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Si le gouvernement ne rassure pas les classes moyennes, la croissance ne repartira pas
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Editorial

Si le gouvernement ne rassure pas les classes moyennes, la croissance ne repartira pas

La croissance augmentera au mieux de 0,8% en 2013. Pourtant le gouvernement ne se fait guère entendre pour rassurer les Français.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Le credo officiel selon lequel la croissance dépend de la consommation est battu en brèche par les réalités. Sans même attendre le nouveau train d’impôts voté par le Parlement, les Français ont commencé à ajuster leurs dépenses pour s’adapter au tour de vis fiscal, qui ne va pas frapper seulement les "super riches",  mais aussi ceux qui avaient l’habitude d’effectuer des heures supplémentaires désormais soumises à la taxation. Si l’on ajoute les craintes sur l’avenir de l’Europe ou encore le garrot énergétique avec un prix des carburants qui a déjà retrouvé son niveau le plus haut depuis l’élection présidentielle, on comprend que le mot d’ordre des Français soit placé sous le signe des économies tous azimuts.

Les conséquences en sont déjà perceptibles. La France ne peut espérer échapper au ralentissement mondial. La Banque de France n’écarte pas, après la baisse de 0,1% du produit intérieur brut au deuxième trimestre, un repli similaire pour les trois mois suivants, ce qui est le signe même de la récession. Le message est inquiétant, car il suppose de revoir les hypothèses sur lesquelles était construit le  budget  2013 dont les députés commenceront l’examen dans quelques semaines. Celles-ci avaient déjà été révisées à la baisse pour l’an prochain avec une croissance ramenée à 1,2%, ce qui nécessitait de trouver 15 milliards de recettes supplémentaires, malgré les impôts nouveaux votés en juillet dernier.

Aujourd’hui, les experts estiment que la croissance augmentera au mieux de 0,8% en 2013, un chiffre qui pourrait même être encore réduit si la conjoncture économique continuait de se dégrader en Europe. C’est dire qu’il faudrait voter une nouvelle vague de taxes à l’automne si l’on voulait respecter les objectifs de réduction du déficit. Une situation qui pourrait devenir explosive dans le contexte actuel de hausse continue du chômage.

Pour lutter contre cet engrenage infernal, le gouvernement continue de manifester un silence assourdissant. François Hollande refuse toujours de relever la TVA ou la CSG. Le ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq évoque benoîtement un problème de compétitivité pour explique la baisse des exportations, sans esquisser de solutions. Car, dans les sphères officielles, personne  n’aborde les problèmes de fond. Il faudra bien pourtant s’attaquer un jour au déficit structurel des finances publiques, lié à un train de vie excessif de lÉtat et des collectivités territoriales, prendre à bras de corps la lutte contre les gaspillages, les doublons dans les dépenses, les dérives d’une protection sociale anarchique dans un monde ouvert. Bref, il faut donner à nos compatriotes le sentiment que le gouvernail de l’État est bien tenu et ne fluctue pas au gré des mouvements erratiques des marchés.

La croissance n’est pas seulement le fruit de données purement économiques et comptables. Elle dépend aussi de ce qui se passe dans les têtes des individus. Elle est liée au ressort psychologique délicat de la confiance, qui ne se décrète pas, mais dont le retour est pourtant essentiel au rétablissement du pays.

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