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Politique spectacle : trop c'est trop !
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Coup de gueule

Politique spectacle : trop c'est trop !

Alors que la primaire PS touche à son terme, la question est posée de l'éventuelle future candidature de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle 2012. Difficile de choisir le bon moment à l'heure où le rythme politique s'accélère jusqu'à frôler l'hystérie...

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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On peut être scotché à son écran, se repaître de débats, ricaner devant les gaffes des uns et des autres… Voire, si on en veut encore : écouter Nicolas Canteloup (c’est quand même le meilleur d’entre eux !) Et en même temps décrier cette politique spectacle.

Le Président de la République doit s’arracher les cheveux sur la conduite à tenir… Campagne ou pas campagne ? L’annoncer ou pas ? Aller sur le terrain ou s’occuper des problèmes Européens ? Rassurer les foules ou infliger la rigueur ? Se placer en candidat ou continuer à voler au dessus d’un nid de coucous ? La demande est schizophrène. Il s'affiche avec Angela Merkel : on prétend alors que les Français s’en fichent et que c’est leur seul pouvoir d’achat qui les intéresse… Il entraine les dirigeants du monde à « réguler » : on ricane qu’il promet mais que rien ne se passe. Il est « contre les primaires » : on parle de la jalousie en ajoutant qu'il n’a pas su les organiser ! Muet ? C’est parce qu’il a peur…

En revanche, ce qui irrite jusqu’à ses fidèles soutiens, c’est le cinéma autour des déplacements encadrés par les « forces de sécurité » ; les gyrophares, les rues barrées, les motards vrombissants, les gestes autoritaires qui repoussent les malheureux passants comme s’il s’agissait de dangereux terroristes… A cause de cela, les déplacements en régions du Président de la République sont non seulement improductifs mais négatifs, à chaque fois, il perd des voix… Si j’en crois encore le cas d’un déplacement récent à Agen, le scénario est toujours le même : on annonce la visite présidentielle, le préfet panique et veut à tout prix se faire bien voir : que des admirateurs dans les rues, un accueil triomphal pour les caméras et une sécurité maximale. Comment penser que fermer les commerces pendant une journée entière (voire plus), empêcher les riverains de circuler et mettre des quasis figurants sur le parcours (il faut être invité) laisse un bon souvenir aux heureux citadins ?

Profiter de surcroit de ces déplacements pour faire passer des messages ou sauver une entreprise locale en difficulté (et qui le restera), relève d’une grande naïveté ou d’une incompétence absolue des communicants. Fabriquer un spectacle régional ne marche plus et personne n’est dupe : surtout, pas des médias sarcastiques qui sont témoins de l’orchestration préméditée. Le résultat : c’est le Président lui-même que l’on accuse d’être mégalo et de faire déployer des forces de polices énormes autour de lui (à Agen d’après les riverains : 1 000 policiers pour 1 000 badauds groupies triés sur le volet ! Est-il vraiment si menacé ?

Le spectacle médiatique provoque un seuil de saturation maximal : on en peut plus des cortèges suivis par des nuées de reporters à l’affût des faux pas et des rivalités de gauche ou de droite. Résultat : le pessimisme s’accroît et le rejet du politique s’accentue. Alors STOP ! Que les préfets s’occupent d’autre chose, que les militants militent, que le Président préside et que la police se montre où elle peut vraiment être utile et que les médias parlent un peu du fond…

Justement, on soupire d’avance devant le futur traitement médiatique de la naissance du bébé présidentiel. Photos volées ? Pas de photos ? Photos officielles avec le père ? Sans le père ? Qui va aller à la clinique ? Et les « unes » préparées à l’avance d’hebdos qui se ridiculisent en pariant que le bébé sera né à la parution alors qu’il n’en est rien ! (le bébé doit ricaner…).

Et pendant ce temps là, il se passe quelques petites choses dans le monde, non ? La Grèce, l’Europe, les Etats déliquescents, l’automne Arabe, l’Euro, les banques…

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