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©GERARD JULIEN / AFP

Effet bénéfique ?

Si vous pensez que la pollution des villes va décroître grâce au télétravail cet hiver, vous vous trompez

Selon un rapport anglais, la pollution des villes ne va pas décroître cet hiver malgré le recours au télétravail. Comment expliquer ce phénomène ? Quelles peuvent être les conséquences en France de cette hausse de la pollution des villes ?

Olivier Blond

Olivier Blond

Olivier Blond est président de l'Institut Brunoy

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Atlantico.fr : Un rapport anglais indique que la pollution des villes ne va pas décroître cet hiver grâce au télétravail. Pourquoi ?

Olivier Blond : Le rapport part du principe que les personnes qui vont travailler de chez elles vont davantage chauffer leur domicile cet hiver que si elles allaient travailler au bureau, puisqu'elles y passeront plus de temps.

Avec l'essor du télétravail, associée à la Covid, le rapport imagine que l'augmentation de la pollution liée au chauffage sera plus importante que la diminution de la pollution liée à la baisse des transports.
L'idée est originale et intéressante, mais l'étude, reprise par la BBC, a été largement critiquée pour sa méthode et elle est issue d'un think tank relativement méconnu (ECIU, Energy & Climate intelligence Unit).

Quoi qu'il en soit, la situation en France est assez différente, avec environ 30 % du chauffage domestique qui est électrique et donc n'émet pas de pollution, et en revanche, un parc automobile très dieselisé (environ 60 %, contre 40% au RU).

Au Royaume-Uni, on dit que l’air sale provenant des chaudières raccourcit la vie d’environ 40 000 personnes chaque année. Quelles peuvent être les conséquences en France de cette hausse de la pollution des villes ?

L'air sale n'est pas un concept très précis. L'article porte en fait sur les émissions de dioxyde d'azote (NO2), l'un des principaux polluants de l'air. C'est pour des dépassements de la concentration  de NO2 dans l'air que la Cour de Justice de l'UE a condamné la France, et que le Conseil d'Etat a ordonné au gouvernement une action rapide sous réserve d'une astreinte de 10 millions d'euros par an.
Là encore, les sources d'émissions du NO2 varient de pays à pays. En France, selon les chiffres officiels du CITEPA, le transport routier est responsable de 57 % des émissions de NO2 et le résidentiel de 12 % seulement. 

La pollution de l'air tue chaque année entre 48 et 76 000 personnes en France, plus qu'au Royaume-Uni (environ 40 000). C'est plus que la Covid, chaque année. Nous sommes donc face à une crise sanitaire silencieuses.

En général, on considère que le NO2 est responsable d'environ 15% des décès liés à la pollution de l'air - les autres décès provenant principalement des "particules" (80%), et une partie plus faible (moins de 5%) étant liée à l'ozone. Le NO2 irrite les voies respiratoires (gorge, nez, poumons) mais aussi le système circulatoire (veines et artères). Les effet de l'exposition à court terme sont plus préoccupants chez des personnes à risque : avec des fragilités respiratoire ou cardiovasculaires.

Comment essayer de réduire la pollution de l’air ?

Il existe de nombreuses manières de réduire la pollution de l'air car il existe une multitude de sources de pollution. En France, il y a 4 sources principales : les transports, le chauffage, l'industrie et l'agriculture.

Pour les transports, c'est bien connu aujourd'hui, l'enjeu est d'encourager les mobilité douces, les transports en commun et les véhicules "propres" ou plutôt moins polluants, et de diminuer les déplacements - par exemple avec le télétravail. Pour le chauffage, il s'agit de remplacer les chaudières au fioul par d'autres méthodes (gaz, géothermie,...) et d'équiper les cheminées d'inserts. Pour l'industrie, les situations sont très variées, mais le secteur a déjà considérablement diminué ses émissions (-60 ou - 80% en quelques décennies sur certains pollluants) à cause de la désindustrialisation du pays mais aussi d'une pression réglementaire qui a fait évoluer les industriels. La contribution de l'agriculture, qui est non négligeable, même à Paris, car l'Ile de  France est une zone agricole, reste difficile à diminuer car les paysans considèrent souvent que leur situation est trop difficile pour qu'ils s'occupent de cette question.

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