Sotchi, deux mois après les JO : les images d'une ville fantôme | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
International
Alexander Valov a pris une série de clichés à Sochi, montrant une ville fantôme.
Alexander Valov a pris une série de clichés à Sochi, montrant une ville fantôme.
©Alexander Valov/ BlogSochi

Avant/Après : aïe !

Sotchi, deux mois après les JO : les images d'une ville fantôme

Routes défoncées, résidences inoccupées, maisons pas terminées, habitants aux abonnés absents, etc. Sotchi ne vit plus après les JO.

Il y a tout juste deux mois, le 7 février 2014, débutaient les Jeux Olympiques de Sotchi. Le rendez-vous attendu par la terre entière, véritable événement médiatique et vitrine de tout un pays, la Russie en l'occurrence, a été une belle réussite d'un point de vue sportif. Des records, de la vitesse, de belles images et de l'émotion. Tous les éléments étaient réunis pour cette édition 2014. Tous, sauf quelques réserves concernant les infrastructures mises en place, notamment en terme de logement. En effet, les premiers journalistes arrivés sur place quelques jours avant le début de la compétition ont montré des photos via Instagram ou Twitter, où l'on voit des constructions à peine terminées, des chambres dont les peintures sont en cours de finition ou non reliées à l'électricité. Un léger couac, passé à l'état d'indifférence générale dès le début de la compétition sportive, mais qui augurait mauvais présage. 

 


Passées les joies, rentrés les athlètes et les 13 000 journalistes, disparus les 3 milliards de téléspectateurs, les JO sont derrière nous. Alors, qu'est devenue Sotchi et ses centaines d'infrastructures dont la facture s'élève officiellement à 37 milliards d'euros ? Les Jeux les plus chers de l'histoire sont-ils rentables pour cette ville bordée par la mer Noire ? Peut-on parler d'effet Jeux Olympiques ? Pas vraiment, non...

L'avenir semblait ensoleillé pour cette station balnéaire située dans la partie russe du Caucase où tout a été repensé : il a fallu tout construire ou presque à Sotchi. D'après Jean-Claude Killy, membre du Comité international olympique (CIO), "85% des infrastructures ont dû être bâties à partir de rien". La Russie a tout fait pour rendre accessible la ville située au bord de la Mer Noire. La liste des bâtiments est longue et comporte entre autres un aéroport, deux gares, 77 ponts, 12 tunnels, plus de 400 kilomètres de voies ferrées et trois villages olympiques.

De "Dream City à "Dead City"

Des travaux pharaoniques, auxquels se sont ajoutées plusieurs difficultés techniques ainsi que d'importants retards. En 2013, la Russie n'avait terminé que 70% de la station. À proprement parler, la somme dépensée pour les Jeux de Sotchi est en fait loin des 50 milliards de dollars puisque "seuls" 6,4 milliards (soit 4,7 milliards d'euros) y ont été consacrés, le reste étant liés aux infrastructures.

Christophe De Kepper, directeur général du Comité international olympique, met d'ailleurs en garde : "Il ne faut pas confondre les dépenses engagées pour les Jeux proprement dits et les budgets d'infrastructure dont on doit juger la rentabilité sur 30 ou 40 ans." Quand on connaît le sort réservé aux sites olympiques les plus récents, l'affirmation laisse songeur. Les 15 milliards de dollars dépensés par la Grèce lors des Jeux d'Athènes en 2004 lui ont permis de bâtir de formidables bâtiments… complètement abandonnés aujourd'hui. Ou comment le site olympique est devenu une version moderne des ruines grecques.

Malgré les effets d'annonce, Sotchi risque bel et bien de rentrer dans le rang des sites olympiques laissés à l'abandon : la ville est en train de tomber dans la désuétude après avoir connu la gloire. La polémique pré-JO sur les conditions de travail des 60 000 employés, dont nombreux se sont plaints de ne pas être payés, en plus de vivre dans des conditions inhumaines, a laissé place au silence des lendemains qui déchantent, à celui d'une ville amnésique, dont l'Etat est peu soucieux de la pérennité des infrastructures. Il n'y a plus de caméras mais, en revanche, les objectifs sont toujours là. Celui d'Alexander Valov, blogueur (BlogSochi) et photographe russe, témoigne de l'abandon et du silence qui entoure le quartier olympique de Sotchi. Le jeune reporter russe a visité plusieurs zones dont le village olympique et le parc olympique : il a rebaptisé ce quartier de la ville "Dead City (La ville morte".  Voyez plutôt. 

Crédit : Alexander Valov, BlogSochi

Un des trois villages olympiques, vide, comme les deux autres.

Un immeuble qui accueillait une partie des journalistes est lui aussi laissé à l'abandon. Des appartements de haut standing le composent et devaient être vendus après les Jeux Olympiques.

Ici, il est difficile de savoir si ces maisons individuelles vont un jour connaître une fin de chantier. 

Vous ferez bien une petite balade, le long de la mer Noire ? Personne n'y vient depuis la fin des Jeux où les athlètes avaient pris pour habitude de venir décompresser après leur compétition.

L'une des pelouses du Parc olympique continue d'être entretenue, visiblement, mais pour combien de temps ?

En apparence propres, les sites olympiques laissés à l'abandon rejettent leur détritus dès les premières pluies. Ici, une construction a été abandonnée à cause des inondations perpétuelles. Un endroit idéal pour se reposer quand on est une bouteille en plastique usagée. 

Un des nombreux sites abandonnés en cours de construction. 

Certaines infrastructures routières sont déjà dégradées. Des trottoirs tombent...

... quand ce ne sont pas les routes qui s'affaissent !

                                                                                                                                                                                                                                          Arnaud Boisteau

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !