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Les salariés de Leroy Merlin protestent contre les décisions de justice interdisant à leurs employeurs d’ouvrir le dimanche et après 21heures.
Les salariés de Leroy Merlin protestent contre les décisions de justice interdisant à leurs employeurs d’ouvrir le dimanche et après 21heures.
©Reuters

L'interview Atlantico Business

Stéphane Fustec - CGT Commerce : "L'opinion publique n'a pas tous les éléments en main sur le travail du dimanche et de nuit"

Les "Bricoleurs du dimanche", collectif qui rassemble des employés volontaires de Leroy-Merlin et de Castorama, a été reçu mercredi par un membre du cabinet de Jean-Marc Ayrault. Ces salariés protestent contre les décisions de justice interdisant à leurs employeurs d’ouvrir le dimanche et après 21heures. Pour Stéphane Fustec de la CGT Commerce, à l’origine des recours devant les tribunaux, il s’agit avant tout de protéger les salariés.

Atlantico Business : Fermetures de Sephora, Castorama, Leroy-Merlin, Monoprix... Comprenez-vous qu'une partie de l'opinion publique assimile cela à de l'acharnement ?

Stéphane Fustec : Nous comprenons tout à fait l'opinion publique parce qu'elle n'a pas tous les éléments en main sur le problème du travail le dimanche ou du travail de nuit. Nous regrettons d'ailleurs que les médias se focalisent systématiquement sur l'angle économique alors que l'on peut examiner le travail du dimanche sous bien d'autres prismes. Notamment celui de la santé au travail qui me semble le thème fondamental. J'ajoute que notre décision de faire fermer les Monoprix avant 21 heures s'appuie sur 53% des scrutins pour la CGT aux élections dans cette entreprise. C'est bien beau de mettre quelques jeunes vendeuses qui n'ont pas d'enfants devant les caméras et qui sont prêtes à faire quelques sacrifices mais je pense qu'elles ne tiendront pas le même discours dans quelques années.

Pourtant au niveau local certains syndicats, dont le votre,  ont signé des accords dans le sens inverse de votre position. La réalité du terrain vient-elle contredire vos principes ?

Parfois oui mais c'est très différent d'une région à l'autre. Dans les centrales syndicales, il y a parfois des différents, je pense à Marseille où FO a signé un accord dérogatoire permettant l'ouverture des commerces en ville. Il faut un dialogue social ancré dans la proximité pour que l'on regarde là où l’on peut faire bouger les curseurs.  

Que répondez-vous à ces salariés qui veulent travailler tard le soir ou le dimanche et qui vont perdre en salaire ?

Je dis qu’on les comprend mais on leur dit aussi que le rôle social des syndicats c'est de protéger les travailleurs. Ce n'est pas parce qu'aujourd'hui on a perdu sur les questions de pouvoir d'achat qu'il faut forcement se dire « violons les lois qui protègent la santé des travailleurs pour gagner plus », c'est quand même problématique d’en venir là On comprend que de façon épidermique un jeune puisse dire "moi on m'empêche de faire des études" mais j'indique que l'on propose d'autres choses pour les étudiants qui sont obligés de travailler pour financer leurs études.

Vous dites vouloir faire appliquer la loi, si elle évolue, votre position suivra ?

Non pas forcement. On respecte la loi mais notre positon est ferme. On le sait le travail de nuit ce n'est pas bon pour la santé. On ne peut pas accepter aujourd'hui de monnayer un an ou deux de sa vie pour gagner un peu plus. Si la loi change, ce sera surement plus compliqué mais comme des tas de positions syndicales qui ne sont pas forcément dans l'air du temps. Sur ce dossier, nous avons encore du pain sur la planche mais nous ne sommes pas du tout dans une offensive médiatique. On n'a pas du tout déclenché ce cycle de décisions de justice, c'est le hasard qui a rapproché ces décisions. C'est un travail de fourmi que l'on fait depuis bien longtemps.

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