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Selon un sondage exclusif Ifop pour Atlantico, 76% des électeurs catholiques de la primaire auraient une préférence pour François Fillon.
Selon un sondage exclusif Ifop pour Atlantico, 76% des électeurs catholiques de la primaire auraient une préférence pour François Fillon.
©Reuters

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Sondage exclusif : l'électorat catholique se sur-mobilise en faveur de François Fillon dans l'entre-deux-tours

Selon un sondage exclusif Ifop pour Atlantico, 76% des électeurs catholiques de la primaire auraient une préférence pour François Fillon pour le second tour de la primaire. Un chiffre inquiétant pour Alain Juppé, sachant que cet électorat devrait se mobiliser en masse pour aller voter.

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

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Atlantico : Quel est selon vous les principaux enseignements de ce sondage ?

Jérôme Fourquet : On constate tout d'abord au sein des sympathisants LR une surmobilisation au premier et au second tour des catholiques pratiquants (36% de votants au premier tour contre 24% chez les non pratiquants et 28% chez les sans religion). Ce qui tend à confirmer une nouvelle fois la tradition plus civique et participative des catholiques. La tendance s'accentue même pour le second tour (40%, contre 23% et 29%), peut-être sous l'effet du débat d'entre-deux-tours où les questions touchant à la religion catholique sont au centre du match entre François Fillon et Alain Juppé.

En ce qui concerne les votes, on observe une nette prime à François Fillon au premier tour chez les catholiques pratiquants, avec 59% des voix contre 48% et 51% dans les autres catégories. Néanmoins, si les catholiques se sont surmobilisés et ont massivement voté pour François Fillon, son succès au premier tour de la primaire ne peut pas être uniquement mis sur le compte des catholiques, puisqu'il fait quasiment 50% également chez les autres catégories de sympathisants de droite (non pratiquants et sans religion).

Par ailleurs, même si François Fillon est ultra-dominant chez les pratiquants (59%), il y en a quand même 27% qui ont voté pour Nicolas Sarkozy, et 11% pour Alain Juppé. Il y a donc quand même une certaine diversité chez les catholiques pratiquants de droite, même si Juppé reste quand même très minoritaire dans cet électorat.

Tout cela éclaire en partie le débat actuel d'entre-deux tours. Alain Juppé et ses lieutenants essaient de renvoyer François Fillon à l'image d'un catholique conservateur et traditionnel. Sans doute ont-ils conscience qu'ils ont été très minoritaires dans cet électorat et que leurs réserves de voix se situent plutôt dans la droite et le centre non catholique.

Dernier point sur le premier tour : on constate un score très résiduel chez Jean-Frédéric Poisson, ce qui était un peu attendu au regard de son chiffre global (1,5%). Les catholiques pratiquants les plus identitaires ont sans doute préféré voter Fillon que Poisson, dans une logique de vote utile. Sur ce segment de la droite catholique, il y avait une concurrence très forte entre Nicolas Sarkozy et François Fillon qui a viré dans la dernière ligne droite à l'avantage de ce dernier.

Pour ce qui est du deuxième tour, on constate un différentiel de participation encore un peu plus marqué qu'au premier tour, sans doute en raison des débats actuels qui se polarisent assez sur ce sujet-là.

Sur les votes, François Fillon est aujourd'hui ultra-favori. Le dernier sondage global que nous avons fait montrait un avantage de 65-35 pour lui sur l'ensemble des participants à la primaire. Ce même avantage monte à 75-25 chez les seuls sympathisants LR. On voit donc qu'Alain Juppé fait de la résistance en raison de sa popularité chez l'électorat centriste et la frange de l'électorat de gauche qui est allée voter à cette primaire. Dans l'électorat de droite, qui constitue la principale composante du corps électoral de la primaire, la domination de François Fillon est encore plus forte : 83-17 (contre 73-27 chez les non pratiquants et 70-30 chez les sans religion).

Enfin, le fait que Nicolas Sarkozy et François Fillon soient sur une ligne similaire en ce qui concerne les catholiques pratiquants et les sympathisants LR a sans doute joué sur la décision de Nicolas Sarkozy d'appeler très vite à voter François Fillon au second tour. Cela devrait se traduire par des rapports assez substantiels et élevés de l'électorat Sarkozy vers Fillon.

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