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Stéphane Treppoz.
Stéphane Treppoz.
©Sarenza

Série de l'été : ces échecs qui mènent au succès

Stéphane Treppoz - Sarenza : "Parce qu’ils avaient signé un contrat, j’ai cru qu’ils s’engageraient à le respecter"

Stéphane Treppoz prend en 2007 la tête de la start-up Sarenza, acteur de la vente en ligne de chaussures, à l'époque au bord du dépôt de bilan. Mais avant d'atteindre les 150 millions d'euros de chiffre d'affaires que l'entreprise connaît aujourd'hui, l'entrepreneur s'est retrouvé confronté à la déloyauté de ses actionnaires.

Stéphane Treppoz

Stéphane Treppoz

Diplômé d'HEC, il est aujourd'hui le dirigeant du spécialiste de la vente en ligne de chaussure, Sarenza. 

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Quand j’ai pris les rennes de Sarenza le 10 mars 2007, la société était dans une situation catastrophique, proche du dépôt de bilan. Les actionnaires s’étaient engagés à apporter 3,1 millions d’euros de capital à mon arrivée afin que nous puissions avoir l’argent nécessaire pour redresser l’entreprise. C’était une condition à ma prise de fonction chez Sarenza. Mais le 11 mars, le jour où ils devaient nous apporter l’argent, ils nous ont dit : "la boîte est foutue, nous ne donneront rien et il faut déposer le bilan". Nous nous sommes donc retrouvés sans argent pour payer les fournisseurs, et la seule façon ne ne pas déposer le bilan était de trouver un nouvel actionnaire prêt à mettre de l’argent. En un weekend j’ai néanmoins réussi à convaincre un investisseur de nous aider à hauteur de 300.000€ et finalement nos actionnaires initiaux ont complété le montant qu’il manquait. S’en sont suivis six longs mois difficiles, mais au final, l’entreprise a été sauvée.
 

"Attaquer un gros fonds d’investissement en justice serait bien trop compliqué"
 

La raison de ce risque de faillite imminent réside dans le fait que j’ai accordé une confiance trop importante aux actionnaires, pensant qu’ils honoreraient leur contrat et verseraient effectivement les 3,1 millions d’euros en temps voulu, lorsque j’arriverais chez Sarenza. J’ai cru que parce qu’ils avaient signé un papier devant des avocats, ils s’engageraient à le respecter. Naïf, je n’avais pas réalisé qu’attaquer un gros fonds d’investissement en justice aurait été bien trop compliqué et long ; or nous avions besoin du cash rapidement. 
 

"Le seul qui a le pouvoir, c’est celui qui a le contrôle du capital de l’entreprise"
 

Je vois aujourd’hui cette erreur de jugement comme un cours accéléré de droit des affaires et de capitalisme financier : s’il n’y a bien que les écrits qui comptent, ils doivent être accompagnés concomitamment, d’un changement de main des biens ou de l’argent en jeu. Alors certes, il y a des personnes d’honneur qui tiennent leurs promesses et leurs engagements, mais elles sont rares ! Ce que j’ai appris c’est que le seul qui a le pouvoir, c’est celui qui a le contrôle du capital de l’entreprise. La phrase d’Albert Frère résume bien cette idée : "Un petit actionnaire minoritaire est un petit con, un gros actionnaire minoritaire est un gros con". C’est pourquoi je conseillerais à tous les entrepreneurs qui le peuvent, de conserver le contrôle de leur entreprise, et donc de leur destinée. Et pour cela, il faut impérativement faire en sorte que le rapport de force soit en leur faveur, en se rendant indispensables.

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