expatrier mais il devra alors payer l’exit-tax. Hormis ce petit détail, il devra prendre en compte la baisse des rendements. Il y a encore trois à quatre ans, en plaçant les 140 millions en fonds euros à 3 %, il pouvait sans peine se retrouver avec un revenu annuel de 4,2 millions d’euros imposés à 23 % (prélèvements sociaux plus prélèvements libératoires de 7,5 % s’il avait un contrat d’assurance-vie de 8 ans). Il aurait donc pu rester 3,2 millions d’euros net d’impôts sur l’année.

En 2016, le rendement sera autour de 2 % pour les fonds euros mais aucun assureur n’acceptera qu’il place l’ensemble de ses 140 millions sur un fonds euros. Il lui demandera de placer une part conséquente sur des placements dits à risque. S'il refuse d’opter pour les unités de compte, cet heureux gagnant pourra opter pour les livrets bancaires rémunérés à moins de 0,5 %, aux comptes à terme, aux OPC obligataires très faiblement rémunérés… En outre, il supportera une fiscalité qui pourra dépasser 60 %.

Quelles sont les problématiques d'investissement qui se posent ? Avec l'inquiétude soulevée actuellement par la situation de Deutsche Bank, le gagnant n'a-t-il pas intérêt à se prémunir du risque bancaire ? De quelle manière ?

La diversification. Un tel gagnant sera avisé d’avoir plusieurs banques voire de jouer en toute légalité sur plusieurs pays. Il pourrait choisir d’avoir des comptes et des assurances-vie au Luxembourg. Il pourra ainsi avoir accès à des contrats multi-devises et bénéficier de garanties supplémentaires par rapport au droit français. Il pourra réfléchir à ouvrir un compte en dollars ou en livres sterling. Diversification dans les établissements et dans les monnaies, certes, mais aussi dans les zones géographiques et les secteurs d’activité.

Dès lors, quelles sont les solutions offertes dans une telle situation ? Le nouvel investisseur n'est-il pas contraint de prendre un maximum de risque dans un environnement incertain ? 

Avec 140 millions d’euros, l’heureux gagnant doit commencer par se faire plaisir et s’offrir quelques bons moments… Après, il devra concilier rendement / sécurité / liquidité. Il devra certainement réfléchir à la manière d’investir dans des activités pouvant générer des revenus récurrents. Il pourrait opter pour des établissements pour personnes âgées dépendantes ou des start-up spécialisées dans les biotechnologies ou les nanotechnologies en fonction de son appétence aux risques. Il lui sera conseillé de placer une partie de son gain en biens professionnels afin d’échapper à l’ISF. A cet égard, il pourrait aussi devenir un amateur éclairé d’art. Il pourra également penser à créer des résidences hôtelières qui bénéficient d’un régime fiscal attractif. Pour réduire l’ISF, le recours de l’assurance-vie pourra être également utile. En effet, en effectuant des rachats, il pourra minimiser ses revenus et bénéficier du plafonnement de l’ISF. En effet, les rachats ne sont pas considérés comme des revenus.

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