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M. Le Président, les start-ups françaises ont besoin d’aide !
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e-G8

M. Le Président, les start-ups françaises ont besoin d’aide !

Face à l’impérialisme des sociétés américaines sur Internet, les start-ups françaises sont à la peine. Bien que certaines d'entre elles soient de véritables références en France, leur succès ne dépasse pas le cadre de l'Hexagone. Fabrice Le Parc, fondateur de Smartdate, propose des solutions pour que la France trouve sa place sur la Toile

Fabrice Le Parc

Fabrice Le Parc

Fabrice Le Parc est un entrepreneur, diplômé de HEC Paris en 1999. Pendant onze ans il a travaillé dans le web avant de devenir une figure de proue de la rencontre en ligne. En avril 2010 il fonde Smartdate, un site de rencontres en ligne à la croissance la plus importante du marché. 

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Aucune start-up française n’est devenue un hit planétaire. La France (ou même l’Europe) accouchera-t-elle un jour d’un Google, d’un Facebook, d’un Twitter ?

Oui, nous avons de belles success stories locales que nos médias glorifient comme des prophètes, mais elles peinent à s’exporter. Si l’on prend l’exemple de deux fondateurs omniprésents dans nos journaux et de leur réussite « made in France »: Meetic est devenu leader en Europe en rachetant les marques locales qu’il a parfois du garder et devait être racheté par le leader mondial, l’Américain match.com, mais ne l'a finalement pas été. Vente Privée a une présence embryonnaire hors de France et son récent partenariat avec American Express était sa seule voie pour une internationalisation. 

Pourquoi les Américains parviennent-ils à installer leurs produits web universellement, et pas une seule entreprise européenne, encore moins française ?

Nous sommes pourtant capables de créer des champions internationaux dans d’autres secteurs, les L’Oréal, Danone, LVMH, Accor…Alors que dans le web, Criteo est vite parti du 11e arrondissement pour l’eldorado de la Silicon Valley et, dans les années 90, Business Objects avait du suivre le même chemin pour devenir un leader mondial.

Les Etats-Unis sont seuls sur le terrain de l’innovation – la Chine, malgré son poids démographique et le phénomène de mode chez les investisseurs, est pour l’instant simplement capable de sortir des copycats destinés à son marché intérieur.

Pour l’anecdote, j’avais d’abord écrit ce billet en anglais.

Cela m’avait semblé naturel : l’anglais est notre lingua franca dans le « web ». D’ailleurs, qui dirait je travaille dans les « Nouvelles Technologies », euh, dans une « Jeune Pousse » ? En plein cœur de Paris, on communique chez Smartdate en anglais, comme avec la plupart de nos partenaires. Un mail à mon « Board » (Conseil d’Administration en français) est cryptique pour les non-initiés, à coups de « scaler », « R2FO », « team meeting», « BP updaté»… On lit Techcrunch, Business Week, Wired, en anglais, les conférences se tiennent à Paris en anglais (Le Web, TED…). Récemment, un candidat français m’a déclamé avec un accent à faire frémir son « action plan », car il ne savait pas (plus) exprimer ses idées en français. Des amis français commentent mes publications sur Facebook ou mes tweets en anglais, tenus comme moi par la peur qu’un étranger n’entende pas leur bonne parole.

Il est temps de comprendre que la suprématie américaine dans notre secteur est un vecteur fort d’impérialisme culturel, sans doute plus que la TV et les films désormais.

J’ai eu la chance de participer à l’e-G8 les 24-25 mai et on m’a demandé de penser à quelques propositions pour rendre les start-up françaises plus compétitives au niveau mondial, et comment elles pouvaient émerger sans devoir se relocaliser aux Etats-Unis.

Les 8 propositions que j'ai faites seront perçues comme utopistes, injustes ou irréalisables par beaucoup. Elles sont volontairement peu détaillées car je veux surtout parler de principes.

Mais si le Président Sarkozy commence à comprendre que le déclin de la France, et de l’Europe, se joue aussi sur le terrain de l’innovation, je crois qu’il est temps d’exprimer, à l’aube de mon expérience de jeune entrepreneur, des propositions radicales :

  1. 1. Définissons un statut « start-up » !
  2. 2. Administratif et juridique : on simplifie et on fait tout en ligne
  3. 3. Fiscalité et TVA : on empêche les montages et on rend la France très attractive
  4. 4. Charges sociales : une start-up n’a pas les moyens de payer le double du salaire net de ses employés
  5. 5. Créons une flexibilité de l’emploi et faisons évoluer la culture du travail
  6. 6. Formons un écosystème, notamment par l’éducation
  7. 7. Facilitons l’accès aux capitaux…
  8. 8. Et assurons l’investissement ! 

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